À l’occasion des 10 ans de France Villes et territoires Durables et de la 5ᵉ édition de Villes Durables en Actions, nous avons donné la parole aux membres historiques de l’association à travers une série d’interviews.
Dans ce troisième volet, ils.elles reviennent sur le rôle de France Villes & territoires Durables, les dynamiques collectives portées par l’association ainsi que les projets, initiatives et coopérations qui les ont particulièrement marqués au cours de ces dix dernières années.
Selon vous, quel est le rôle ou la force de FVD ?
Virginie Lutrot– Maire de Port-Jérôme-sur-Seine, Présidente de Caux Seine agglo, Présidente de FVD
La force de l’association réside dans sa capacité unique à fédérer des acteurs très différents autour d’un objectif commun : transformer durablement les territoires.
Elle crée un espace de dialogue entre l’État, les collectivités, les entreprises et les experts, permettant de décloisonner les approches. Son rôle est aussi d’accélérer la diffusion des innovations, de valoriser les initiatives inspirantes et d’accompagner les territoires dans la prise de décision. C’est un lieu d’expérimentation, mais aussi de capitalisation, qui permet d’avancer collectivement face aux défis d’aujourd’hui et de demain.
Brigitte Bariol-Mathais – Déléguée générale de la FNAU, Vice-présidente de FVD
Cette capacité de faire rencontrer et travailler ensemble des acteurs très différents : les services de l’Etat, les collectivités, les entreprises, les experts est ce qui fait la force de FVD
Christophe Millet, Président du Conseil national de l’Ordre des architectes
La force de FVD est d’avoir su fédérer une grande diversité d’acteurs locaux et nationaux : collectivités locales, agences de l’État, entreprises, organisations professionnelles et institutions… Son approche transversale et collective est le meilleur moyen pour accélérer la transition écologique. La capacité de l’association à se projeter sur le temps long mérite aussi d’être soulignée car transformer nos territoires prend du temps.

Baptiste Perrissin Fabert – Directeur Général Délégué à l’ADEME
La force principale de FVD est dans son ADN qui vise à structurer et diffuser des messages communs avec des acteurs issus de cultures et d’expertises différentes. L’association relie et rend visibles les démarches existantes, facilitant leur appropriation. Elle joue un rôle important pour valoriser les méthodes et outils portés notamment par l’ADEME.

Virginie Alonzi– Directrice de la prospective de Bouygues Construction, Vice-présidente de FVD
La force de FVD réside dans la complémentarité de ses quatre collèges et dans sa capacité à faire converger les acteurs autour de projets partagés, là où les approches restent souvent cloisonnées. L’association s’attache à mettre en synergie et à valoriser les initiatives existantes, afin d’en amplifier la portée collective.
Son positionnement de “do tank”, orienté vers la mise en œuvre concrète, est particulièrement pertinent à un moment où la transition écologique et sociétale exige de passer de la réflexion à l’action coordonnée.
Anne-Claire Mialot – Directrice Générale de l’ANRU
La structuration en 4 collèges – collectivités, entreprises, experts, Etat – réunis autour de la même table dans une collaboration en bonne intelligence, apporte une complémentarité fructueuse pour la conception d’une vision partagée de la ville durable.

Céline Bonhomme – Sous-Directrice de l’aménagement durable (DGALN/DHUP/AD), Vice-présidente de FVD
La force de FVD repose sur sa gouvernance unique et sa faculté à réunir et à faire échanger acteurs publics et privés autour d’une conviction commune : accompagner les territoires vers la transition écologique. En ce sens, FVD inter-agit directement auprès des collectivités, non seulement dans le cadre de journées d’inspiration, mais aussi en produisant des outils ou recommandations sur divers sujets ayant fait consensus entre les 4 collèges.
Pouvez-vous citer une initiative, un projet ou une dynamique menée avec notre association qui vous a particulièrement marqué au cours de ces 10 dernières années ?
L’initiative CAP Territoires Durables illustre bien cette valeur ajoutée. Avec cette plateforme, en rassemblant dans un lieu unique, sous un format accessible, les principaux outils, démarches et sources de données utiles à la transition, FVD facilite le passage à l’action des collectivités et met en lumière la complémentarité des ressources disponibles.
La dynamique des ateliers d’inspiration au cœur des territoires m’a particulièrement marquée. En phase amont des projets, ces journées transforment les équipes politiques et techniques en acteurs du changement. Qu’il s’agisse de renaturation ou de réindustrialisation décarbonée, ces sessions d’acculturation concrétisent la bioéconomie locale. Cet état d’esprit collaboratif permet de traduire des fondamentaux théoriques en feuilles de route opérationnelles. C’est ici que nous retrouvons la force de FVD : aider les élus à valoriser l’existant pour bâtir des stratégies résilientes, parfaitement adaptées aux enjeux de demain.

Le travail de FVD pour valoriser des retours d’expérience réussis est précieux. L’Ordre des architectes croit en la démonstration par l’exemple : montrer des réalisations concrètes encourage les élus et porteurs de projet à élever leurs ambitions. Les initiatives récentes — comme la Journée de travail sur la résilience des QPV organisée à Laval le 1ᵉʳ avril 2025 ou encore l’événement « Villes durables en action » tenu à Bayonne les 6 et 7 février 2025 — illustrent parfaitement cette dynamique. Adapter les territoires implique d’innover ; ces expériences rassurent et prouvent que de nouvelles façons de faire sont possibles ailleurs.
Je pense fortement à CAP Territoires Durables qui a vocation à être un outil directement disponible, permettant aux équipes municipales fraîchement installées de se projeter sur des investissements durables dès ce début de mandat. Les journées Villes Durables en Actions sont aussi des temps forts de mobilisation des acteurs de l’aménagement.

Un exemple récent est la contribution intellectuelle de l’association préalable au lancement de la démarche « Quartiers Résilients » fin 2022, avec notamment l’organisation d’une journée d’inspiration à Rotterdam pour apprendre du retour d’expérience d’un quartier populaire à Rotterdam (« Resilient BoTu 2028 »). Avec Quartiers Résilients, l’ANRU accompagne depuis 2023 par un appui en expertises et en financements les porteurs de projets de renouvellement urbain pour aller plus loin dans la réduction des vulnérabilités des quartiers prioritaires du NPNRU et de leurs habitants.
Le manifeste de la ville durable avec ses 4 piliers a réellement été une écriture à plusieurs mains qui a posé les fondamentaux : sobriété, inclusion, résilience et créativité, fils directeurs qu’il s’agit de revisiter régulièrement aujourd’hui.

La dynamique du collège Entreprises a été particulièrement marquante. Elle a permis de créer un espace de dialogue entre acteurs privés aux profils très divers, des start-ups aux grands groupes, issus de secteurs tels que la construction, l’eau, l’énergie, la mobilité, ou encore la biodiversité… Ce lieu d’échanges offre la possibilité de partager besoins, attentes, freins rencontrés et bonnes pratiques, tout en identifiant d’éventuelles pistes de partenariats sur des sujets communs.
Cette dynamique a également encouragé les interactions avec les autres collèges – collectivités, élus, experts – autour du partage d’expériences, de la valorisation des démarches innovantes et d’une meilleure compréhension des attentes selon les territoires.
VDA2026 - FVD : 10 ans de coopérations
Villes Durables en Actions (VDA) revient les 30 juin et 1er juillet 2026 à Dunkerque pour fêter les 10 ans de France Villes et territoires Durables !
Une édition inspirante et engagée, fidèle à l’ADN de l’association : coopérer, accélérer, transformer.
Envie d’en savoir plus sur France Villes et territoires Durables ?