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Projet d’aménagement métropolitain du Cadran Solaire – La Tronche

Une réalisation proposée par ADEME

Bâtiments Conception Économie durable

Contributeur

Référent :  Anne Laure Magani, Directrice de projets urbains - Grenoble Alpes Metropole
Contact : 

Descriptif

Ancien hôpital militaire de Grenoble devenu Centre de Recherche des Santés des Armées (CRSSA), le site du Cadran Solaire fait l’objet depuis 2015 d’un projet de renouvellement urbain. Véritable opportunité foncière, ce terrain de 3 ha environ idéalement situé, constitue un enjeu prédominant dans le futur aménagement de la commune de la Tronche et de la Métropole.
Le projet du Cadran Solaire vise à créer un quartier mixte, comprenant :

  • Des logements pour répondre à une demande importante et au déficit en termes de logements sociaux (40% logements sociaux, 7% Accession sociale)
  • Une résidence et brasserie universitaire à proximité immédiate de la faculté de médecine et du CHU,
  • Un centre de recherche en santé intégrative et hôtel d’entreprises en lien avec la filière santé,
  • Des services.

Le projet prévoit la connexion de ce secteur à son environnement par de nouvelles ouvertures et liaisons modes actifs, et offrant des espaces publics de qualité autour d’un grand parc urbain.
Il s’inscrit également dans la riche histoire du site, en conservant la trame urbaine de l’hôpital, les emprises de bâtiments pour créer des jardins de pluie, les alignements d’arbres et quelques bâtiments emblématiques.
La mutation des lieux est l’occasion d’enclencher un nouveau cycle de vie pour une pièce urbaine : il s’agit d’abord de transformer un site enclavé et protégé en un nouveau fragment de ville en créant un milieu actif puis de considérer ce territoire comme une matière vivante. Fabriquer un territoire favorisant l’organisation des échanges internes, via la notion d’intensité, d’unité, le confort de vie et l’atmosphère des lieux.
Le projet d’aménagement répond à des enjeux :

Economiques :

  • Mixité des fonctions et des usages : diversité des activités économiques et sociales sur le site et partage d’usage,
  • Tendre à l’autonomie énergétique,
  • Réduction des volumes et coûts des ressources utilisées : eau, énergie, déchets pour tous les acteurs.

Social :

  • Mixité des publics : habitants, salariés, étudiants, riverains, etc.
  • Intégration des modes de vie et des modes de faire par une gouvernance inclusive de tous les acteurs du site, créatrice de lien social,
  •  Accessibilité aux services de la vie quotidienne et à la mobilité urbaine,
  • Optimiser le confort de l’habitat : agencement bioclimatique,
  • Créer du lien social et intergénérationnel par une offre diversifiée de logements et la création d'un lieu d'attractivité de la commune.

Environnemental : Réduire l’impact environnemental

  • La préservation de la biodiversité arborée et d’un patrimoine,
  • La déconstruction en chantier propre FFB,
  • La récupération et le réemploi de matériaux,
  • La transformation : concept du « mur habité » et de « jardins de pluie »,
  • La mutualisation et gestion intégrée des eaux pluviales : zéro rejet,
  • L’Eco conception et ACV des bâtiments : filière courte : bois,
  • Le tri sélectif, recyclage et valorisation énergétique,
  • La fabrique d’un « territoire habité » sans voiture.

En termes de réalisation à ce jour, l’une des dimensions particulièrement innovante est celle de la déconstruction sélective avec un objectif de réemploi des matériaux à la fois in situ et hors situ. Cette ambition a été travaillée à toutes les phases de l’opération : la conception du projet et la mise en œuvre par la recherche de nouveaux modes de contractualisation et de nouveaux partenariats et la montée en compétence de différents corps de métiers.
Se fondant sur l’éco exemplarité de la maitrise d’ouvrage publique et menée de manière empirique et expérimentale, cette opération transforme profondément les modes de faire des collectivités et des professionnels de la déconstruction et de la valorisation des déchets et emporte dans son sillage la structuration de nouvelles filières de réemploi.

 

Thématiques : 
  • Matériaux
  • Rénovation / Réhabilitation
  • Aménagement
  • Renouvellement urbain
  • Économie circulaire
Échelle : 
  • Quartier

Fiche d'identité

marker  Rhône-Alpes / La Tronche
Type de territoire : 
  • < 20 000 habitants
Surface bâtie :  30 000m² SDP environ
Coût du projet :  10 M€HT
Maîtrise d'ouvrage :  Grenoble Alpes Métropole, Concession d’aménagement SPL Sages
Maîtrise d'oeuvre :  Equipe de maitrise d’œuvre urbaine (mandataire) : Lipsky + Rollet Architectes
Partenaires associés :  Ville de la Tronche, EPFL-D, Université Grenoble Alpes, CROUS, SPL SAGES, CSTB

Distinctions

Labels / certifications :  Enjeu d’atteindre les objectifs de E3/C2 pour les futures constructions de logements.
Concours / récompenses :  Lauréate d’un appel à manifestation d’intérêt Ademe « Urbanisme et économie circulaire » en 2017.

Évaluation du projet*

sur la base du déclaratif du contributeur

Critère n°1 : SOBRIÉTÉ

Le projet prend en compte dès sa conception cette question, en s’appuyant sur la trame urbaine existante et son mur en pierres périphérique.
Dans le projet, le mur évolue et fait l’objet d’une attention particulière ; il devient un objet multi-fonctions : mur -terrasses, mur-jardins, mur paysage, mur-socle. Il s’épaissit pour y concentrer différents usages (garer sa voiture et son vélo, accès, locaux communs, …)
Une pièce urbaine réservée aux modes actifs : le parti urbain avec une majorité de construction en périphérie, qui exclut la voiture à l’intérieur de l’ilot hormis pour des besoins de sécurité, permet de proposer un parc urbain en pleine terre, support d’usages partagés (détente, déambulation, jardins partagés, jeux, accueil petit évènementiel,…)
Ce parc urbain constituera un des maillons de la trame verte qui relie plusieurs parcs et espaces publics plantés présents sur le territoire de la commune de La Tronche.
En termes de surface, la parcelle initiale comprenait, outre l’implantation du bâti 15 000m² d’enrobés et offrait 5 500 m² de pleine terre. Le projet permettra d’en proposer 15 500m² environ, soit plus de 50% de la surface.
Dans le parc urbain, un espace est réservé aux cultures potagères, et il est demandé aux constructeurs des propositions de terrasses à usage partagés (jardin,…) Les eaux pluviales étant une ressource, au sens large du terme, le principe est de mutualiser la gestion des EP à l’échelle du site sans rejet au réseau. L’eau est valorisée sous forme de jardins de pluie (voire de bassins d’agrément) avant d’être infiltrée dans le sol.

Le projet d’aménagement propose le réemploi de matériaux (pierres, briques, bois) in situ pour les aménagements extérieurs et la valorisation du mur.
Pour les constructions neuves, les fiches de lot prévoient des prescriptions environnementales adaptées à la typologie des bâtiments. (ci-dessous extrait fiche de lot Lipsky Rollet)
Pour les logements et le CROUS : Objectif E3/C2 – référentiel E+C-
Empreinte Carbone
Un niveau C2 avec utilisation de systèmes constructifs bois avec isolation bio sourcée, menuiseries bois ou bois-alu, et interdiction d’emploi du PVC au sol dans les logements.
Ce choix contribue au développement de la filière locale bois.

Pour les constructions neuves, les fiches de lot prévoient des prescriptions environnementales adaptées à la typologie des bâtiments. (ci-dessous extrait fiche de lot Lipsky Rollet)
Pour les logements et le CROUS : Objectif E3/C2 – référentiel E+C-
Bilan énergétique
Le projet du Cadran Solaire profite de l’accès au réseau de chaleur classé de la Compagnie de Chauffage Urbain de l’Agglomération Grenoble-Alpes qui est un réseau déjà fortement décarboné (2018 : 65% d’ENR et 143 gCO2/kWh) prévoyant une amélioration sensible dans la prochaine décennie (2030 : 85% d’ENR et 70 gCO2/kWh).
Conception bioclimatique
Une enveloppe isolante de qualité minimisant les ponts thermiques linéiques et les déperditions de chaleur ponctuelles dues à des défauts d’étanchéité à l’air.
De grandes ouvertures permettant d’optimiser les apports solaires en période froide et de maximiser la lumière naturelle dans les espaces habités pour minimiser les consommations électriques d’éclairage artificiel
Des dispositifs de protections solaires très efficaces permettant de se prémunir contre les apports solaires des périodes chaudes (casquettes débordantes fixes, brise-soleil orientables (BSO), screens haute performance disposés devant les vitrages) tout en laissant pénétrer la lumière naturelle.
Des plans d’appartements et des équipements de protection anti-intrusion devant les baies favorisant la ventilation naturelle traversante (exemple : éviter les volets roulants à lames fixes bloquant les flux d’air nocturnes).
Mise en place d’une inertie suffisante pour déphaser les échanges thermiques entre la nuit et la journée (favoriser les dalles actives à basse température).
Une capacité de réaction rapide des systèmes afin d’adapter l’enveloppe des espaces habités aux variations climatiques (thermique, hygrométriques et aérauliques) désormais journalières.
La présence d’espaces intermédiaires permettant de dilater ou restreindre les espaces de vie en fonction des variations climatiques (loggias ou balcons protégés, rooftops accessibles, coursives et escaliers extérieurs…)
La présence importante de végétation jouant un rôle dans le maintien du confort d’été par évapotranspiration.
Des enveloppes 100% actives capables de récolter l’eau de pluie, de favoriser le développement de la biodiversité, de produire de l’électricité à partir de l’énergie solaire et éolienne, de filtrer les particules fines pour assurer une bonne qualité de l’air.
L’anticipation de systèmes de rafraîchissement (ou au moins la possibilité de les installer à terme) pour se prémunir contre les risques pour la santé que font encourir les périodes caniculaires dont la probabilité est très élevée dans la cuvette grenobloise (stagnation d’air chaud durant les nuits d’été). Les projets doivent notamment prendre en compte les risques encourus par les personnes fragiles sensibles aux « coups de chaud » telles que les personnes âgées et les enfants en bas âge. L’hypothèse de mutualisation des sources de froid locales (UGA + CROUS) est à creuser pour proposer des solutions de secours permettant de faire face à des situations de crise.
Production d’ENR : obligatoire dans le PLUi
Le projet du Cadran Solaire présente des orientations cardinales très favorables pour réaliser une maximisation de la production d’énergie renouvelable d’origine solaire. Les toitures des bâtiments implantés sur la périphérie du site (au-dessus du mur habité) sont exemptes de tout masque imposé par des bâtiments voisins et disposent d’un horizon ouvert sur 180°de l’azimuth 45°(direction Est) à l’azimuth 270° (direction Ouest).

En termes d’espaces extérieur, le choix des végétaux est orienté vers une gestion raisonnée.
La conception bioclimatique des logements doit permettre d’avoir des dispositifs simples d’utilisation et des matériaux durables.

Critère n°2 : INCLUSION

Une première démarche de concertation règlementaire s’est déroulée en 2016, lors de la conception urbaine et environnementale du projet. Les participants ont pu visiter le site, échanger avec l’équipe-projet et faire émerger des préconisations au fil d’une série d’ateliers participatifs et de réunions publiques. C’est également lors de cette démarche qu’a été voté par les Tronchois le nom du « Cadran Solaire » pour ce projet sur l’emplacement de l’ex-CRSSA («Centre de Recherche Service Santé des Armées»).
Dans la continuité de cette démarche, et dans le cadre d’une concertation volontaire et non réglementaire, un appel à volontaires a été mené auprès des riverains pour constituer un groupe de travail, appelé « L’Atelier du Cadran », afin de travailler sur la question des usages souhaités demain sur le site du Cadran Solaire. Ce dispositif a abouti à la co-construction d’un cahier citoyen de préconisations d’usages, remis aux élus et à l’équipe-projet lors d’un évènement festif sur site en juin 2019. Ce cahier a ensuite été annexé au dossier de consultation pour la maîtrise d’œuvre des espaces publics.
Une réunion de restitution du projet d’aménagement des espaces publics et une visite de chantier sont en cours de programmation à l’attention de « L’Atelier du cadran ».
Lors de la phase de préparation de chantier, une foire aux végétaux a été organisée pour permettre aux habitants de récupérer des végétaux à replanter.
Il est envisagé de poursuivre cette démarche au fil de la réalisation du projet, en s’appuyant sur des d’évènementiels participatifs visant à d’une part; à faciliter la cohabitation des différents publics concernés et d’autre part à les impliquer par le « faire » autour d’une thématique « Ressources : eau, énergie, déchets, production agricole » dans le but d’un accompagnement au changement des comportements individuels et collectifs.

La mixité est au cœur du projet d’aménagement de ce nouveau morceau de ville :
La mixité programmatique est une donnée propice à la création d’une dynamique, selon une logique d’insertion dans la cité et de liaison avec le tissu urbain existant.
La mixité des publics (salariés, étudiants, chercheurs, habitants, étudiants, riverains, employés communaux,….)permet l’intégration des modes de vie et de faire par une gouvernance inclusive de tous les acteurs du site, créatrice de lien social.
Une attention particulière est portée à la mixité sociale avec une dimension intergénérationnelle que pourront favoriser l’offre de logement diversifiés (habitat privé, logement social, logements adaptés, résidence étudiante, pension de famille pour personnes vulnérables) et un aménagement des espaces publics qui réponde aux besoins de tous.
Habiter un territoire, c’est disposer de toutes les fonctionnalités permettant d’y séjourner dans les meilleures conditions. L’organisation proposée se développe à partir des caractéristiques physiques du lieu et tire parti de la mixité programmatique. Le projet urbain doit permettre aux habitants de pratiquer les activités de la vie quotidienne dans un environnement agréable et confortable.
De même le projet doit permettre aux étudiants, et aux universitaires de bénéficier des facilités et mobilité de la vie urbaine pour que le tempo propre à la recherche et à l’étude soit effectif.
Pour l’université, l’ambition est de faciliter la pluridisciplinarité entre universitaires, chercheurs, doctorants, étudiants et industriels. Le projet doit rendre le territoire capable de contribuer à ce que les rencontres, soient des moments d’échanges enrichissants et productifs. La diversité des atmosphères extérieures paysagères privilégiée dans le projet joue aussi un rôle majeur.

Le projet a permis l’implantation d’une pension de famille dans un des anciens bâtiments du site. Il s’agit d’un projet porté par « Habitat et Humanisme » de 23 petits logements avec des lieux de vie collectifs destinés à des personnes en grande difficulté. L’accompagnement quotidien par des bénévoles et responsables de maison salariés, par les travailleurs sociaux, améliore le bien-être de nos résidents et favorise le retour à leur autonomie.
Une centaine de logements étudiants sont prévus ainsi que des logements sociaux (40%) dont des logements adaptés aux personnes âgées.
Une attention toute particulière demandée aux constructeurs sur la prise en compte de la dimension intergénérationnelle.

En phase de conception du projet et lors de la concertation de 2019, le travail de l’Atelier du Cadran (groupe de travail constitué de riverains) a permis de mettre en évidence les besoins espaces publics et partagés : espaces récréatifs, espaces potagers, mobilier pour travailler en extérieur, supports d’art dans la ville, etc..
A ce jour, le projet est en phase de réalisation et ne permet pas de retour. Des dispositifs d’accompagnement à l’entrée dans les logements seront mise en place, ainsi qu’une évaluation avec la prise en compte du retour usagers.

Critère n°3 : RÉSILIENCE

De nombreux diagnostics préalables ont été réalisés et ont conduit à l’élaboration d’un projet le plus adapté possible aux enjeux environnementaux, sociaux et économiques. C’est dans l’essence même de l’opération d’aménagement du Cadran Solaire que d’intégrer pleinement les contraintes du site et de se baser sur ces invariants pour concevoir un projet cohérent et novateur à la fois.
Plusieurs éléments ont été considérés comme marqueurs pour la conception du projet :
– Les risques torrentiels et ruissellement
– Les questions climatiques, soleil, pluies et vent
– La trame végétale à l’échelle de la commune et la préservation des sujets structurants
– La valorisation de la trame urbaine et conservation de bâtiments
– La question du réemploi de matériaux
– La réutilisation des sous-bassement des bâtiments existants en jardins de pluie (zones végétalisées jouant le rôle de rétention des eaux pluviales)
– Le besoin de connecter ce secteur de la ville aux polarités existantes avec la création de nouveaux espaces publics et connexions
– La mixité des publics et des fonctions pour créer une dynamique de développement économique avec environ 400 emplois attendus ainsi qu’un environnement propice aux secteurs santé et universitaire.

Le diagnostic réalisé par la maitrise d’œuvre urbaine a été mené dans une démarche holistique ; elle appréhende la dimension environnementale (en intégrant les éléments naturels, l’eau, l’air, les végétaux), la mobilité, les dispositions architecturales, constructives et techniques du projet urbain, les fonctionnalités, comme un tout, pour fabriquer du confort de vie en milieu urbain.

Critère n°4 : CRÉATIVITÉ

A ce stade opérationnel, les expérimentations autour des végétaux ont permis de renforcer des partenariats avec la commune et un lycée agricole.
Une intervention artistique avec les habitants a été menée par la commune, qui s’est concrétisée par une exposition des productions des participants.
La déconstruction sélective et le magasin de chantier éphémère ont permis l’embauche de personnes en insertion et d’élargir le partenariat autour des matériaux de réemploi.
Le projet prévoit la mutualisation des besoins et le partage des usages qui sont des points majeurs du projet pour créer du lien social : accès de l’amphithéâtre universitaire à des manifestations communales ou associatives, mutualisation des parkings, activités de service pour les usagers dans les rez-de- chaussée des plots d’habitation (type conciergerie) et la programmation de services communaux dans un immeuble conservé.

En matière d’économie circulaire autour du réemploi des végétaux et des produits et matériaux, plusieurs initiatives sont pionnières avec de forts impacts écologiques et sociaux et ont fait appel à des outils et méthodes innovantes.
Afin de préserver la richesse de la biodiversité végétale et arborée du site, un inventaire des arbres et végétaux sur site a été réalisé en amont par un paysagiste pour identifier les arbres qui seront conservés sur le site dans le cadre du futur aménagement (une trentaine) et les végétaux pour une foire destinée aux habitants de la commune (140 unités) qui s’est déroulée le 12/10/19. Afin de mettre ces végétaux à disposition pour la foire, une expérimentation avec des élèves de l’école d’horticulture de Grenoble – St Ismier a été menée pour la préparation des végétaux avec l’appui des services techniques de la commune. Une cinquantaine d’habitants ont participé à la foire et ont témoigné leur satisfaction et ont salué l’initiative.
Concernant le réemploi des produits et matériaux, la MOU a sélectionné 4 bâtiments pour expérimenter une déconstruction sélective pour du réemploi. Au préalable, des inventaires ressources « gros œuvre » et « second œuvre » ont été réalisés pour planifier les étapes et la méthodologie de la déconstruction, le système de traçabilité et ont permis la réalisation de catalogues mis en ligne pour des prés commandes.
Des clauses spécifiques ont été intégrées aux marchés publics pour permettre cette expérimentation.
Une démarche innovante à grande échelle pour trouver des exutoires à ces produits et matériaux « La Batitec : magasin de chantier éphémère d’EcoMat’38 », ouvert à la vente à petit prix aux particuliers et professionnels tous les vendredis après-midi et samedis de mars à juillet 21.
En privilégiant le démantèlement et la vente sur le site qui évitent le transport, les produits sont traités comme de véritables ressources, de bonne qualité vendus en l’état. Grace à la mise en place d’un système de traçabilité exemplaire, chaque jour est comptabilisé, le tonnage déconstruit et le tonnage vendu. A ce jour, environ 50% des tonnes déconstruites ont été vendues.
Au niveau technique, la conservation des soubassements des bâtiments pour traiter la gestion des eaux pluviales mutualisée (bâtiments/espaces publics) en bassin de rétention/infiltration, évitant tout rejet au réseau va entrainer de nouvelles modalités de gestion à mettre en œuvre.
Dans le fonctionnement futur, les mutualisations de locaux nécessiteront de nouvelles modalités de mise en œuvre pour les constructeurs et les futurs occupants.

Critère n°5 : POTENTIEL DE RÉPLICABILITÉ

La démarche menée d’économie circulaire en urbanisme est novatrice pour le développement urbain. Elle se traduit par une approche intégrée des usages, des flux et des modèles économiques et repose sur une gouvernance inclusive et participative. Ce premier projet métropolitain ambitieux, mené de manière empirique grâce à l’investissement de nombreux acteurs, permettra par retour d’expériences et élaboration de « Bonnes Pratiques » de concevoir autrement les futurs projets d’aménagement urbain autour des principes de l’économie circulaire.
Un groupe de réflexion a été créé au sein de Grenoble-Alpes Métropole, qui réunit plusieurs directions telles que l’urbanisme et l’aménagement, la conduite de travaux, les déchets et la mission innovation publique. L’objectif est de pouvoir capitaliser sur cette expérience et d’infuser cette expérience apprenante au sein des autres projets métropolitains. A long terme, l’objectif serait de construire un protocole de coordination des chantiers de déconstruction et projets d’aménagement afin de pouvoir repérer les potentialités en matière de réemploi.
Depuis 2016, dans le cadre des programmes Ademe « TZDZG » et « CODEC » (Contrat Objectifs Déchets et Economie Circulaire), la direction des déchets travaille sur un plan d’action visant à une meilleure prise en compte de la gestion et valorisation des déchets de chantier.
Fondé sur le principe de l’éco exemplarité de la maitrise d’ouvrage publique, plusieurs écosystèmes locaux sont mobilisés pour à long terme faire entrer la construction dans l’ère des 5 R : Renoncer, Réduire, Réutiliser, Rénover, Recycler et à court/moyen terme : l’objectif est d’identifier les leviers d’action pour favoriser le réemploi et la réutilisation de ces produits et matériaux intra et inter-filières c’est-à-dire dans la filière construction durable et bas carbone mais aussi pour irriguer d’autres filières, celle du mobilier, du design , de l’événementiel, de l’artistique.
Pour le groupe de travail de la MOA publique avec les communes, les bailleurs, les administrations publiques, des formations à la rédaction des clauses dans les marchés publics ont été organisées, afin de systématiser les inventaires ressources, de les inciter à inscrire un AMO Réemploi pour le réemploi et la valorisation des déchets et permettre ainsi une meilleure traçabilité sur les exutoires. Une procédure de routine est en cours d’élaboration au sein de GAM.
Dans le même temps, la direction déchets accompagne un réseau local multi acteurs pour faire émerger et structurer une filière réemploi matériaux viable à l’échelle de GAM et participe à l’échelle régionale à la mise en place d’un réseau des matériauthéques en région AURA.
En effet, il est nécessaire de faire évoluer tous les maillons de la chaine du chantier de manière quasi simultanée pour que s’opèrent de réels changements dans les pratiques professionnelles des différents intervenants du chantier.
Le projet d’un petit film est actuellement en cours d’élaboration afin de capitaliser et partager cette expérience au travers d’interviews des multiples acteurs du projet (conception du projet d’aménagement et phase de déconstruction)
L’économie circulaire est un enjeu pour la politique d’aménagement du territoire de la métropole. Des interventions opérationnelles sont envisagées via des cahiers des charges, de l’information et de la communication, des visites en cours et de formations à l’échelle de la métropole.

Formée aux affaires internationales et européennes entre l’Angleterre et la France dans le cadre d’un double diplôme Sciences-Po Lille / Université du Kent, Marion a débuté sa carrière en plaidoyer et relations institutionnelles des organisations non gouvernementales, dans le secteur du commerce équitable (Label Max Havelaar France). Ses expériences sont aussi en lien avec les territoires, avec un passage en coopération décentralisée à l’échelle d’un conseil départemental.

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Issue des sciences sociales, de l’histoire de l’art et de l’architecture, après diverses expériences dans la gestion de projets culturels et la production audiovisuelle, Camille a travaillé dans la communication au sein du groupe VINCI : depuis les grands projets à l’international jusqu’à La Fabrique de la Cité, think tank dédié à la prospective urbaine

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Carla DONCESCU

Diplômée d’un master 2 en Economie du Développement à Panthéon-Sorbonne, et actuellement en formation alternance du Master 2 Relation Internationale et Action à l’Etranger dans la même Université, c’est à travers ces différents prismes et ses expériences à l’internationale qu’elle approche les problématiques de villes et territoires durables.

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Manon EXBALIN

Diplômée d’un Master en sociologie de la communication, Manon a travaillé précédemment pour Greenpeace, la Mairie de Paris (en particulier pour venir en aide aux étudiants), et le Ministère de la Transition Ecologique (DGALN – Mission Communication).

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Géographe de formation (Université d’Etat de Saint-Pétersbourg), elle a débuté au poste de géographe économiste à l’Académie d’Économie Agricole (Russie), avant de poursuivre sa carrière en France, en tant qu’assistante administrative et comptable (Air Liquide, Association TGV Provence Côte d’Azur, COFHUAT, Groupe Hervé)

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Avant de rejoindre l’équipe FVD, il a occupé plusieurs postes dans la gestion des collectivités  locales. Allant d’élu et adjoint au maire de sa ville natale Besançon, chargé des relations universitaires et de la coopération internationale puis Directeur du Développement économique de la Ville de Pantin, pour ensuite être directeur de cabinet à Montreuil où il a notamment piloté la refonte en profondeur du projet urbain vers davantage d’écologie et de développement durable, Il continue son parcours en tant que Haut Responsable de la Résilience de la Ville de Paris.

Il promeut une vision holistique et systémique du développement durable et apporte son expérience/expertise en résilience territoriale et en transition écologique et sociale.

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