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Interview avec Camille Waintrop-Boyon, Responsable des travaux de France Villes et territoires Durables

France Villes et territoires Durables, engagée pour l’accélération de la transformation des villes et des territoires, met à disposition de tous des professionnels des outils et méthodes opérationnels et des réalisations exemplaires à découvrir dans les nouveaux livrables issus de ses groupes de travail.   

Camille Waintrop-Boyon, Responsable de la coordination des travaux, groupes de travail et formation, nous partage les quelques idées clés…

 

France Villes et territoires Durables a produit récemment deux livrables : un sur la santé et un autre sur le numérique responsable, issus de groupes de travail qui ont réuni l’ensemble des forces vives privées et publiques de l’Association. Pouvez-vous nous partager quelques recommandations issues de ces travaux ?  

CW: Pour le numérique, le message clé est clair et consensuel pour tous les acteurs qui ont participé aux travaux :  face à l’urgence de la situation (raréfaction des ressources, franchissement des limites biophysiques de la Terre…), aux bouleversements à l’œuvre (réchauffement climatique, destruction systématique du vivant…) et aux alertes scientifiques, il faut déjà “arrêter de mal faire”. Il n’est pas ici question de renoncement mais de discernement. Ce n’est pas parce que techniquement on peut faire qu’il faut faire absolument et en matière de transformation écologique, “l’évitement” est souvent plus efficace que le “verdissement”. Le livrable est une synthèse à visée opérationnelle qui agrège un certain nombre de recommandations, outils et méthodes très concrets pour un numérique responsable au service de la transformation écologique des territoires.  

Comment limiter les impacts négatifs du numérique dans une logique ACV qui permet d’attester du bilan positif d’une solution ? Comment préserver nos territoires des vulnérabilités liées au numérique ; inégalités sociales, dépendances, cyber attaques …? Quels usages du numérique pour permettre au territoire de mieux faire face aux mutations environnementales et à leurs effets systémiques ?  Telles sont quelques-unes des questions auxquelles on a essayé de répondre dans une logique de complémentarité et surtout de valorisation des ressources et réalisations inspirantes sur le sujet. 

Se saisir des enjeux de santé devient primordial pour faciliter la transformation durable et résiliente de nos villes et de nos territoires. Parce que les effets bien visibles des dérèglements climatiques et environnementaux aggravent de façon significative les risques sanitaires et sociaux, menacent l’effondrement de nos sociétés humaines et suscitent une inquiétude croissante, la question de la santé globale doit fédérer les acteurs et professionnels autour d’un objectif commun : assurer un espace sûr et juste pour tout le monde. France Villes et territoires Durables a donc fait le point sur les travaux, ressources et initiatives exemplaires sur le sujet. Comment inclure systématiquement les problématiques de santé publique et environnementale au cœur de la stratégie de territoire et de décisions prises dans la définition des projets ? Comment intégrer les impératifs de santé dans la planification, la conception et la gestion pour un urbanisme durable, résilient et favorable au bien être des habitants ? Acteurs privés et publics de l’aménagement, de la santé, de la préservation de la nature, de la biodiversité et des eco systèmes se sont réunis pour répondre à ces problématiques et apporter les réponses les plus opérationnelles.  Le livrable propose ainsi une déclinaison des conditions de mise en œuvre d’une stratégie de territoire favorable à la santé autour de 3 grandes recommandations : favoriser la nature en ville promouvoir les mobilités actives et garantir à tous l’accès à une offre de prévention et de soins de qualité.

 
L’association a lancé récemment 2 enquêtes : une sur les démarches de résilience à l’œuvre dans les collectivités en France et une autre pour mesurer le niveau d’appropriation des référentiels de la ville durable. Pouvez-vous nous en dire plus sur les objectifs visés ?  

CW: L’enquête sur la résilience vise à faire un état de l’art des démarches et stratégies de résilience en cours dans les collectivités en France. Quels outils sont utilisés, quelles méthodes, quelle gouvernance, quels moyens mais aussi quels freins à lever, etc …?  

L’objectif de cette enquête est d’identifier les initiatives existantes afin de les mettre en réseau mais aussi de lever les différents freins rencontrés dans l’opérationnalisation des démarches.  Les premiers résultats de cette enquête seront rendus d’abord le 30 juin en visio avec tous ceux qui ont répondu et dans un second temps lors d’une journée de partages et de rencontres en présentiel le 17 novembre à Paris.  

Ces travaux menés avec le CEREMA et le Cabinet Aristot visent la formalisation d’une boîte à outils et à créer une dynamique avec l’ensemble des acteurs de la résilience.  

La seconde enquête s’inscrit dans la poursuite de nos travaux copilotés avec le Ministère de la transition écologique, sur les outils de normalisation, certification et labellisation afin d’affiner notre perception des besoins des collectivités en matière de référentiels nécessaires pour concevoir, piloter et valoriser leurs projets de transformation écologique. 

Cette enquête vise à mesurer le niveau de connaissance et d’appropriation de ces outils et démarches afin de construire par la suite un cheminement pédagogique adapté pour faciliter leur compréhension et leur appropriation par les porteurs de projets et acteurs territoriaux.  

 

 
Le concept des villes et territoires durables évoluant sans cesse, qu’en est-il de l’évolution du Manifeste de France Villes et territoires Durables ? 

CW : Le manifeste des villes et des territoires durables a vocation à évoluer, sous le contrôle de notre  comité scientifique,  pour rester à la pointe des enjeux liés aux transformations écologique, sociale et économique.  

Il semble indispensable d’y ajouter la notion de limites planétaires, qui représentent les seuils biophysiques à ne pas dépasser pour garantir les conditions d’habitabilité de la Terre. A l’ère de l’anthropocène, six de ces limites ont déjà été franchi, dont le dérèglement climatique, participant ainsi à une dégradation irréversible de notre écosystème et de nos conditions de vie. De ce constat découle un nouveau champ d’action qui s’inscrit entre un plancher social, le niveau pour satisfaire les besoins humains et un plafond environnemental  à ne pas franchir sous peine de bouleverser les équilibres qui permettent aux sociétés humaines d’exister. Pour atteindre cet espace « sûr et juste », une approche holistique des enjeux  et systémique des solutions, prenant en compte les vulnérabilités et opportunités des territoires est indispensable. 

D’autre part, nous avons choisi de mettre en avant l’approche régénérative, qui vise à restaurer et revitaliser les écosystèmes endommagés, atténuer les effets du changement climatique, encourager la diversité et l’interconnectivité des systèmes, afin de renforcer la résilience des communautés face aux changements environnementaux par la sobriété, l’inclusion et la créativité. 

La nouvelle version du Manifeste sera disponible à la rentrée et diffusée à l’occasion de notre événement Villes Durables en actions le 25 septembre à Marseille.

 

A propos de Nina Cardot

Étudiante à Sciences Po Paris, au sein du Master Stratégies Territoriales et Urbaines, Nina s’intéresse aux politiques publiques territoriales ainsi qu’aux enjeux de la transition écologique.

Dans le cadre d’un projet étudiant en Master 1, elle a travaillé avec l’Agence Nationale de l’Habitat (Anah) sur l’éco-conception dans la rénovation urbaine. Elle a ensuite pris une année de césure pour approfondir son expérience professionnelle en réalisant deux stages : le premier à la Ville de Paris où elle a participé à la mise en œuvre du premier plan de lutte contre la précarité énergétique. Le deuxième à l’Atelier Parisien d’Urbanisme (Apur) pour travailler sur la territorialisation de la santé publique.

Actuellement en Master 2, elle commence une alternance au sein de l’association France Villes et territoires Durables.

A propos de Solène Martin

Chargée de Mission, Groupe de Travail et Travaux. Étudiante à l’École Urbaine de Sciences Po Paris sur la transition écologique des villes.

A propos de Quentin Guillemot

Animé par les questions climatiques et les autres limites planétaires, Quentin se dirige vers un parcours sur l’aménagement du territoire à l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées. Son expérience dans les milieux associatifs, notamment à la Fresque du Climat, l’aident à mieux saisir les enjeux de la bifurcation écologique. Entre sa Haute-Savoie natale et sa ville de cœur, Rennes, où il a gagné en compétence sur les sujets de la mobilité et de l’agriculture durable, il pose aujourd’hui ses valises à Paris pour déployer les ateliers territoriaux de France Villes et territoires Durables dans tout le territoire. 

A propos de Tara Goodwin

Diplômée d’une Licence de l’INALCO (Langues’O) en langue Hindi et bi-cursus Relations internationales – Humanités environnementales, Tara est actuellement étudiante en alternance du Master 2 Relations Internationales et Action à l’Étranger de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ses missions chez France Villes et territoires Durables s’inscrivent dans la lignée de ses expériences à l’UNESCO et au Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères, contribuant ainsi à son insertion professionnelle dans le domaine de la diplomatie environnementale et de la coopération internationale pour le développement.

A propos d'Isabelana Noguez

Diplômée du Master en Communication Numérique et Analyse de Données à la Sorbonne Nouvelle, Isabelana est une journaliste mexicaine. Elle a travaillé précédemment dans la communication et les relations presse dans le secteur culturel en France et au Mexique. Aujourd’hui, elle s’intéresse aux enjeux écologiques et aux actions et solutions pour préserver l’environnement et la biodiversité.

A propos de Marion Gonzales

Formée aux affaires internationales et européennes entre l’Angleterre et la France dans le cadre d’un double diplôme Sciences-Po Lille / Université du Kent, Marion a débuté sa carrière en plaidoyer et relations institutionnelles des organisations non gouvernementales, dans le secteur du commerce équitable (Label Max Havelaar France). Elle est aujourd’hui responsable de la communication et des affaires internationales de l’association.

A propos de Camille Waintrop-Boyon

Issue des sciences sociales, de l’histoire de l’art et de l’architecture, après diverses expériences dans la gestion de projets culturels et la production audiovisuelle, Camille a travaillé dans la communication au sein du groupe VINCI : depuis les grands projets à l’international jusqu’à La Fabrique de la Cité, think tank dédié à la prospective urbaine.
Carla DONCESCU

Diplômée d’un master 2 en Economie du Développement à Panthéon-Sorbonne, et actuellement en formation alternance du Master 2 Relation Internationale et Action à l’Etranger dans la même Université, c’est à travers ces différents prismes et ses expériences à l’internationale qu’elle approche les problématiques de villes et territoires durables.

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Manon EXBALIN

Diplômée d’un Master en sociologie de la communication, Manon a travaillé précédemment pour Greenpeace, la Mairie de Paris (en particulier pour venir en aide aux étudiants), et le Ministère de la Transition Ecologique (DGALN – Mission Communication).

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Géographe de formation (Université d’Etat de Saint-Pétersbourg), elle a débuté au poste de géographe économiste à l’Académie d’Économie Agricole (Russie), avant de poursuivre sa carrière en France, en tant qu’assistante administrative et comptable (Air Liquide, Association TGV Provence Côte d’Azur, COFHUAT, Groupe Hervé)

A propos de Sébastien Maire

Avant de rejoindre l’équipe FVD, il a occupé plusieurs postes dans la gestion des collectivités locales. Allant d’élu et adjoint au maire de sa ville natale Besançon, chargé des relations universitaires et de la coopération internationale puis Directeur du Développement économique de la Ville de Pantin, pour ensuite être directeur de cabinet à Montreuil où il a notamment piloté la refonte en profondeur du projet urbain vers davantage d’écologie et de développement durable, Il continue son parcours en tant que Haut Responsable de la Résilience de la Ville de Paris.
Il promeut une vision holistique et systémique du développement durable et apporte son expérience/expertise en résilience territoriale et en transition écologique et sociale.
En 2024, il a été nommé Chevalier de l’Ordre national de la Légion d’honneur, en reconnaissance de son engagement de longue date en faveur de la transformation socio-écologique des territoires.