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Réaménagement du boulevard Aubanel à Miramas

Une réalisation proposée par SUEZ Consulting

Bâtiments Conception Économie durable Management et gouvernance Réseaux

Contributeur

Référent :  Sébastien Bécue
Contact : 

Descriptif

La promenade Aubanel consiste à transformer une 2x2 voies d’entrée de ville en une 2x1 voie en maximisant la désimperméabilisation de la voirie et en la transformant en une voie verte en centre urbain.
Le projet a fait l'objet d'une optimisation environnementale sur 6 axes : la gestion de l'eau, les économies d'énergie, la biodiversité urbaine, l'économie circulaire, la mobilité douce, l'adaptation au changement climatique.

L’excellence environnementale est ainsi déclinée :

  • gestion de l'eau : La désimperméabilisation du boulevard a concerné plus de 8.000 m². La gestion alternative des eaux pluviales a également été mise en œuvre avec une déconnexion partielle de la voirie du réseau d'eaux pluviales de la commune et la réalisation de bassins d'infiltration dimensionnés pour une pluie de retour 50 ans.

 

  • économies d'énergie : Au-delà des lanternes à LED, l'éclaircissement des revêtements a permis de réduire de 30% supplémentaire la puissance installée pour l’éclairage de la voirie pour une performance lumineuse égale

 

  • biodiversité urbaine : Avec la conservation des alignements de pins parasol, de platanes, la plantation de plus de 38.000 nouveaux plants de toutes tailles et l'installation d'abri à insectes permet de créer un véritable écosystème urbain. La zone d’éducation à la nature comprenant un jardin botanique et un jardin des oiseaux appuie cette démarche

 

  • économie circulaire : la réalisation de bancs et de murs en terre crue a permis d’éviter l’évacuation de 1.200 m3 de matériaux argileux, impropres à l'usage en remblai de voirie
    mobilité douce : la création d’une voie verte de 800 mètres indépendante de la circulation générale qui permet l’accès au centre-ville et participe au maillage modes doux du quartier
    l'adaptation au changement climatique : la création d'un parc urbain renforcant les plantations existantes et le choix de revêtements drainants possédant un albédo moins élevé permet de renforcer l’effet d’îlot de fraicheur et la résilience des plantations.
Thématiques : 
  • Rénovation / Réhabilitation
  • Milieux naturels et aquatiques, biodiversité
  • Économie circulaire
  • Budgets carbone / Transition
  • Grand cycle de l'eau
Échelle : 
  • Quartier

Fiche d'identité

marker  Provence-Alpes-Côte d'Azur / Miramas
Type de territoire : 
  • > 20 000 < 100 000 habitants
Date de livraison :  01/11/2019
Coût du projet :  4 000 000€
Maîtrise d'ouvrage :  EPAD Ouest Provence
Maîtrise d'oeuvre :  CYCLEA - SUEZ Consulting - JNC Agence Sud
Partenaires associés :  LAQUET - EIFFAGE TP

Distinctions

Concours / récompenses :  Prix Infrastructures pour la Mobilité, Biodiversité et Paysages avec la Mention spéciale du jury - Capitales françaises de la Biodiversité

Évaluation du projet*

sur la base du déclaratif du contributeur

Critère n°1 : SOBRIÉTÉ

Le projet de réaménagement a permis la désimperméabilisation des sols notamment en mettant en place une gestion de l’eau pluviale à l’échelle du site, sur un cycle naturel. Les solutions mises en œuvre sont :

– Désimperméabilisation de la voirie avec un revêtement en sable stabilisé et la végétalisation de l’ancienne voirie ;
– Un stationnement longitudinal a été réalisé en mélange-terre pierre recouvert de GNT ;
– Une gestion alternative des eaux pluviales : exécution des bassins permettent l’infiltration directement dans la nappe.

Les propriétés drainantes très importantes des matériaux choisis, et l’exécution des bassins contribuent à la reconstitution du cycle naturel de l’eau en favorisant son infiltration in-situ.

Ces solutions permettent de répondre efficacement aux enjeux de résilience des réseaux d’eaux pluviales de la collectivité en cas d’épisode de fortes pluies. Elles contribuent également à la lutte contre les îlots de chaleur urbains, classiquement rencontrés dans les entrées de villes.

L’emploi de matériaux issus de l’économie circulaire a été privilégiée. Les solutions mises en œuvre sont :
– des ouvrages en terre crue (murs et bancs) construits avec la terre du site et des ouvrages en galets issus du site ont permis d’éviter de conséquent des volumes (1200 m3 x2 environ) de matériaux à évacuer et à livrer sur le chantier, et par conséquent éviter des émissions de C02.
– les enrobés ont été éclaircis par rapport à un aménagement traditionnel pour permettre d’abaisser le niveau d’éclairement nocturne.
– la base d’une des chaussées existantes a été conservée (pas de terrassement en profondeur), seul le revêtement de surface a été refait.
Éviter la mise en décharge des matériaux issus de la déconstruction de site allonge leur cycle de vie et préserve des ressources naturelles non renouvelables, un des enjeux principaux de l’économie circulaire qui vise à augmenter l’efficacité de l’utilisation des ressources.

Le projet prévoit un éclairage LED directionnel qui réduit la consommation énergétique de l’équipement ; ces dispositions ont été optimisées grâce à l’usage d’un revêtement plus clair qui permet de dépenser 30% de moins d’énergie. L’albedo est par ailleurs multiplié par 2,7.

Le réseau de noues de collecte des eaux pluviales est connecté :
– Aux arbres et plantations,
– Au canal d’irrigation de Miramas

La gestion de l’arrosage en période estivale est donc gérée avec de l’eau brute disponible à proximité du site et non de l’eau de ville.

Les espèces végétales sont locales, méditerranéennes, et elles ont été positionnées dans l’espace public en fonction du gradient de collecte des eaux pluviales. Les plantes les plus gourmandes en eau ont été placées proches de l’exutoire des réseaux (noues de collecte) et les plus résistantes dans les jardins méditerranéens moins irrigués par le réseau de collecte.

Critère n°2 : INCLUSION

La démarche de projet initiée par la maîtrise d’ouvrage est guidée par une volonté de penser l’aménagement de manière globale. Le projet d’aménagement des espaces publics de la ZAC de la Péronne pose les bases de la constitution d’un véritable quartier durable à vocation multiple : développement économique, habitat, espaces de loisir, de travail, de rencontre ; des lieux où le cadre de vie est aménagé pour se sentir bien dans sa ville et son quartier. C’est un nouveau morceau de ville.

Dans cet esprit, la ville de Miramas, l’épad et l’équipe d’architectes, de paysagistes et d’ingénieurs a travaillé pour co-concevoir un projet d’aménagement urbain durable. Au travers d’une conception écologique érigée en système, l’ensemble des éléments de l’environnement, dans sa complexité et sa complémentarité, est pris en compte. La mission doit aboutir à la réalisation d’un projet structurant, technique et dans un contexte financier maîtrisé

Offrir de nouveaux espaces urbains pour de nouveaux usages :

Les enjeux principaux : Les espaces urbains ont donné ces dernières décennies une place prépondérante à la mobilité automobile au détriment de la qualité d’espace de rencontre sociale qualitative avec des trottoirs souvent inexistants dans les entrées de villes. L’usage systématique de la voiture a ainsi alors été induite ce qui ne favorise pas les rencontres, ni l’exercice physique.

Les solutions mises en place : Les riverains et les usagers bénéficient d’ un espace urbain dédié aux piétons et aux modes doux de transports au bénéfice d’une activité en extérieur avec :
– une promenade piétonne large et ombragée ;
– un jardin pédagogique (senteurs, biodiversité faune et flore) le long des habitations qui sont en partie des cités des années 70;
– un espace d’évènement pour les associations de quartier.

Le projet de promenade Aubanel reconnecte les habitants, de toutes classes sociales confondues (taux de pauvreté à Miramas de 20% de la population en 2018 et 41% des ménages sont imposés), à la nature et des modes de déplacements actifs.
Il est la première pierre de la connexion verte depuis le quartier de la Gare SNCF vers le Stadium Miramas Métropole.

Le projet a été plébiscité par les habitants.
Les marques de réussite sont l’acceptabilité au moment de la concertation et l’appropriation de ces nouveaux espaces par les promeneurs, vélo…

Critère n°3 : RÉSILIENCE

Contribuer à l’atténuation des effets du changement climatique et à son adaptation :

Les enjeux principaux :
L’aménagement d’un parc arboré au cœur d’un îlot urbain, en réduisant des surfaces minéralisées, permet d’abaisser la température dans les rues adjacentes. Avec la conservation des alignements de pins parasol, de platanes et la plantation de 50 nouveaux arbres, le projet participe à renforcer l’effet d’îlot de fraicheur.
Le choix de revêtements drainants et possédant un albédo plus élevé que les enrobées classiques participent également à la lutte contre les îlots de chaleurs urbains.

Le réseau d’assainissement pluviale est saturé et ne fait plus face aux pluies intenses. Les solutions mises en œuvre reconstituent le cycle naturel de l’eau et évitent ainsi de reconstruire ou redimensionner le réseau.

Les solutions mises en œuvre :
– Création du parc urbain ;
– Revêtements drainants avec un albédo plus élevé que les enrobés classiques ;
– Déconnexion du réseau pluvial et infiltration des eaux.
Utilisation responsable des ressources :
L’utilisation responsable des ressources a été une démarche structurante du projet, développée sous 3 axes :
1 – la mise en place d’une économie circulaire à l’échelle du chantier ;
2- redonner à l’eau son cycle naturel ;
3- contribuer à la réduction de la consommation d’énergie électrique.

Le projet situé dans un climat méditerranéen a pris en compte la vulnérabilité face aux îlots de chaleur urbain qui sont courants dans les aménagements d’entrée de ville. L’approche a été axée sur le développement de la biodiversité urbaine.

Les solutions mises en œuvre sont :
– Préservation de la végétalisation existante en conservant les arbres existants du site ;
– Renforcement de la trame verte avec la plantation de plus de 38.000 plants de toutes tailles, dont des plantes mellifères ;
– Réalisation d’une zone d’éducation à la nature : un jardin botanique, un jardin des oiseaux et des abris pour les insectes pour assurer le respect des espaces réalisés par les usagers de la promenade ;
– Diminution de la pollution lumineuse avec un éclairage LED directionnel et réduit grâce à l’usage d’un revêtement plus clair.

La préservation de la biodiversité fait partie intégrante de la réduction des nuisances environnementales. La préservation de la végétation existante favorise l’atténuation des impacts de l’infrastructure en préservant la qualité paysagère.

La réalisation d’une zone d’éducation à la nature sensibilise les habitants et les enfants à la place de ces animaux dans nos environnements, et permet de réinsérer ces espèces dans un milieu urbanisé.

La diminution de la pollution lumineuse favorise également la richesse de l’écosystème constitué avec la faune nocturne.

 

Le projet adresse un nombre important d’enjeux (préservation des ressources, îlots de chaleur urbains, promotion de la nature en ville…) qui sont donc le reflet d’une vision intégrée.

Critère n°4 : CRÉATIVITÉ

NC

Eclairage sur enrobés clairs (cf. ci-dessus).
Utilisation de la tranché drainante avec ballaste comme anti-racine pour résoudre le problème de dégradations de la chaussée par les racines des pins centenaires

Critère n°5 : POTENTIEL DE RÉPLICABILITÉ

La démarche de ce projet est réplicable dans une majorité des entrées de ville ou des grands boulevards urbains, à condition d’une volonté politique forte de diminuer la place de la voiture en ville en faveur des mobilités actives et du retour de la nature en ville.

Formée aux affaires internationales et européennes entre l’Angleterre et la France dans le cadre d’un double diplôme Sciences-Po Lille / Université du Kent, Marion a débuté sa carrière en plaidoyer et relations institutionnelles des organisations non gouvernementales, dans le secteur du commerce équitable (Label Max Havelaar France). Ses expériences sont aussi en lien avec les territoires, avec un passage en coopération décentralisée à l’échelle d’un conseil départemental.

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Issue des sciences sociales, de l’histoire de l’art et de l’architecture, après diverses expériences dans la gestion de projets culturels et la production audiovisuelle, Camille a travaillé dans la communication au sein du groupe VINCI : depuis les grands projets à l’international jusqu’à La Fabrique de la Cité, think tank dédié à la prospective urbaine

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Carla DONCESCU

Diplômée d’un master 2 en Economie du Développement à Panthéon-Sorbonne, et actuellement en formation alternance du Master 2 Relation Internationale et Action à l’Etranger dans la même Université, c’est à travers ces différents prismes et ses expériences à l’internationale qu’elle approche les problématiques de villes et territoires durables.

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Manon EXBALIN

Diplômée d’un Master en sociologie de la communication, Manon a travaillé précédemment pour Greenpeace, la Mairie de Paris (en particulier pour venir en aide aux étudiants), et le Ministère de la Transition Ecologique (DGALN – Mission Communication).

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Géographe de formation (Université d’Etat de Saint-Pétersbourg), elle a débuté au poste de géographe économiste à l’Académie d’Économie Agricole (Russie), avant de poursuivre sa carrière en France, en tant qu’assistante administrative et comptable (Air Liquide, Association TGV Provence Côte d’Azur, COFHUAT, Groupe Hervé)

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Avant de rejoindre l’équipe FVD, il a occupé plusieurs postes dans la gestion des collectivités  locales. Allant d’élu et adjoint au maire de sa ville natale Besançon, chargé des relations universitaires et de la coopération internationale puis Directeur du Développement économique de la Ville de Pantin, pour ensuite être directeur de cabinet à Montreuil où il a notamment piloté la refonte en profondeur du projet urbain vers davantage d’écologie et de développement durable, Il continue son parcours en tant que Haut Responsable de la Résilience de la Ville de Paris.

Il promeut une vision holistique et systémique du développement durable et apporte son expérience/expertise en résilience territoriale et en transition écologique et sociale.

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