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Projet Z’AB – Projet d’expérimentation d’une solution technique basée sur la mangrove pour la protection du port de plaisance de l’Etang Z’Abricots

Conception Économie durable

Contributeur

Descriptif

Le port de plaisance d’Étang Z’Abricots subit l’agitation liée au clapot levé par les vents de secteur Est (alizés) qui soufflent sur la baie de Fort-de-France. Cette agitation entre dans le bassin portuaire, pouvant ainsi provoquer une diminution du niveau de confort des usagers du port. Le changement climatique met également le port en danger en augmentant les risques d’érosion et la fréquence des conditions climatiques extrêmes. L’élévation du niveau de la mer pourrait réduire l’effet protecteur de la Pointe des Sables et ainsi augmenter l’exposition du port aux alizés.

Le projet Z’AB a pour objectif de créer un écran végétal protégeant ce port, s’inscrivant ainsi dans le courant des « Solutions d’adaptation Fondées sur la Nature » (SaFN). Concrètement, le projet consiste en la mise en place de dispositifs légers et réversibles ayant pour objectif de générer une accrétion sédimentaire, créant ainsi des conditions favorables au développement de la mangrove vers le Sud de la Pointe des Sables par colonisation naturelle. La mangrove, une fois développée, constitue un écran végétal qui protège le port du clapot levé par les vents d’alisés. Cet écran de mangrove s’adapte naturellement à l’augmentation du niveau marin et protège le littoral de l’érosion.

Thématiques : 
  • Milieux naturels et aquatiques, biodiversité
  • Économie circulaire
Échelle : 
  • Ville

Fiche d'identité

marker  Martinique / Fort de France
Type de territoire : 
  • Communauté d'agglomération
Date de livraison :  28/09/2022
Surface bâtie :  5 250m² (surface aménagée mais non bâtie)
Coût du projet :  Le budget de travaux présenté dans le dossier de candidature du projet AFB était de 100 000 € TTC, soit 92 165 € HT.
Maîtrise d'ouvrage :  Communauté d’Agglomération du Centre de la Martinique (CACEM) et Assistant à Maitrise d’Ouvrage : SUEZ Consulting
Partenaires associés :  Office Français pour la Biodiversité (OFB), Office de l’Eau de Martinique (ODE), Union Européenne, Ministère de la Transition écologique et Ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales

Distinctions

Concours / récompenses :  Lauréat de l’appel à projets « Initiatives pour la reconquête de la biodiversité dans les Outre-mer » lancé par l’Agence Française pour la Biodiversité (AFB) en février 2018 ; Projet Z’AB retenu en 2019 comme projet pilote de l’appel à projet LIFE ARTISAN, dans le cadre d’une convention de financement signée par l’Office Français pour la Biodiversité (OFB) avec l'Union Européenne, le Ministère de la Transition écologique et le ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales.

Évaluation du projet*

sur la base du déclaratif du contributeur

Critère n°1 : SOBRIÉTÉ

Le projet Z’AB est un projet expérimental basé sur une solution fondée sur la nature, s’inscrivant naturellement dans la séquence ERC. Dès le démarrage des études, le choix d’éviter un dispositif plus impactant pour protéger le site de l’Etang Z’Abricots de l’agitation de la mer levée par le vent est acté. Le projet ne génère pas d’artificialisation des sols et a pour vocation première de favoriser le développement de la biodiversité associée à l’habitat de mangrove.

Dans le cadre du projet Z’AB il est envisagé d’utiliser des tronçons de bambous d’environ 3 m car ils sont produits à proximité de la Martinique et qu’ils sont d’après les différents exemples suffisamment durables pour l’utilisation en fascine.

Pour le remplissage et les pôles horizontaux, les bambous échoués sur la Pointe des Sables et du branchage récupéré à proximité du site d’implantation seront utilisés.

La phase la plus énergivore du projet Z’AB est la phase de travaux. Afin de limiter les dépenses énergétiques et les émissions de GES, cette phase a été pensée pour être réduite au minimum en termes d’ampleur et de durée. Des solutions techniques locales sont favorisées pour les moyens nautiques et des réflexions ont été engagées pour limiter les trajets.

Le projet consiste en l’installation de dispositifs d’accrétion légers et réversibles, correspondant à la mise en place de différentes structures : fascines, brise-lames, filets biodégradables et structures rugueuses. La réalisation des travaux est basée sur la mise en place de pieux en bois massif ou en bambou enfoncés dans le sol avec à l’horizontal d’autres pieux, cordes, filets ou branchages. Il n’est pas questions de digues en enrochements ou d’ouvrages en dur.

Critère n°2 : INCLUSION

Plusieurs acteurs et parties prenantes locales ont été rencontré lors du développement de ce projet : Office Français pour la Biodiversité, Office de l’Eau, DEAL, Grand Port Maritime de Martinique, Port d’Etang Z’Abricots, Direction de la Mer, Marine Nationale, Parc Marin de Martinique, Associations (L’Assomer, OCEANvironnement…), Université des Antilles…

Le projet comprend des actions de communication auprès de la population locale et des scolaires, afin d’augmenter le niveau de connaissances de la mangrove, son importance pour les enjeux du territoire et sa biodiversité associée.

Un des objectifs du projet Z’AB est de diminuer le clapot résiduel à l’intérieur du bassin portuaire et donc d’augmenter le niveau de confort des usagers du port et de réduire les coûts d’entretien des équipements portuaires et des navires amarrés.

La phase de réalisation du projet n’a pas encore eu lieu, les retours d’expérience seront mesurés à l’aide de suivi d’indicateurs et des retours d’expérience seront formalisés.

Critère n°3 : RÉSILIENCE

Le changement climatique met le port d’Etang Z’Abricots en danger en augmentant les risques d’érosion et la fréquence des conditions climatiques extrêmes. De plus, l’élévation du niveau de la mer pourrait réduire l’effet protecteur de la Pointe des Sables (effet dissipatif des clapots qui passent par-dessus les hauts fonds de la pointe sableuse) et ainsi augmenter l’exposition du port aux alizés. Le projet Z’AB vise donc à répondre à cet enjeu de résilience en déployant une solution fondée sur la nature.

L’objectif est par ailleurs de disposer de retours d’expérience permettant de mettre au point une solution fondée sur la nature applicable à d’autres sites dont la vulnérabilité climatique aurait été identifiée.

Enfin, le projet Z’AB vise à démontrer qu’on peut allier résilience face au changement climatique, solution fondée sur la nature et intérêts économiques, en évaluant les impacts du projet sur les coûts d’entretien des infrastructures et équipements du port de plaisance.

 

Critère n°4 : CRÉATIVITÉ

Un fort dynamisme d’échanges et de collaborations entre les institutions, associations et autorités locales s’est organisé autour du projet Z’AB. De multiples rencontres, réunions, sessions d’échanges sont organisées pour qu’un plus grand nombre des acteurs territoriaux de Martinique soient impliqués dans le projet Z’AB : services de l’État (DEAL, Direction de la Mer, services de l’armée), autorités portuaires (Grand port de la Martinique), institutions de protection de l’environnement (Parc Naturel Marin de Martinique, UICN) organismes financeurs (Office de l’Eau de Martinique, ADEM Martinique), institutions économiques (Conseil de Développement de l’Agglomération du Centre), associations environnementales, chercheurs de l’Université des Antilles…

L’innovation du projet Z’AB porte principalement sur la démarche engagée de résoudre une problématique technique de protection d’un fort enjeu économique du territoire (le port de plaisance) contre les évolutions du changement climatique (montée du niveau de la mer, augmentation des fréquences des évènements climatiques extrêmes) en ayant recours à une solution fondée sur la nature.

De plus, la gouvernance de ce projet est originale en comparaison des projets habituels portés par les collectivités territoriales. En effet, l’idée originale de SUEZ Consulting a été initialement portée par le bureau d’études et a pris de l’ampleur grâce à un appel à projet de l’Office Français de la Biodiversité. La CACEM a ensuite pris le relais en porteur de projet pilote dans le cadre du programme européen LIFE ARTISAN, en étant accompagné de SUEZ Consulting par un contrat de recherche et développement.

Critère n°5 : POTENTIEL DE RÉPLICABILITÉ

A la fin des 5 années de suivi de l’évolution de indicateurs, le projet fera l’objet d’une synthèse de retours d’expérience dans l’objectif de répliquer ce projet ailleurs, voire de le déployer dans d’autres configurations.

Pour le moment, le projet est au stade expérimental, et n’a pas encore été répliqué.

Formée aux affaires internationales et européennes entre l’Angleterre et la France dans le cadre d’un double diplôme Sciences-Po Lille / Université du Kent, Marion a débuté sa carrière en plaidoyer et relations institutionnelles des organisations non gouvernementales, dans le secteur du commerce équitable (Label Max Havelaar France). Ses expériences sont aussi en lien avec les territoires, avec un passage en coopération décentralisée à l’échelle d’un conseil départemental.

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Issue des sciences sociales, de l’histoire de l’art et de l’architecture, après diverses expériences dans la gestion de projets culturels et la production audiovisuelle, Camille a travaillé dans la communication au sein du groupe VINCI : depuis les grands projets à l’international jusqu’à La Fabrique de la Cité, think tank dédié à la prospective urbaine

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Carla DONCESCU

Diplômée d’un master 2 en Economie du Développement à Panthéon-Sorbonne, et actuellement en formation alternance du Master 2 Relation Internationale et Action à l’Etranger dans la même Université, c’est à travers ces différents prismes et ses expériences à l’internationale qu’elle approche les problématiques de villes et territoires durables.

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Manon EXBALIN

Diplômée d’un Master en sociologie de la communication, Manon a travaillé précédemment pour Greenpeace, la Mairie de Paris (en particulier pour venir en aide aux étudiants), et le Ministère de la Transition Ecologique (DGALN – Mission Communication).

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Géographe de formation (Université d’Etat de Saint-Pétersbourg), elle a débuté au poste de géographe économiste à l’Académie d’Économie Agricole (Russie), avant de poursuivre sa carrière en France, en tant qu’assistante administrative et comptable (Air Liquide, Association TGV Provence Côte d’Azur, COFHUAT, Groupe Hervé)

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Avant de rejoindre l’équipe FVD, il a occupé plusieurs postes dans la gestion des collectivités  locales. Allant d’élu et adjoint au maire de sa ville natale Besançon, chargé des relations universitaires et de la coopération internationale puis Directeur du Développement économique de la Ville de Pantin, pour ensuite être directeur de cabinet à Montreuil où il a notamment piloté la refonte en profondeur du projet urbain vers davantage d’écologie et de développement durable, Il continue son parcours en tant que Haut Responsable de la Résilience de la Ville de Paris.

Il promeut une vision holistique et systémique du développement durable et apporte son expérience/expertise en résilience territoriale et en transition écologique et sociale.

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