Mode sombre

« Ma résidence ? un exemple ! » Dispositif d’accompagnement des ménages à la sobriété énergétique dans 18 copropriétés écorénovées

Une réalisation proposée par Métropole de Lyon / direction environnement, écologie, énergie

Économie durable Management et gouvernance Réseaux Vie locale

Contributeur

Référent :  Anouk Desouches
Contact : 

adesouches@grandlyon.com

Descriptif

L’habitat et le tertiaire représentent à eux seuls plus de 50 % de la consommation finale d’énergie sur le territoire grand lyonnais. Pour accompagner les habitants à la réduction de leurs consommations énergétiques, la Métropole de Lyon a prototypé une méthode dans les copropriétés qui ont bénéficié du dispositif d’aides ECORÉNO’V.

En 2022, 18 copropriétés représentant plus de 2000 ménages sont ciblées. Au final ce sont 700 ménages accompagnés pendant une année complète au moyen d’une rencontre avec des ambassadeurs en porte à porte, d’un suivi téléphonique, de nudges individuels et collectifs, de la présence de volontaires en service civique en pied d’immeuble et de la promotion d’Ecolyo, une application « maison » permettant de suivre ses consommations d’électricité, de gaz et d’eau.

La finalité de cet accompagnement permet d’obtenir rapidement un engagement des ménages à la réalisation d’écogestes sur plusieurs thématiques (énergie, eau, déchets, consommations responsable, mobilité…). Un calculateur permet de convertir chaque écogeste associé à l’énergie en une économie réalisée sur sa consommation, en kWh, en € et en équivalent Carbone.

Thématiques : 
  • Consommation responsable
  • Participation citoyenne
  • Conduite du changement
  • Énergie
  • Grand cycle de l'eau
  • Transport de personnes
  • Renforcement du lien social et de la solidarité
Échelle : 
  • Bâtiment
  • Logement
  • Territoire

Fiche d'identité

marker  Auvergne-Rhône-Alpes / Lyon
Type de territoire : 
  • Métropole
Surface bâtie :  18 copropriétés de taille moyenne
Coût du projet :  200 000 € environ
Maîtrise d'ouvrage :  Métropole de Lyon
Maîtrise d'oeuvre :  E3D Environnement
Partenaires associés :  ALEC Lyon et Psykréa

Médias

Évaluation du projet*

sur la base du déclaratif du contributeur

Critère n°1 : SOBRIÉTÉ

Les kits de nudge envoyés par courrier aux habitants ont pris en compte une fabrication française, notamment pour les supports téléphoniques, incitant à éteindre son portable la nuit, réalisés en bois.

L’analyse ACV n’a pas été demandée mais c’est une suggestion que nous pourrions faire pour compléter l’analyse coût / bénéfice.

Le prestataire retenu étant basé à Aix en Provence, 95 % des échanges sont réalisés en visio. Leurs venues occasionnelles à Lyon s’effectuent en train. Par ailleurs, les ambassadeurs recrutés pour le premier porte à porte ainsi que le Chef d’équipe sont issus du territoire métropolitain, au plus près des copropriétés à couvrir. Ils se sont déplacés à vélo ou en transport en commun. Aucun véhicule thermique ni électrique n’a été loué pour le porte à porte. Les volontaires en service civique se déplacent en véhicule électrique ou en transport en commun.

Critère n°2 : INCLUSION

Ce projet fait intervenir 3 directions issues de délégations distinctes au sein de l’organigramme : direction environnement, écologie, énergie -direction de la prospective et du dialogue public, direction de l’habitat et du logement. Les partenaires prestataires (E3D Environnement, Psykréa) et relais (ALEC) sont impliqués dans tous les Comités techniques. Les représentants des habitants des copropriétés ont été associés au démarrage du projet au processus d’information à l’occasion d’une réunion animée par le Vice-Président en charge de l’énergie, du climat et de la réduction de la publicité et du Vice-président en charge de l’habitat, du logement et de la Politique de la Ville.

Les 2062 ménages ciblés ont été informés de cette opération par un courrier distribué dans les boites aux lettres, courrier signé par ces 2 mêmes VP. Les Conseils syndicaux des copropriétés seront à nouveau sollicités pour la présentation du bilan intermédiaire d’avancement de l’opération ainsi qu’en fin d’opération.

La répartition géographique des copropriétés a constitué l’un des critères principaux de choix des bâtiments, aussi bien à l’est, qu’à l’ouest et au sud de Lyon. Cette répartition permet d’obtenir une mixité sociale si l’on considère l’ensemble des ménages accompagnés. Par ailleurs, l’exhaustivité du porte à porte permet de toucher toutes les CSP, tous les âges, propriétaires et locataires.

Les populations dites vulnérables ne sont pas spécifiquement ciblées dans le cadre de cet accompagnement qui bénéficie à tous les ménages occupant les logements des copropriétés écorénovées.

L’analyse sur le retour d’expérience des usagers n’est encore pas disponible à ce jour. Néanmoins, la présence des volontaires en service civique et l’accompagnement téléphonique permet de recueillir quelques verbatim qui méritent d’être mis en avant :

 

Baptiste L, 47 ans, a décidé de régler son frigo entre 4 et 6°C

« Cette démarche est bonne mais il faudrait que la Métropole se regarde : par exemple éteindre les tours et les grues qui restent allumées toute la nuit. Ou d’autres petits gestes simples ! »

Frederic M, 52 ans, a décidé d’éteindre les appareils électriques

« Les autocollants pour penser à éteindre la lumière fonctionnent très bien. Je fais partie du comité syndical et on est en train de penser à l’installation de panneaux solaires pour la résidence. »

Rais B, 26 ans, éteint systématiquement la lumière

« J’aimerais faire davantage le tri du verre mais je ne trouve pas de poubelles de tri près de chez moi. »

Ines D, 33 ans, s’est engagé à acheter des produits éco-labellisés

« Je ne peux pas régler la température de mon chauffage car je suis en chauffage collectif. »

Mona A, 56 ans, s’est engagé à installer des mousseurs sur son robinet

« J’ai suivi vos conseils, j’éteints mon téléphone portable la nuit maintenant. »

Critère n°3 : RÉSILIENCE

Ce projet a été élaboré sous le précédent mandat politique, alors même que les notions de résilience n’étaient pas encore appliquées ni même bien comprises. Il a d’abord eté conçu pour pallier les éventuels risques d’effets rebond, dont le postulat psychosocial est que les habitants de ces copropriétés peuvent avoir tendance à lever le pied après avoir investi une somme financière importante dans des travaux. Il s’agit donc de pallier un risque comportemental. La finalité étant de réduire les consommations énergétiques, le levier financier peut être utilisé comme argument dans les messages transmis aux habitants.

La première étape du projet, conduite en 2019, a nécessité des outils de diagnostic psychosocial pour approcher au mieux les copropriétés et leur associer des méthodes d’accompagnement les plus adaptées à chaque copropriété. Cette approche, coûteuse et non exhaustive, n’a pas été reconduite en 2022 mais les enseignements de 2019 ont permis d’arrêter une combinaison de méthodes, pour toutes les copropriétés.

Critère n°4 : CRÉATIVITÉ

La phase de mobilisation des habitants a nécessité le recrutement d’un chef d’équipe et de plusieurs ambassadeurs qui ont réalisé le porte à porte. Ces recrutements, certes temporaires, ont été organisés à l’échelle du territoire lyonnais. Par ailleurs, les gestes proposés aux habitants, de manière répétée et de plus en plus engageante, peuvent les conduire, et c’est l’objectif, à se questionner plus globalement sur leurs modes de vie. En cela, les changements peuvent avoir un impact sur la consommation locale, la mise en lien entre les habitants d’une même copropriété… Des échanges humains peuvent naître de cette opération et favoriser une dynamique locale. La transversalité des thématiques abordées (mobilité, consommation, énergie, déchets, eau…) crée des passerelles cognitives qui poussent les habitants à se questionner et à s’ouvrir.

La combinaison des techniques d’accompagnement (porte à porte, téléphone, nudges et volontaires en service civique) est, en soit, une innovation puisque conduite nulle part ailleurs. Elle aboutit à un modèle innovant d’accompagnement des ménages.

 

La conversion de chaque écogeste en une économie d’énergie en kWh a nécessité un travail conséquent qui aboutit à un outil de calcul. Ce calculateur va permettre d’estimer, dans chaque copropriété, les économies réalisées au quotidien puisqu’implémenté dans les prochaines semaines dans l’outil de suivi de l’opération, le « dashboard ». Ces résultats, qui sont générés par des gestes « déclarés », pourront d’ici 2023, être confrontés aux données de consommation réelle, collectées auprès d’Enedis et de GRDF, à l’échelle de chaque bâtiment. Enfin, les habitants les plus sensibles aux questions d’energie, se verront proposés l’application Ecolyo qui permet d’une part de visualiser ses consommations en eau, en électicité et en gaz, et d’autre part d’aller plus loin sur la réalisation des écogestes qui sont proposés par Ecolyo. La complémentarité de ces 3 modes de visualisation des données énergétiques est en soit une innovation.

En termes de gouvernance, le fait que ce projet soit suivi par 3 directions de 3 délégations différentes et donc potentiellement par 3 Vice-Présidents, nous incite à travailler en mode itératif et à remettre continuellement en question notre organisation.

Critère n°5 : POTENTIEL DE RÉPLICABILITÉ

Dès la conception du projet, l’objectif de déploiement par la Métropole a été mis en avant pour ne pas dépendre d’un cadre d’achat contraignant, pour optimiser les coûts et pour répliquer la méthode à une échelle significative. En 2019, la méthode a été expérimentée sur 3 copropriétés. En 2022, ce sont 18 copropriétés qui font l’objet d’un prototypage.

Si l’on veut encore augmenter le nombre de copropriétés dans les années à venir sans passer par un marché classique, il est désormais possible d’internaliser en partie le service en confiant l’accompagnement à des agents de la Métropole ou à des structures relais. Des modules de formation sont désormais prévus par E3D pour que l’accompagnement puisse fonctionner en autonomie, sans passer par les salariés d’E3D.

Notre modèle d’accompagnement au changement peut s’appliquer à différentes thématiques associées à la transition et à la résilience, pas seulement aux économies d’énergie. Il est de ce fait réplicable et utilisable par d’autres services publics.

A propos de Nina Cardot

Étudiante à Sciences Po Paris, au sein du Master Stratégies Territoriales et Urbaines, Nina s’intéresse aux politiques publiques territoriales ainsi qu’aux enjeux de la transition écologique.

Dans le cadre d’un projet étudiant en Master 1, elle a travaillé avec l’Agence Nationale de l’Habitat (Anah) sur l’éco-conception dans la rénovation urbaine. Elle a ensuite pris une année de césure pour approfondir son expérience professionnelle en réalisant deux stages : le premier à la Ville de Paris où elle a participé à la mise en œuvre du premier plan de lutte contre la précarité énergétique. Le deuxième à l’Atelier Parisien d’Urbanisme (Apur) pour travailler sur la territorialisation de la santé publique.

Actuellement en Master 2, elle commence une alternance au sein de l’association France Villes et territoires Durables.

A propos de Solène Martin

Chargée de Mission, Groupe de Travail et Travaux. Étudiante à l’École Urbaine de Sciences Po Paris sur la transition écologique des villes.

A propos de Quentin Guillemot

Animé par les questions climatiques et les autres limites planétaires, Quentin se dirige vers un parcours sur l’aménagement du territoire à l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées. Son expérience dans les milieux associatifs, notamment à la Fresque du Climat, l’aident à mieux saisir les enjeux de la bifurcation écologique. Entre sa Haute-Savoie natale et sa ville de cœur, Rennes, où il a gagné en compétence sur les sujets de la mobilité et de l’agriculture durable, il pose aujourd’hui ses valises à Paris pour déployer les ateliers territoriaux de France Villes et territoires Durables dans tout le territoire.

A propos de Tara Goodwin

Diplômée d’une Licence de l’INALCO (Langues’O) en langue Hindi et bi-cursus Relations internationales – Humanités environnementales, Tara est actuellement étudiante en alternance du Master 2 Relations Internationales et Action à l’Étranger de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ses missions chez France Villes et territoires Durables s’inscrivent dans la lignée de ses expériences à l’UNESCO et au Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères, contribuant ainsi à son insertion professionnelle dans le domaine de la diplomatie environnementale et de la coopération internationale pour le développement.

A propos d'Isabelana Noguez

Diplômée du Master en Communication Numérique et Analyse de Données à la Sorbonne Nouvelle, Isabelana est une journaliste mexicaine. Elle a travaillé précédemment dans la communication et les relations presse dans le secteur culturel en France et au Mexique. Aujourd’hui, elle s’intéresse aux enjeux écologiques et aux actions et solutions pour préserver l’environnement et la biodiversité.

A propos de Marion Gonzales

Formée aux affaires internationales et européennes entre l’Angleterre et la France dans le cadre d’un double diplôme Sciences-Po Lille / Université du Kent, Marion a débuté sa carrière en plaidoyer et relations institutionnelles des organisations non gouvernementales, dans le secteur du commerce équitable (Label Max Havelaar France). Elle est aujourd’hui responsable de la communication et des affaires internationales de l’association.

A propos de Camille Waintrop-Boyon

Issue des sciences sociales, de l’histoire de l’art et de l’architecture, après diverses expériences dans la gestion de projets culturels et la production audiovisuelle, Camille a travaillé dans la communication au sein du groupe VINCI : depuis les grands projets à l’international jusqu’à La Fabrique de la Cité, think tank dédié à la prospective urbaine.
Carla DONCESCU

Diplômée d’un master 2 en Economie du Développement à Panthéon-Sorbonne, et actuellement en formation alternance du Master 2 Relation Internationale et Action à l’Etranger dans la même Université, c’est à travers ces différents prismes et ses expériences à l’internationale qu’elle approche les problématiques de villes et territoires durables.

Voir son profil Linkedin

Manon EXBALIN

Diplômée d’un Master en sociologie de la communication, Manon a travaillé précédemment pour Greenpeace, la Mairie de Paris (en particulier pour venir en aide aux étudiants), et le Ministère de la Transition Ecologique (DGALN – Mission Communication).

Voir son profil Linkedin 

Géographe de formation (Université d’Etat de Saint-Pétersbourg), elle a débuté au poste de géographe économiste à l’Académie d’Économie Agricole (Russie), avant de poursuivre sa carrière en France, en tant qu’assistante administrative et comptable (Air Liquide, Association TGV Provence Côte d’Azur, COFHUAT, Groupe Hervé)

A propos de Sébastien Maire

Avant de rejoindre l’équipe FVD, il a occupé plusieurs postes dans la gestion des collectivités locales. Allant d’élu et adjoint au maire de sa ville natale Besançon, chargé des relations universitaires et de la coopération internationale puis Directeur du Développement économique de la Ville de Pantin, pour ensuite être directeur de cabinet à Montreuil où il a notamment piloté la refonte en profondeur du projet urbain vers davantage d’écologie et de développement durable, Il continue son parcours en tant que Haut Responsable de la Résilience de la Ville de Paris.
Il promeut une vision holistique et systémique du développement durable et apporte son expérience/expertise en résilience territoriale et en transition écologique et sociale.
En 2024, il a été nommé Chevalier de l’Ordre national de la Légion d’honneur, en reconnaissance de son engagement de longue date en faveur de la transformation socio-écologique des territoires.