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Jardin d’expérimentation des Fabriques

Une réalisation proposée par EFFICACITY

Bâtiments Conception Économie durable Management et gouvernance Réseaux Vie locale

Contributeur

Référent :  Remi Costantino, Secrétaire Général
Contact : 

Descriptif

Le jardin d’expérimentation des Fabriques est dédié à l’innovation au service de la ville méditerranéenne durable.

Assise sur un périmètre de 350 m2 au cœur du quartier des Fabriques pour une durée de 3 ans, cette plateforme a pour vocation de tester des pistes d’innovation en situation, tout en bénéficiant de retours d’expérience concrets d'utilisateurs avant de les mettre en œuvre et les dupliquer, a minima, à l’échelle du quartier entier.

Dit autrement, la plateforme peut accueillir des projets d'innovation venus de la Métropole Aix-Marseille ou d'ailleurs, et permet une démarche "d'essai-erreur", grandeur nature.

Entre 2020 et 2023, elle accueille 4 expérimentations.

Déjà à l’œuvre et complémentaires entre elles, les 3 premières ont comme fil conducteur la « nature en ville » :

1- Régénération des sols urbains (« Terres fertiles », 2020 -2023)
Il s’agit à la fois :
- de reconstituer sur place les terres nécessaires aux aménagement des espaces publics végétalisés du quartier (via un procédé de mycorhization) en cherchant à réduire de près de 95% les apports en terre végétale prélevés sur les espaces naturels de la Métropole

- de tester des associations végétales qui puissent "coopérer" ensemble et mieux supporter le climat méditerranéen, avec l’apport des terres reconstituées

Les impacts attendus : un meilleur développement des végétaux dans le temps, ainsi que la régénération de sols naturels à partir de limons présents sur des sols scellés depuis près de 50 ans.

2- « Sols drainants » (2020 – 2021)
L’enjeu est de tester la drainabilité de nouveaux types de matériaux (bétons, enrobés et pavés à joins) plus perméables pour permettre aux eaux pluviales de s’infiltrer directement dans le sol.

Les impacts attendus : rétablir certaines des fonctions assurées par le sol (capacité d’infiltration de l’eau, réservoir de biodiversité…) et éviter de saturer les réseaux d’évacuation.

3- Techniques alternatives d’arrosage (2020 - 2023)

L’idée est de tester des systèmes d’arrosage alternatifs au « goutte à goutte ») pour favoriser un meilleur développement racinaire des plantes méditerranéennes habituées à un régime périodes sèches/pluies intenses et non à un régime d’humidité permanente.

Concrètement, trois modalités d’arrosage seront testées :

> Arrosage par irrigation (caniveau)

> Arrosage par submersion (regard)

> Arrosage manuel

Les impacts attendus : économiser l’eau tout en favorisant l’ancrage végétal et la résistance des plantes à la sécheresse.

Concrètement, 80 planches d’essai sont déployées pour tester les matériaux, les associations végétales et les mélanges terreux.

4- « Nouvelles ambiances urbaines » (2021 – 2022)

Il s’agit repenser les ambiances urbaines en prototypant le "mât d'éclairage" de demain. L'idée est de proposer de nouveaux usages autour de l'éclairage public, en utilisant autrement le mobilier d’éclairage.
Plusieurs cas d'usage seront testés, parmi lesquels "l'éclairage crépusculaire" (calé sur le rythme des saisons) mais aussi des applications sur la qualité de l'environnement, les économies d’énergie, la limitation du bruit urbain...

Les impacts attendus : favoriser la qualité de vie, économiser l’énergie, diminuer la pollution sonore et visuelle et communiquer sur la qualité de l’environnement.

Thématiques : 
  • Matériaux
  • Construction
  • Espaces publics et espaces verts
  • Consommation responsable
  • Économie de la fonctionnalité
  • Participation citoyenne
  • Grand cycle de l'eau
Échelle : 
  • Quartier

Fiche d'identité

marker  Provence-Alpes-Côte d’Azur / Marseille
Type de territoire : 
  • Métropole
Date de livraison :  04/09/2021
Surface bâtie :  350 m2
Coût du projet :  600 000 euros
Maîtrise d'ouvrage :  EPA Euroméditerranée
Maîtrise d'oeuvre :  ILEX
Partenaires associés :  Efficacity, CNRS Montpellier

Distinctions

Labels / certifications :  EcoCité, l’Ecoquartier

Médias

 

 

 

Évaluation du projet*

sur la base du déclaratif du contributeur

Critère n°1 : SOBRIÉTÉ

Les 3 expérimentations sur la Nature en ville ont justement comme dénominateur commun la recherche du « Gradient de naturalité » comme le nomment l’Agence d’urbanisme de Tours.

Le modèle d’impact du projet est ainsi tourné vers la recherche d’externalités positives, et non pas juste de contenir des éventuelles externalités négatives.
En un mot, la plateforme vise à accueillir des projets qui cherchent à « faire du bien à la planète » et non pas juste de créer une valeur quelconque tout en cherchant à contenir des effets environnementaux indésirables. En ce sens, la poursuite des ODD est indissociable du projet d’ensemble de la plateforme.

Les matériaux drainants testés dans la plateforme sont issus de filière locale (les données communiquées par les fournisseurs en attestent). Par ailleurs, une partie des matériaux (ex : pavés à joins) proviennent de matériaux de démolition des chantiers annexes, situés également sur le périmètre d’Euroméditerranée. La recherche en cours sur les terres fertiles doit permettre un approvisionnement en terre végétale à partir des excavations réalisées sur le site pour la construction des parkings souterrains des opérations immobilières.  L’expérimentation s’inscrit ainsi pleinement dans la logique d’économie circulaire. 

Outre le recyclage des matériaux (point précédent), la reconstitution de 95% des terres nécessaires à partir des limons prélevés dans les sols scellés sur site évite de nombreux déplacements en camion ainsi que le prélèvement de terres sur des sites naturels de la Métropole.  

Pour le quartier, la démarche d’achat a été spécifiquement travaillée pour favoriser les offres des entreprises proposant les solutions les plus économes en ressources naturelle et les plus vertueuses en bilan carbone. 

Enfin, le quartier des Fabriques fait partie des territoires pilotes français pour tester Urban Print, outil d’évaluation quantitative de la performance carbone, énergétique et environnementale d’un projet urbain à l’échelle quartier, développé par Efficacity en partenariat avec le CSTB.

La problématique de la gestion est l’un des principaux freins à l’innovation pour l’aménagement des espaces publics. La plateforme d’expérimentation est un outil d’aménagement permettant d’anticiper avec les gestionnaires, les problématiques d’exploitation et d’entretien que sont susceptibles de générer les innovations développées sur le quartier. 

Des discussions sont en cours à ce sujet avec les collectivités locales, futurs gestionnaires de ces espaces (Ville de Marseille et Métropole Aix-Marseille).

Une grille d’évaluation co-construite avec les gestionnaires a ainsi permis d’identifier plusieurs indicateurs d’évaluation (dans le cas, notamment, des matériaux drainants) : des indicateurs environnementaux (bilan carbone des matériaux, recyclabilité…), des critères techniques (perméabilité, pérennité, pouvoir réfléchissant…), des critères de qualité (esthétisme des revêtements, qualité architecturale, confort visuel…), des indicateurs lié à la gestion de l’espace public (nettoyabilité, réparabilité, entretien, pérennité, maîtrise des coûts…). 

Critère n°2 : INCLUSION

Les expérimentations de la plateforme des Fabriques font l’objet d’un double processus de co-construction de la démarche :

  • Avec les collectivités locales d’une part, futures gestionnaires des espaces publics en cours d’aménagement. Elles ont été associées dès le début de l’expérimentation (visites sur site, ateliers d’intelligence collective, échanges collaboratifs en ligne…) ainsi que dans les tests à venir en 2021 (entretien et maintenance des matériaux) ;
  • Avec des collectifs d’habitants d’autre part : visites dédiées aux habitants de l’ilôt Smartseille (déjà aménagé, et qui jouxte la plateforme) ainsi qu’avec une série d’animations avec des publics scolaires animées par la Compagnie des Rêves Urbains dans un objectif d’appropriation des enjeux environnementaux urbains. Des contacts avec des collectifs de Vélo urbain ainsi qu’avec des associations PMR sont également en cours pour tester l’accessibilité, la qualité des revêtements au sol ainsi que leur esthétisme.

Le quartier des Fabriques a vocation à proposer à ces habitants toutes les aménités attendues en centre-ville dense. Les programmes immobiliers sont développés dans une recherche d’équilibre entre les différentes typologies de logement, les bureaux, les commerces et les équipements publics.

Par ailleurs, l’aménagement des espaces publics des Fabriques laisse une forte place à la végétalisation et à la piétonnisation (20% des 6 hectares d’espace public en cours d’aménagement seront végétalisés). Le mobilier urbain a été pensé pour encourager la vie en extérieur.

L’ensemble du quartier des Fabriques (et plus largement Euromed 2) est historiquement un quartier cumulant des difficultés économiques et sociales. La localisation de la plateforme d’une part et la vocation de déploiement des expérimentations à l’échelle du quartier de l’autre, le projet s’adresse directement aux habitants du quartier. A l‘échelle du quartier, l’aménagement des équipements (école, crèche, centre social, médiathèque, maison de quartier, équipements de sport) profitera à la fois aux nouveaux usagers et aux habitants des quartiers voisins (les quartiers de la Cabucelle et des Crottes notamment).

Les expérimentations sont en cours, les résultats seront connus et communiqués fin 2021. 

Critère n°3 : RÉSILIENCE

Le cœur de l’expérimentation est de rétablir certaines des fonctions assurées par le sol : capacité d’infiltration de l’eau, échange entre le sol et l’atmosphère, stockage de carbone, réservoir de biodiversité, etc. 

L’enjeu est de recréer un sol riche, à la fois dans sa constitution et dans sa capacité à se regénérer tout seul. La notion de pérennité est essentielle ici : montrer qu’il est possible de régénérer entre 95 et 97% de sols scellés sous du béton depuis des dizaines d’années avec l’apport d’une faible quantité de terres naturelles incarne la dimension résiliente la ville – sur l’angle des sols et leur régénération tout du moins. 

La conception des espaces publics du quartier des Fabriques est fondée sur une approche avant tout pragmatique du développement durable. 

Il s’agit ici d’apporter des solutions concrètes aux problématiques bien connus de l’aménagement des Villes que sont :  

  • L’artificialisation des sols 
  • L’amplification du réchauffement climatique en Ville par l’îlot de chaleur 
  • La consommation des ressources naturelles 
  • L’érosion de la biodiversité 
  • Le coût global carbone de l’aménagement 

Au stade de la conception, chaque composante de l’aménagement des espaces publics, depuis le sous-sol jusqu’à la cime des arbres en passant par les réseaux, les revêtements de voirie etc. a été choisi au regard de ces grands enjeux. 

Pour passer du stade du projet à celui de la réalisation concrète, tous les leviers disponibles pour un maître d’ouvrage publics sont mobilisés :  

  • Recherche de financements auprès de partenaires publics 
  • Recours au sourcing d’innovation 
  • Démarche d’achat public passant par des procédures spécifiques 

 

Pour anticiper les contraintes de gestions qui seront occasionnées par ces nouveaux modes de faire, l’EPAEM noue un partenariat étroit avec les collectivités : 

  • Mise en œuvre de la plateforme d’expérimentation 
  • Conventionnement avec les collectivités sur les démarches de recherche 
  • Co-élaboration des carnets d’entretiens des végétaux 

Critère n°4 : CRÉATIVITÉ

L’expérimentation sur les « sols drainants » a fait l’objet d’un travail de sourcing local auprès d’entreprises locales, dans l’objectif d’orienter leur R&D dans une « direction plus durable ». 4 entreprises ont ainsi été invitées à déployer des matériaux innovants sur les planches dédiées à cet effet (CEMEX, Colas, Gregori Provence et Lafarge). 
 
En outre, l’expérimentation (à venir fin 2021) sur l’éclairage urbain intelligent s’articulera autour d’un marché public de type « Dialogue compétitif ». Ce choix de consultation vise à stimuler le secteur des fabricants/exploitants de l’éclairage, ainsi que des startup actives dans le domaine de l’économie d’énergie, l’éclairage crépusculaire ou la collecte/traitement de data auxquelles les fabricants pourront s’allier. 
 
Enfin, l’expérimentation mobilise d’autres innovations dans le domaine de l’internet des objets, pour mesurer, par exemple, le taux d’humidité des sols ou la profondeur d’enracinement des végétaux.

La plateforme est par essence dédiée aux démarches d’innovation orientée vers la Ville durable.

En particulier, elle s’appuie sur différents types d’innovation :

  • Innovation de produit (ex : nouveaux matériaux drainants issus de la R&D des entreprises)
  • Innovation de service (ex : capteurs d’humidité ou d’enracinement, jumeau numérique)
  • Innovation de procédé (logique de « re-use », tant dans les matériaux que dans la regénération des sols)
  • Innovation sociale (en associant dès l’amont les collectivités locales gestionnaires dans la définition des besoins, attentes et contraintes)

Critère n°5 : POTENTIEL DE RÉPLICABILITÉ

La réplicabilité est inscrite dans l’ADN du projet, et ce, dans deux dimensions :

  • A l’échelle du Quartier des Fabriques et ses quelques 6 hectares d’espace public : les enseignements des 4 expérimentations seront « intégrées » dans les consultations à venir entre fin 2021 et 2023 (selon le rythme des travaux) pour être directement déployés à l’échelle du quartier ;
  • A l’échelle métropolitaine : la démarche de co-costruction avec les gestionnaires sème des jalons pour une réplication plus large à plus long terme.

Par ailleurs, au-delà de l’aménagement du quartier, le travail sur la régénération des sols peut préfigurer une plateforme de valorisation des terres à l’échelle de la Métropole – à l’instar de ce qui a été initié, par exemple, par le Grand Lyon.

Formée aux affaires internationales et européennes entre l’Angleterre et la France dans le cadre d’un double diplôme Sciences-Po Lille / Université du Kent, Marion a débuté sa carrière en plaidoyer et relations institutionnelles des organisations non gouvernementales, dans le secteur du commerce équitable (Label Max Havelaar France). Ses expériences sont aussi en lien avec les territoires, avec un passage en coopération décentralisée à l’échelle d’un conseil départemental.

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Issue des sciences sociales, de l’histoire de l’art et de l’architecture, après diverses expériences dans la gestion de projets culturels et la production audiovisuelle, Camille a travaillé dans la communication au sein du groupe VINCI : depuis les grands projets à l’international jusqu’à La Fabrique de la Cité, think tank dédié à la prospective urbaine

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Carla DONCESCU

Diplômée d’un master 2 en Economie du Développement à Panthéon-Sorbonne, et actuellement en formation alternance du Master 2 Relation Internationale et Action à l’Etranger dans la même Université, c’est à travers ces différents prismes et ses expériences à l’internationale qu’elle approche les problématiques de villes et territoires durables.

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Manon EXBALIN

Diplômée d’un Master en sociologie de la communication, Manon a travaillé précédemment pour Greenpeace, la Mairie de Paris (en particulier pour venir en aide aux étudiants), et le Ministère de la Transition Ecologique (DGALN – Mission Communication).

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Géographe de formation (Université d’Etat de Saint-Pétersbourg), elle a débuté au poste de géographe économiste à l’Académie d’Économie Agricole (Russie), avant de poursuivre sa carrière en France, en tant qu’assistante administrative et comptable (Air Liquide, Association TGV Provence Côte d’Azur, COFHUAT, Groupe Hervé)

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Avant de rejoindre l’équipe FVD, il a occupé plusieurs postes dans la gestion des collectivités  locales. Allant d’élu et adjoint au maire de sa ville natale Besançon, chargé des relations universitaires et de la coopération internationale puis Directeur du Développement économique de la Ville de Pantin, pour ensuite être directeur de cabinet à Montreuil où il a notamment piloté la refonte en profondeur du projet urbain vers davantage d’écologie et de développement durable, Il continue son parcours en tant que Haut Responsable de la Résilience de la Ville de Paris.

Il promeut une vision holistique et systémique du développement durable et apporte son expérience/expertise en résilience territoriale et en transition écologique et sociale.

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