Mode sombre

Réhabilitation d’une caserne militaire à Vernon

Une réalisation proposée par Ministère de la transition écologique

Bâtiments Conception Vie locale

Contributeur

Référent :  Murielle Ferrere
Contact : 

Descriptif

Le site de Fieschi connait un riche passé historique. Successivement couvent, filature de coton, atelier de construction des équipages militaires, caserne, son activité prend fin en 1998 avec le départ des militaires.

Seine Normandie Agglomération voit sur ces 12 hectares une opportunité unique d’aménager une opération de renouvellement urbain au sein du tissu urbain existant afin de répondre à la demande existante en matière de logement, tout en luttant contre l’étalement urbain.

Bénéficiant d’une situation privilégiée (proximité du centre-ville de Vernon, de la gare, des bords de Seine et des infrastructures de desserte structurantes), il constitue un potentiel urbain de première importance à développer, et un site riche d’un patrimoine architectural et paysager à valoriser : bâti militaire, couvent des capucins, mail de Bizy, etc.

Lien privilégié entre Vernon et Saint Marcel, le site de la caserne constitue aujourd’hui une enclave au sein du tissu urbain. En tant qu’ensemble clos par un mur d’enceinte, il est mal relié avec son environnement immédiat. La voie ferrée représente aussi une coupure importante au sud. Les enjeux d’ouverture de ce site et de connexion avec les quartiers environnant sont affichés tant sur le plan de la morphologie urbaine que pour les modes de déplacement souhaités (mobilité douce, continuité et sécurisation). Soucieuse d’agir dans le respect des principes du développement durable, la SNA a fixé pour principal objectif de réaliser une opération ambitieuse intégrant pleinement la dimension environnementale de la conception du projet à sa mise en œuvre.

Un aménagement de grande qualité s’articulant autour d‘équipements publics d’envergure communale et communautaire sur le site, participera à la création d’un véritable quartier composé d'un programme d'habitat résidentiel diversifié et de qualité, animé de commerces et de services de proximité. Un traitement paysager de grande ampleur participe à la création d’un « parc habité ».

Thématiques : 
  • Construction
  • Rénovation / Réhabilitation
  • Renouvellement urbain
  • Patrimoine
  • Renforcement du lien social et de la solidarité
  • Culture et loisirs
  • Commerces
Échelle : 
  • Quartier

Fiche d'identité

marker  Normandie / Vernon
Type de territoire : 
  • > 20 000 < 100 000 habitants
Date de livraison :  01/04/2021
Surface bâtie :  19 972 m2
Coût du projet :  Non connu intégralement (aménagements: +- 12 millions €)
Maîtrise d'ouvrage :  Seine Normandie Agglomération (27) déléguée à Eure Aménagement Développement
Maîtrise d'oeuvre :  Interscene - Archicop - Soderef AFCE (AMO AEU)
Partenaires associés :  DIREN/DREAL - EPFN - CG27 - Région Haute Normandie - ETAT - ADEME

Distinctions

Labels / certifications :  Approche Environnementale de l'Urbanisme (AEU), EcoQuartier-Etape 3

Évaluation du projet*

sur la base du déclaratif du contributeur

Critère n°1 : SOBRIÉTÉ

Les secteurs en friche, identifiés comme pouvant être requalifiés, ont fait l’objet depuis plus de 10 ans d’un portage ou d’un accompagnement foncier par l’EPFN – Etablissement Public Foncier de Normandie (site de la Caserne Fieshi, de la Fonderie, du LRBA à Vernon, site Bata à Saint Marcel, site du Silo à Pacy-sur-Eure).

Les collectivités, SNA et communes, ont fortement investi pour maîtriser et aménager ces sites en renouvellement urbain, répondant notamment aux orientations du SCot de SNA (anciennement CAPE) adopté en 2011 inscrites dans son PADD : limiter l’étalement urbain, générateur de déplacements motorisés avec la volonté de se développer dans un mode d’aménagement du territoire moins consommateur d’espace, privilégiant la construction « de la ville sur la ville ».

Ce choix répond aux objectifs de lutte contre le changement climatique, et de réduction de la dépendance des habitants et des usagers aux énergies fossiles.

L’opportunité d’aménager une friche militaire de 13ha au sein d’un tissu urbanisé en continuité du centre de Vernon conduit à retenir ce site pour l’ÉcoQuartier.

Cette reconversion n’induit aucun étalement urbain et valorise un site à l’abandon. Il s’agit d’un axe fort de la vision de l’éco quartier : construire la ville sur la ville, d’autant plus qu’il existe une réelle réflexion sur la « réutilisation » du site (réhabilitation des anciens bâtiments viables de la cours d’honneur pour en faire des logements collectifs, démolition de certains bâtiments avec une réutilisation des matériaux pour la construction).

Le projet a évolué en 2012 prenant pleinement conscience de la nécessité d’apporter plus de densité. Ainsi, le programme initial proposait 540 logements et finalement c’est près de 590 logements qui seront construits dans la ZAC Fieschi à travers la privatisation d’un secteur prévu en espace vert urbain et l’augmentation des hauteurs du bâti (modification du règlement du PLU). Les espaces de stationnements sont aménagés en sous-sol pour les logements collectifs. Cette densité propose toutefois de la maison individuelle et du collectif allant du R+2 au R+4 pour les plus hauts. Elle laisse une large place aux espaces verts et paysagers, la ligne directrice du projet étant le « parc habité » afin de concilier la densité et la qualité du cadre de vie. Cette dernière est également traduite à travers la construction de commerces de proximité (boucherie, boulangerie, épicerie bio par exemple), d’un pôle santé, d’un collège, d’une clinique…offrant un accès immédiat aux équipements et services du quotidien.

Le SCoT de SNA demande un minimum de 40 log/ha en renouvellement urbain à Vernon. Il s’agit d’une densité nette, c’est à dire excluant les emprises de voirie, les espaces publics et les espaces libres non construits (espaces verts, parkings, …) ou non constructibles (zones naturelles protégées, zones humides avérées, zones inondables, …). Selon cette définition le projet possède une densité nette de 80 log/ha sur la tranche 1 (184 logements sur 2,3 ha). Le projet est donc conforme aux prescriptions du SCoT, et va même plus loin sur le thème de la densité.

REDUCTION DE LA CONSOMMATION d’EAU

Le CPE rend l’installation d’équipements hydroéconomes obligatoire dans les bâtiments. Les bâtiments doivent être équipés de récupérateur d’eau de pluie, a minima pour des usages à l’extérieur du bâtiment (collectif et individuel). En complément, il est recommandé d’aller plus loin par l’installation d’un récupérateur à double réseau pour des usages extérieurs et intérieurs (toilettes, lave-linge). Chaque logement doit être équipé d’un compteur individuel de suivi des consommations d’eau relié à un système de radio-relève. Un guide de présentation des éco-gestes et de sensibilisation à une gestion raisonnée des consommations en eau sera distribué à tous les nouveaux arrivants.

Par ailleurs, les espaces verts sont arrosés en utilisant l’eau de la Seine, évitant donc une consommation d’eau supplémentaire.

Le parti d’aménagement retient l’emploi de techniques alternatives à ciel ouvert pour la récupération et la rétention des eaux pluviales. Le projet favorise la végétalisation des espaces et l’infiltration à la parcelle. Les réseaux seront séparatifs. Le CPE impose que les eaux pluviales des espaces communs soient traitées par des techniques d’hydrauliques douces (dépressions végétalisées…), et que les revêtements des sols des voiries secondaires, des cheminements et des aires de stationnement (peu fréquentés) soient traités par des matériaux perméables afin de favoriser l’infiltration des eaux. La collecte des eaux usées sera raccordée au réseau existant à proximité et à la STEP ISO14001 de St Marcel.

Les dispositifs et ouvrages de gestion des eaux pluviales représentent des éléments paysagers au sein de l’espace public : noues et bassins paysagers. La référence à l’eau se fait de manière spontanée et sous différentes formes : noues, bassin de rétention, bassin d’agrément, fontaine.

BIODIVERSITE

Le site initial étant totalement anthropisé et artificialisé, l’enjeu de biodiversité est faible. Toutefois un diagnostic environnemental a été réalisé. L’analyse s’est centrée sur l’environnement proche afin de le caractériser pour ensuite pouvoir intégrer le projet de manière cohérente avec les ensembles écologiques locaux.

Les arbres présents sur le site seront conservés dans la mesure du possible.

Le quartier, conçu selon le concept de « parc habité », apporte une dimension végétale et faunistique qui était absente sur le site. Par ce traitement, le quartier vient intelligemment s’adosser à l’axe écologique structurant de la Seine. Le projet cherche à proposer une diversité d’essences, favorable au développement d’une biodiversité riche.

La ville de Vernon qui reprendra la gestion des espaces verts a mis en place depuis 2008 un plan « 0 pesticide » sur les autres espaces de la commune. Le CPE annexé au CCCT impose aux promoteurs la même rigueur sur les espaces verts privés : Les produits phytosanitaires sont proscrits. L’entretien devra être réalisé de façon alternative en privilégiant la gestion différenciée et raisonnée qui permet également de préserver la biodiversité.

Le parti pris est de végétaliser dès la première phase tous les espaces qui dans le futur composeront les parcs et jardins du quartier afin que les premiers habitants disposent d’un cadre de vie meilleur. La charte de « chantier vert » sensibilise les entreprises sur l’intérêt écologique du site de manière à prendre des mesures de protection en conséquence. Une attention particulière doit être portée lors des transferts de terre et/ou remblais afin d’éviter l’introduction ou la dispersion d’espèces à caractère envahissant.

Enfin, la réduction de l’éclairage public expérimentée sur la commune permet aussi de préserver la faune nocturne.

Le projet est conçu dans le respect de la topographie générale existante. Il respecte et tire parti des trois murs de soutènement qui marquent la rupture entre les deux plateaux qui structurent le site.

Les matériaux issus de la déconstruction des bâtiments militaires ont fait l’objet en 2007 d’un tri sélectif : les plus belles pierres de taille en pierre de Vernon ont été stockées et ont été réutilisées pour servir de bancs ou d’éléments constitutifs des espaces verts. Les enrobés, structures de voirie en béton ont été concassés sur place et réutilisés pour les fondations des nouvelles voiries.

Le sable et la terre végétale extraits lors des terrassements, ainsi que les pavés du site, sont réutilisés pour les aménagements de voirie et d’espaces verts. Les végétaux du site sont déchiquetés et réutilisés pour faire du paillage pour les massifs. Il existe une réelle réflexion sur la réutilisation des matériaux du site existant, allant dans le sens d’une minimisation de l’énergie grise dans l’utilisation des matériaux sur le chantier.

  • Réutilisation des dalles béton du site après concassage pour fonds de forme de la nouvelle chaussée
  • Utilisation des pavés de l’ancienne caserne sur les nouvelles placettes de la ZAC
  • Utilisation des pierres de démolition des bâtiments sur les espaces verts de la ZAC
  • Après démolition d’une partie du mur d’enceinte avenue du Maréchal Foch, une trace au sol a été gardée (idem avenue de Rouen).

Les arbres existants dans le site sont conservés.

Pour les constructions, le cahier des prescriptions environnementales annexé au CCCT recommande de choisir des matériaux de construction en fonction de leurs performances environnementales (faible contenu énergétique, durabilité et faible entretien) et incite à l’usage de matériaux biosourcés (matériaux dont les matières premières proviennent de la biomasse végétale ou animale (bois, chanvre, lin, paille, laine de mouton, etc.).

Une approche sur l’impact énergétique des constructions en fonction des matériaux utilisés a été réalisée avec le logiciel GESOpam. Il a permis d’orienter le choix des matériaux préconisés vers des matériaux à haute performance environnementale, biosourcés, de récupération ou recyclés.

Le projet prévoit pour la première tranche de son opération de respecter la réglementation thermique en vigueur (RT2012).

Le cahier des prescriptions environnementales (CPE) préconise d’aller plus loin dans la performance énergétique des bâtiments en recherchant la construction passive ou positive. L’ambition politique a évolué sur le sujet depuis l’engagement de la collectivité dans la labellisation Eco Quartier : en effet, il a été décidé d’augmenter les ambitions. Sur les Tranches 2 et 3 de l’éco quartier, les bâtiments devront atteindre un niveau de performance de RT 2012 -20%.

L’application des principes du bioclimatisme et le recours aux énergies renouvelables sont fortement recommandés, tout comme l’utilisation de matériaux écoperformants.

Les climatisations sont par ailleurs interdites hormis pour les bâtiments dont la réglementation l’impose, et l’implantation des constructions les unes par rapport aux autres sur des parcelles différentes devra limiter au maximum la création de phénomènes de masques ou d’ombres portées.

Le CPE (cahier des prescriptions environnementales) impose également aux promoteurs d’optimiser l’éclairage privé extérieur et intérieur par un système de régulation. Le nombre de candélabres ou de bornes d’éclairage sera limité, pour n’éclairer que selon les besoins. Pour la seconde phase de l’opération, SNA souhaite adapter son cahier des charges et rendre cette préconisation obligatoire. Chaque construction devra répondre d’une performance énergétique ambitieuse.

Il est également important de souligner la recherche de performance énergétique sur l’éclairage public (non initialement prévue) : l’ensemble des mâts seront équipés de leds (cf annexe), avec armoire de commande permettant la gestion des plages de lumière, permettant ainsi une limitation des consommations énergétiques ; Pour rappel, l’étude énergétique menée sur la ZAC avait estimé les besoins en électricité pour l’éclairage public à ≈ 80 000 kWh/an.

FILIERES DE PRODUCTION D’ENR OU DE RECUPERATION

Le projet recommande d’exploiter les énergies renouvelables et tous les systèmes permettant de récupérer des calories par d’autres sources d’énergies renouvelables (panneaux solaires thermiques et photovoltaïques, poêle à bois ou cheminée insert, ventilation double flux, etc..). Le cumul de ces dispositifs est fortement recommandé. Une étude sur le potentiel de développement des énergies renouvelables a conclu qu’il existait une source énergétique mobilisable à partir de la géothermie basse énergie et de la biomasse. Ces possibilités seront étudiées pour l’approvisionnement énergétique des équipements.

EVALUATION DES CONSOMMATIONS ET SENSIBILISATION

Les bâtiments et les équipements seront systématiquement équipés de compteurs individuels permettant le suivi des consommations énergétiques du quartier : les résultats seront communiqués auprès des usagers du bâtiment.

Un guide de présentation des éco-gestes et de sensibilisation aux enjeux énergétiques sera distribué à tous les nouveaux arrivants. Il pourra être accompagné d’un kit pédagogique énergie. Des visites de logements témoins pourront également être organisées avec l’Espace Info Energie comme ce qui est déjà fait lors de la Semaine de l’Energie.

Par ailleurs, SNA participe au dispositif « l’Energie au Bout des Doigts » (EBDD) qui correspond à un programme de sensibilisation, d’animation et d’éducation des scolaires sur les différents enjeux environnementaux liés à la production et à la consommation d’énergie. Des interventions pourront être programmées dans le groupe scolaire du quartier en lien avec les réalisations du projet.

Le CPE rend l’installation d’équipements hydroéconomes obligatoire dans les bâtiments. Les bâtiments doivent être équipés de récupérateur d’eau de pluie, a minima pour des usages à l’extérieur du bâtiment (collectif et individuel). En complément, il est recommandé d’aller plus loin par l’installation d’un récupérateur à double réseau pour des usages extérieurs et intérieurs (toilettes, lave-linge). Chaque logement doit être équipé d’un compteur individuel de suivi des consommations d’eau relié à un système de radio-relève.

Réduction de l’éclairage public expérimentée sur la commune

Aucune utilisation de pesticide pour les espaces verts.

Critère n°2 : INCLUSION

Depuis 2012, la démarche est conduite sous le regard d’une approche environnementale de l’urbanisme. Le dossier de création de ZAC ayant été approuvé, le travail a consisté à apporter des compléments au projet existant en ajoutant des propositions supplémentaires favorisant un développement durable. Par ailleurs, l’AEU a permis la mise en place effective d’un système de management environnemental afin que SNA s’assure que les cibles soient mises en oeuvre et respectées.

L’objectif général du SME est d’organiser la conduite de l’opération, en maitrisant les processus d’analyses, programmation, conception, réalisation et retrocession, afin d’optimiser l’effort des acteurs en vue d’un aménagement durable. Le SME contribue ainsi au respect d’une démarche de projet territorial de développement durable:

  • Stratégie d’amélioration continue
  • Participation
  • Organisation du pilotage
  • Transversalité des approches
  • Evaluation partagée

L’AEU repose également sur l’approche plurithématique et transversale : elle vise à co-définir les objectifs durables recherchés dans l’opération d’aménagement. Elle oriente la prise de décision en faveur d’actions durables à mettre en oeuvre. Concrètement, l’AEU s’est traduite par l’animation d’ateliers de travail participatifs, la réalisation d’un diagnostic transversal et partagé, la rédaction d’une Charte de développement durable et sa transcription dans les documents réglementaires ou contractuels et enfin la mise en place d’un système de suivi et d’évaluation de la réalisation de la

ZAC. Dans la continuité, SNA et EAD ont mis en place un système de suivi du dossier de labellisation de l’Eco Quartier, sous forme de visite annuelle formalisée par un rapport écrit. 2 réunions par an sont organisées, dont une de présentation de l’avancée du projet avec les services de l’Etat. Le but étant de faire un état des lieux des avancées du projet, et plus spécifiquement de la ligne de route de l’ambition de l’éco quartier (suivi des objectifs, pilotage, portée de la communication…). Le dossier de demande de labellisation est mis à jour, et les documents produits au cours de l’année répertoriés dans une base documentaire.

Les modalités de concertation ont intégré :

  • La parution régulière d’articles dans les bulletins et journaux locaux.
  • L’organisation de réunions publiques en 2004-2009-2012.
  • L’installation d’une exposition permanente dans le hall de la mairie de Vernon et du siège de la CAPE (ex SNA) en 2004-2005.
  • La création d’un site internet dédié au projet ZAC Fieschi. Par ailleurs, lors du lancement de la mission, un questionnaire a été distribué aux habitants qui ont pu exprimer ce qui était selon eux la priorité du quartier, et proposer des suggestions d’aménagement. Les aménagements prioritaires : ceux de la Caserne et l’amélioration générale des transports (voiture, avec la RN, mais aussi transports en commun et circulations douces). L’aspect économique est jugé secondaire, avec l’installation d’entreprises ou l’amélioration des commerces, qui passent après l’aménagement des friches et des berges de Seine.

Lors de la reprise du projet en 2012-2013, des ateliers de travail organisés dans le cadre de l’AEU ont fait participer les élus et les partenaires. Il s’agissait de sensibiliser les acteurs et de co-définir des objectifs environnementaux. Trois ateliers ont eu lieu sur les thèmes : Energie/Déplacement ; Construction/Qualité de vie ; Gestion de l’eau/Déchets/biodiversité Une présentation a permis de réunir les acteurs concernés par le projet : architectes, bailleurs sociaux, constructeurs, BE VRD, etc. afin de les sensibiliser à la démarche durable qui guide le projet ZAC Fieschi.

Depuis l’engagement dans la démarche en 2014, de nombreuses actions ou évènements de communication ont vu le jour. Ci-après les principaux :

  • 1ère pierre de la clinique (mai 2014 – projet de la Clinique)
  • Ouverture du mur d’enceinte en février 2015
  • Organisation d’un week-end portes ouvertes, sur le site de la ZAC Fieschi, ainsi que d’autres sites de la Ville (sur le thème des friches), et réalisation d’un film.
  • Visite de l’éco quartier par les promoteurs en février 2014, par les urbanistes d’Europan
  • Elaboration d’une plaquette de présentation de l’éco quartier
  • Réalisation d’une maquette de l’éco quartier et installée dans le hall de la ville de Vernon La participation lors du week-end de portes ouvertes à mobiliser près de 4000 visiteurs au total.
  • Réunion avec les futurs habitants en juin 2017 pour la présentation du guide éco citoyen (présenter les principes DD de l’aménagement et de la construction, ainsi que les gestes que peuvent adopter les habitants pour rester dans l’esprit de cet éco quartier)
  • Journée développement durable avec des ateliers le 30 septembre 2017 (ex : intervention des incroyables comestibles ; atelier déchets verts).

GESTION “TECHNIQUE” DU QUARTIER

Les gestionnaires des équipements publics et les services des collectivités (Eau, Assainissement, Déchets, Espaces Verts, Voiries communales et départementales…) ont été consultés lors de la conception et de la mise en œuvre de l’EcoQuartier. Ces rencontres ont permis de définir les possibilités de développement d’équipements et de méthodes d’entretien et/ou de fonctionnement durable sur le site. A fur et à mesure des Copil, certaines décisions se précisent (ex : début 2017, SNA a acté le fait d’installer des conteneurs à verre enterrés). Dans le cas où l’instauration de ces approches durables à court terme n’est pas faisable pour des raisons techniques et/ou financières, une réflexion est menée pour permettre leur mise en place à moyen terme.

PRATIQUES DES USAGERS

La collectivité prévoit la réalisation et la distribution à tous les nouveaux habitants et aux gestionnaires d’un guide de sensibilisation aux éco-gestes pour faciliter l’intériorisation du fonctionnement d’un EcoQuartier.

Une réunion d’accueil des nouveaux habitants va être organisée le 24 juin 2017, avec notamment la remise du guide des éco gestes, ainsi que des ateliers ludiques. Une participation est également prévue à la journée de développement durable organisée par la Ville de Vernon , le 30 septembre 2017.

La collectivité mène également une campagne destinée à généraliser le compostage. D’autres actions ponctuelles animent le territoire : fête de l’environnement, semaine développement durable (visite de logements témoins…), défi famille à énergie positive, foyer témoin (0 déchet) sur Vernon, etc.

Par ailleurs, des ateliers ludiques vont être organisés en septembre 2017 (atelier déchet, intervention des incroyables comestibles…).

Pour permettre que chacun, chaque famille, jeunes ou anciens puissent, quels que soient leurs revenus, trouver une réponse à leurs besoins d’habitat, le quartier offre une diversité de logements sur la ZAC, ce qui répond également aux objectifs du PLH :

  • locatif social (maisons individuelles et appartements)
  • accession sociale à la propriété (maisons individuelles)
  • accession à la propriété (immeubles collectifs neufs et rénovés)
  • locatif privé (conventionné OPAH ou libre) Il est prévu que le zonage Duflot soit étendu à la commune de Vernon en 2015 : ce qui permettra d’apporter une offre en logements intermédiaires qui fait défaut sur le territoire. Les typologies proposées sont également variées allant du T1 au T5 et réparties sur l’ensemble de la ZAC. Cette mixité est déjà présente à travers la programmation de la tranche 1.

La localisation de la ZAC, à proximité du centre-ville de Vernon, de sa gare et de sa zone d’emploi est tout à fait adaptée à tous les types de ménage ciblés (actifs, parents avec jeunes enfants, personnes âgées…). Le prix des logements est maîtrisé pour les logements sociaux, en accessions sociale, conventionnés OPAH ou Duflot, ce qui permet de répondre de façon adaptée aux capacités financières de ces ménages.

Dans l’ÉcoQuartier l’interaction sociale est présente sous plusieurs formes :

  • des équipements structurants accueillant du public permettent la rencontre : pôle emploi, clinique, collège;
  • des espaces publics qualitatifs reliés par des cheminements invitant à la promenade : remblais, jardins, parcs, espaces de jeux pour enfants, chemin vers les berges de la Seine ;
  • des activités commerciales et des entreprises créatrices de lien social.

Le projet propose une mixité fonctionnelle, ainsi qu’un accès facilité aux transports et aux équipements, aux services et aux commerces.

Le projet a cherché à créer à la fois des zones d’emplois et propose des zones de détentes (parc, espaces de jeux pour enfant, cheminement vert et paysager, etc.).

Les lieux recevant du public comme la clinique ou les commerces ont également bénéficié d’une étude plus fine pour gérer les flux de visiteurs.

Commerces : Sur la tranche 1:  1200m² Santé (clinique) : clinique (5127m²) + pôle santé (914m²)

Sur l’ensemble de l’éco quartier : Santé : 12 539 m² santé + résidence séniors commerces : 1200m²

Tertiaire : Sur la tranche 1: Tertiaire neuf : 800 m² Pôle Emploi : 2290m²

Sur l’ensemble de l’éco quartier : Tertiaire : 13 916 m²

A proximité du site, le foyer ADOMA qui privilégie l’insertion par le logement cible un public diversifié ayant pour point commun une situation de précarité. Cette population aujourd’hui relativement isolée du centre-ville, bénéficiera des commerces, des services et du cadre de vie de la ZAC Fieschi et participe à la mixité sociale du quartier.

L’entreprise solidaire Homnia a décidé de développer « l’inclusion sociale » sous la bannière de l’association : Le Club des six. Ainsi, six adultes en situation de handicap seront intégrés au sein d’une maison spécialement aménagée, avec toutes les aides humaines nécessaires. Le site de Vernon accueillera la septième colocation de ce type en France.

Le projet dispose également d’une mixité intergénérationnelle, par la création d’une résidence service pour les séniors (par l’Association Habitat et Humanisme), pour des personnes âgées en situation de précarité.

Une attention particulière est portée sur l’accessibilité au sein du quartier : la qualité des espaces publics et des équipements, l’offre de services et de commerces de proximité, l’accès aux transports en commun, les logements adaptés. Le projet a également évolué depuis 2014, avec l’arrivée de médecins installés au-dessus des commerces.

Le projet d’ÉcoQuartier mobilise plusieurs partenaires afin d’œuvrer ensemble pour un quartier durable. La collectivité soutient une politique d’insertion à travers l’instauration d’une clause d’insertion par l’économique pour les chantiers de construction et d’aménagement du chantier ANRU.

De plus, l’installation du pôle emploi est un réel atout de proximité à la recherche d’emploi et à la formation professionnelle (construit sur la tranche 1).

Ce quartier accueillera une nouvelle population qui engendrera par leurs activités et leurs pratiques de nouvelles dynamiques sur le territoire.

Achèvement des travaux en 2021

Critère n°3 : RÉSILIENCE

De nombreuses études ont été réalisées sur le quartier et autour du quartier. Le quartier s’intègre dans un environnement urbain existant, et il est relié à de nombreux projets : la fonderie, le boulevard urbain, les aménagements des bords de Seine, et plus globalement avec le schéma directeur de l’agglomération. Les enjeux environnementaux ont plus particulièrement été étudiés.

Ces diagnostics et études ont apporté une connaissance et une compréhension du territoire indispensable à ce type de projet. A la fois d’un point de vue technique (nature du sol, possibilité de réhabilitation, gestion de l’eau, etc.). Et également d’un point de vue territorial, les diagnostics et leur approche transversale ont permis de faire ressortir les grands enjeux liés au territoire. Ces enjeux ont par la suite été traduits en objectifs à atteindre et ont constitué le fil conducteur du projet en guidant les choix d’aménagement et de programmation retenu.

Face à la proximité du risque inondation, la gestion des eaux pluviales a été finement analysée. Le parti d’aménagement retient l’emploi de techniques alternatives à ciel ouvert pour la récupération et la rétention des eaux pluviales. L’infiltration à la parcelle est recherchée au maximum et l’imperméabilisation limitée du sol. Ainsi, le débit maximal de débit de fuite de la zone est faible. Le CCCT impose par ailleurs la mise en place d’un récupérateur d’eau de pluie et préconise la réalisation de toitures végétalisées.

ADAPTATION AU CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Les espaces végétalisés occupent une large place dans le quartier et participent avec l’omniprésence de l’eau à la réduction du phénomène d’îlot de chaleur grâce à leur forte capacité de rafraichissement.

Le cahier des charges pour la consultation des entreprises recommande une conception bioclimatique des constructions prenant en compte le confort d’été et d’hiver.

Un guide de présentation des éco-gestes et de sensibilisation a été réalisé, et sera distribué lors d’une journée d’accueil des habitants, et à tous les nouvel arrivant. Il traite plusieurs thèmes et vise à faire évoluer favorablement les comportements. L’objectif est une prise de conscience de la nécessité de réduire notre empreinte sur l’environnement, les ressources et le réchauffement climatique.

Suite à au concours PUCA en 2001, SNA a été lauréate pour réaliser une étude du site à vocation exemplaire, avec une approche globale à l’échelle de l’ensemble du quartier dépassant les limites de la commune. Cette approche a nécessité l’appui d’une équipe de spécialistes de l’aménagement, l’architecture et l’environnement.

Critère n°4 : CRÉATIVITÉ

DYNAMISME DU TISSU ECONOMIQUE EXISTANT

Le nouveau quartier crée 1 200 m² de SP destinés aux commerces de proximité (construits sur la tranche 1) et environ 13 900m² de SP destinés aux activités économiques tertiaires dont 2475m² sur la tranche 1.

L’emploi sur le site sera conforté avec l’installation du pôle emploi, une clinique géronto-psychiatrique de 80 lits (soit près de 100 emplois) et 1 équipement structurant (le collège).

La création de ce quartier appuie aussi l’emploi relatif à l’entretien des espaces verts et des services courants d’un milieu urbain.

Le site est à proximité de la gare de Vernon (moins d’1 km), ce qui est un atout pour le développement d’activités tertiaires. Il est également situé à quelques minutes de la zone d’activités Vernon-Saint-Marcel qui est l’une des plus importantes au niveau départemental (3 000 emplois).

Les logements proposés permettront l’installation d’une population diversifiée parmi laquelle des jeunes actifs et des couples avec enfants en bas âge favorable au dynamisme de l’emploi.

 

DEVELOPPEMENT D’UNE ECONOMIE LOCALE ET SOLIDAIRE

Le cahier des charges de cession de terrain préconise la mise en place d’une clause d’insertion par l’économique lors des chantiers lancés par chaque promoteur mais également par l’aménageur. Celui-ci l’a déjà inscrite dans le marché VRD de la 1ère phase de travaux de la ZAC : une personne a ainsi été embauchée en intérim. Le choix des entreprises pour la réalisation des travaux de VRD a pour l’instant favorisé le recours à une main d’œuvre locale.

L’entretien du site sera effectué, via l’association APEER (Association pour l’éducation et la réadaptation), par des personnes en situation de handicap.

DEVELOPPEMENT DES FILIERES

Dans l’animation du quartier durable, il est prévu de communiquer sur les AMAP afin d’inciter les habitants et les usagers à recourir aux circuits courts et à soutenir l’économie et l’agriculture locale. Plus largement, le quartier s’inscrit dans l’action menée par SNA sur la valorisation des circuits courts (identification des producteurs locaux, avec un listing accessible). Une communication sur les circuits courts existants est envisagée, et la création d’espaces d’auto production initiée (avec l’intervention de l’association des incroyables comestibles).

PROGRAMMATION DES EQUIPEMENTS PUBLICS ET PRIVES

Le quartier Fieschi se veut multifonctionnel. Il concentre dans un périmètre de moins de

500m de diamètre les fonctions résidentielles, économiques, commerciales, de loisirs, sanitaires, sociales et de transport nécessaires à la vie quotidienne des habitants et des usagers. Les fonctions développées dans le quartier renforcent et complètent les fonctions du territoire de la Cape suivantes :

-résidentielles avec la création de nouveaux logements diversifiés répond aux objectifs du PLH de SNA d’accueillir de nouveaux habitants et de loger les ménages du territoire de façon adaptée à leurs besoins, notamment en logement intermédiaire,

– de loisirs avec la création d’espaces verts urbains d’échelle communale actuellement peu nombreux sur Vernon,

– sanitaires avec la création d’une offre médicale aujourd’hui absente sur le département à travers la construction d’une clinique permettant de gérer les cas de dépressions peu aiguës, et d’un pôle santé de proximité)

Les futurs équipements publics doivent encore faire l’objet d’études de programmation. Leurs modes constructifs et de chauffage prendront en compte les enjeux énergétiques du projet, et notamment l’une des conclusions de l’étude énergétique de 2013 qui fait émerger le potentiel de la ressource géothermique.

ACCES AUX SERVICES ET AUX EMPLOIS

Toutes les fonctions au sein du quartier seront accessibles en TC ou en mode actif. Dans la mesure du possible le quartier sera connecté aux secteurs environnants et aux pôles d’emploi via le réseau TC et aux cheminements doux existants ou à développer en conséquence.

VIE DE QUARTIER

Le nouveau quartier est un véritable morceau de ville avec des fonctions urbaines qui en feront un lieu de vie à toutes les heures de la journée : il sera animé par des déplacements nombreux liés aux promeneurs, enfants allant à l’école ou au collège (semaine, WE et vacances), aux employés des équipements, aux commerces de proximité et activités tertiaires, aux actifs partant et revenant de leur logement, aux visiteurs et patients de la clinique, aux personnes venant utiliser le petit pôle commercial,…

Les lieux dédiés à toutes ces activités participent à l’animation du quartier, d’autant plus qu’ils sont reliés entre eux par des espaces publics de qualité et verdoyants invitant à la balade. Les multiples placettes et parcs sont autant de lieux pouvant accueillir des évènements et des animations ponctuelles.

Les points innovants :

  • Capacité d’adapter le projet au besoin : création d’un jardin potager partagé
  • Etudes environnementales, paysagères et sur les risques identifiés approfondies et réalisées par des bureaux d’études spécialisés
  • Innovations sur le plan masse : Le Parc habité, travaillé jusque dans le détail. Ex : lien entre perspectives et matériaux, accès directs au parc.
  • Mise en valeur du patrimoine historique tout en assurant le renouvellement de la ville sur elle-même
  • Communication en amont sur les circuits courts et AMAP
  • Suivi des consommations d’eau
  • Réduction et d’adaptation de l’éclairage public pour préserver la faune nocturne

Critère n°5 : POTENTIEL DE RÉPLICABILITÉ

L’investissement fort des élus locaux dans le portage du projet depuis 2014 a donné un mouvement d’entraînement qui se ressent dans l’opinion (impact médiatique des « journées portes ouvertes sur les friches » en septembre 2015 par exemple), ou parmi les intervenants sur le site (bailleurs sociaux notamment, Siloge et Sécomile, fiers de leur contribution à la réussite du projet).

Siloge est d’ailleurs acteur de l’ÉcoQuartier du Quartier des Chênes à Grossoeuvre, labellisé en étape 3 en 2018 et de celui des Sentiers à LÉRY (Eure) labellisé en étape 2 en 2019.

Les 2 tranches suivantes  bénéficieront du retour d’expérience.

Formée aux affaires internationales et européennes entre l’Angleterre et la France dans le cadre d’un double diplôme Sciences-Po Lille / Université du Kent, Marion a débuté sa carrière en plaidoyer et relations institutionnelles des organisations non gouvernementales, dans le secteur du commerce équitable (Label Max Havelaar France). Ses expériences sont aussi en lien avec les territoires, avec un passage en coopération décentralisée à l’échelle d’un conseil départemental.

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Issue des sciences sociales, de l’histoire de l’art et de l’architecture, après diverses expériences dans la gestion de projets culturels et la production audiovisuelle, Camille a travaillé dans la communication au sein du groupe VINCI : depuis les grands projets à l’international jusqu’à La Fabrique de la Cité, think tank dédié à la prospective urbaine

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Carla DONCESCU

Diplômée d’un master 2 en Economie du Développement à Panthéon-Sorbonne, et actuellement en formation alternance du Master 2 Relation Internationale et Action à l’Etranger dans la même Université, c’est à travers ces différents prismes et ses expériences à l’internationale qu’elle approche les problématiques de villes et territoires durables.

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Manon EXBALIN

Diplômée d’un Master en sociologie de la communication, Manon a travaillé précédemment pour Greenpeace, la Mairie de Paris (en particulier pour venir en aide aux étudiants), et le Ministère de la Transition Ecologique (DGALN – Mission Communication).

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Géographe de formation (Université d’Etat de Saint-Pétersbourg), elle a débuté au poste de géographe économiste à l’Académie d’Économie Agricole (Russie), avant de poursuivre sa carrière en France, en tant qu’assistante administrative et comptable (Air Liquide, Association TGV Provence Côte d’Azur, COFHUAT, Groupe Hervé)

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Avant de rejoindre l’équipe FVD, il a occupé plusieurs postes dans la gestion des collectivités  locales. Allant d’élu et adjoint au maire de sa ville natale Besançon, chargé des relations universitaires et de la coopération internationale puis Directeur du Développement économique de la Ville de Pantin, pour ensuite être directeur de cabinet à Montreuil où il a notamment piloté la refonte en profondeur du projet urbain vers davantage d’écologie et de développement durable, Il continue son parcours en tant que Haut Responsable de la Résilience de la Ville de Paris.

Il promeut une vision holistique et systémique du développement durable et apporte son expérience/expertise en résilience territoriale et en transition écologique et sociale.

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