À l’occasion des 10 ans de France Villes et territoires Durables et de la 5ᵉ édition de Villes Durables en Actions, nous avons donné la parole aux membres historiques de l’association à travers une série d’interviews.
Dans ce premier volet, elles.ils reviennent sur les raisons de leur engagement et l’ambition portée pour la fabrique des villes et territoires durables.
Pourquoi avez-vous rejoint l’association à ses débuts ?

Céline Bonhomme – Sous-Directrice de l’aménagement durable (DGALN/DHUP/AD), Vice-présidente de FVD
Plus que rejoint, nous avons fortement poussé à la création de FVD en fusionnant l’IVD et le réseau Vivapolis. D’une part, parce qu’avoir d’un côté l’Institut de la Ville Durable (IVD) et de l’autre le réseau Vivapolis était totalement illisible pour les acteurs de l’aménagement, et au premier chef les collectivités. D’autre part, parce que FVD offrait l’espace idéal, avec sa gouvernance à 4 collèges, pour conjuguer les forces de chacun en vue de répondre aux défis de la ville durable.
Anne-Claire Mialot – Directrice Générale de l’ANRU
L’ANRU a préfiguré l’association. En 2014 dans son rapport “La ville durable, une politique à construire” remis au Gouvernement, M. Roland PEYLET met en évidence l’intérêt stratégique de renforcer en France l’approche partenariale de la ville durable, préconisant notamment la création d’une structure dédiée. Une équipe de préfiguration d’un lieu de ressources et d’échanges pérennes sur la ville durable est constituée, sous l’égide du directeur général de l’ANRU, structurant ses travaux autour de représentants des principaux acteurs concernés, publics et privés. En novembre 2015 les statuts de l’association “Vivapolis, l’Institut pour la ville durable”, qui deviendra France Villes et territoires Durables, sont officiellement déposés.

Baptiste Perrissin Fabert – Directeur Général Délégué à l’ADEME
Lorsque l’ADEME a participé à la préfiguration et s’est engagée dans l’Institut pour la Ville Durable, devenu depuis France Villes et territoires Durables, l’objectif était de contribuer à structurer une organisation capable de fédérer à parité l’État, les collectivités, les entreprises et les experts. L’évolution de l’association en 2023 a renforcé cette logique de cohérence entre échelle nationale et locale. Ses missions orientées vers la diffusion des fondamentaux de la transition écologique, la capitalisation des retours d’expérience et la territorialisation de l’action pour renforcer les coopérations sont pleinement alignées avec celles de l’ADEME, rendant notre engagement naturel et durable.

Virginie Lutrot– Maire de Port-Jérôme-sur-Seine, Présidente de Caux Seine agglo, Présidente de FVD
Élue présidente en 2023, j’ai rejoint l’association France Villes et territoires Durables en 2019 par conviction : celle que les transitions ne peuvent se faire qu’en collectif. Les territoires étaient déjà confrontés à des mutations profondes, mais manquaient d’espaces pour partager leurs expériences et structurer une réponse commune. Cette association représente une opportunité unique de croiser les regards entre élus, État, experts et acteurs économiques. Mon engagement s’inscrit dans cette volonté de faire émerger une intelligence collective au service de territoires plus sobres, inclusifs et résilients, capables d’anticiper et d’agir face aux bouleversements.

Brigitte Bariol-Mathais – Déléguée générale de la FNAU, Vice-présidente de FVD
A l’origine deux association multiacteurs existaient : Vivapolis, plutôt orientée vers la promotion de l’expertise française à l’international et l’Institut de la Ville Durable, initié davantage pour construire des positions communes entre les différentes parties prenantes de l’aménagement plutôt au niveau national.
La Fnau a suivi la réflexion préalable pour la création de l’IVD qui avait fait l’objet d’une mission de préfiguration et je suis restée dans la gouvernance et accompagné les changements de l’association jusqu’à aujourd’hui.

Virginie Alonzi– Directrice de la prospective de Bouygues Construction, Vice-présidente de FVD
Nous avons souhaité rejoindre France Villes et territoires Durables pour participer activement à une réflexion collective sur les enjeux de transformation durable des villes et des territoires. C’est la seule association qui réunit, au sein d’une même gouvernance, les quatre collèges — État, collectivités, entreprises et experts — condition essentielle pour avancer de manière concertée et décloisonnée sur les défis urbains et territoriaux. Le groupe Bouygues s’inscrit dans la durée car nous étions déjà engagés dès la création de l’Institut de la ville durable avant sa fusion avec Vivapolis pour porter la voix de l’entreprise dans l’aménagement des territoires.
Christophe Millet, Président du Conseil national de l’Ordre des architectes
Le partenariat entre l’Ordre des Architectes et France villes et territoires durables est fondé sur des valeurs partagées, celles de la transformation des villes et des territoires pour les adapter à l’urgence des enjeux contemporains. L’Ordre soutient l’activation des territoires dans toute leur diversité, à travers des dispositifs comme « 1 maire, 1 architecte », ou les événements annuels « Architectures et territoires » pour fédérer les acteurs locaux dans leurs démarches pour le changement. Nous avions donc déjà une ambition commune et une réelle convergence de philosophie.
Quel besoin ou quelle ambition portiez-vous à ce moment-là pour les territoires durables ?
Mon ambition est claire : dépasser les approches sectorielles pour construire une vision d’avenir des territoires durables. Il ne s’agit plus seulement d’agir sur l’environnement, mais d’intégrer pleinement les dimensions sociales et économiques. Les territoires doivent devenir des espaces d’innovation, capables de concilier développement et préservation des ressources. À travers France Villes et territoires Durables, notre ambition est la suivante : créer un cadre pour expérimenter, mutualiser et accompagner des transformations profondes, ancrées dans les réalités locales.
La philosophie à l’origine de FVD est très proche de celle des agences d’urbanisme. C’est dans l’ADN et dans les fondements des agences d’urbanisme et de la Fnau de construire des stratégies partagées entre acteurs : collectivité, Etat, experts acteurs publics et privés.
Nous ressentions avant tout le besoin de coopérer autrement, au-delà des silos institutionnels ou sectoriels, pour mieux comprendre les attentes concrètes des territoires et y répondre de manière collective. L’ambition était double : mieux articuler les visions publiques et privées autour d’un projet commun de durabilité, et faire connaître la contribution possible des entreprises en matière d’innovation, d’expérimentation et de mise en œuvre opérationnelle.
Au sein des ministères de la transition écologique, de l’aménagement, de la ville et du logement, nous portons et promouvons depuis de nombreuses années les politiques en faveur de la ville et des territoires durables. Pour autant, nous avions pleinement conscience que la transition écologique des territoires, quels que soient les contextes, ne pourrait se faire qu’à travers la mobilisation et l’action conjointe, ou tout au moins complémentaire, des acteurs publics et privés. La création de FVD intervenait au bon moment pour porter cette dynamique partenariale et pour accompagner les collectivités dans leur compréhension des enjeux liés au changement climatique. En outre, la vice-présidente État du Collège État donnait la possibilité de fédérer l’ensemble des acteurs publics d’État impliqués sur ce sujet.
Notre ambition, en tant qu’opérateur de l’État, est de doter les collectivités et les entreprises d’outils fiables pour structurer les politiques publiques de transition écologique, en lien avec les Préfets au niveau territorial. Le programme Territoires en transitions accompagne ainsi les EPCI dans la définition d’une stratégie globale et de plans d’actions opérationnels. Face à l’augmentation des risques climatiques, il était aussi nécessaire de disposer d’une méthode partagée pour l’adaptation. La méthode TAACT, aujourd’hui portée via la Mission Adaptation avec les autres opérateurs de l’État, propose un cadre allant du diagnostic de vulnérabilité au suivi des mesures. L’objectif est de donner aux territoires les moyens de définir des trajectoires d’atténuation et d’adaptation robustes, adaptées à leur contexte et à leurs contraintes budgétaires.
Au lancement, le besoin était de pallier l’absence de pilotage et le manque de coordination des différentes initiatives sur le sujet de la ville durable. L’ambition était de fédérer les acteurs de la ville durable afin d’assurer le soutien, la coordination, la synthèse, la capitalisation et la diffusion des initiatives. Au-delà, l’enjeu était de promouvoir la fabrique d’une ville fondée sur les principes du renouvellement urbain / de refaire la ville sur la ville.
L’architecture est d’intérêt public comme le stipule la loi sur l’architecture de 1977. Depuis plusieurs années, l’urgence est à l’accélération de la transition des territoires, et cette transition ne peut pas avoir lieu sans l’architecture. C’est le message que porte l’Ordre avec son plaidoyer « L’architecture comme solution ». Les 30 000 architectes présents dans tous les territoires français les accompagnent et se mobilisent en faveur de l’adaptation.
VDA2026 - FVD : 10 ans de coopérations

Villes Durables en Actions (VDA) revient les 30 juin et 1er juillet 2026 à Dunkerque pour fêter les 10 ans de France Villes et territoires Durables !
Une édition inspirante et engagée, fidèle à l’ADN de l’association : coopérer, accélérer, transformer.
Envie d’en savoir plus sur France Villes et territoires Durables ?







