Mode sombre

La Ruche

Une réalisation proposée par Construction 21

Bâtiments Économie durable Management et gouvernance Vie locale

Contributeur

Référent :  Hugues Joinau
Contact : 

Descriptif

Le projet est une opération d’expérimentation sociale qui prend à bras le corps la notion d’ « expérimentale » pour qu’elle puisse s’inscrire dans une réalité compréhensible et accessible à tous les acteurs du projet, depuis sa conception jusqu'à sa réalisation et toute sa vie durant.

C’est un projet d’habitat collectif coopératif social, c’est-à-dire qu’il s’agit d’un groupe de personnes raisonnées constitué par cooptation pour mettre en commun leurs moyens afin de réaliser leur habitat. Les usagers bénéficient de l’investissement d’un bailleur social et d’une assistance à la maîtrise d’ouvrage. Pour autant cela nous éloigne du processus classique de montage d’opération. Par la nature même du projet, chacun (usagers/maîtrise d’ouvrage/maîtrise d’œuvre) se retrouve investi et responsable offrant au projet une dimension « amène ».

Le système constructif en ossature et bois et remplissage paille, l’ambition passive de l’opération, le caractère bio-sourcé des matériaux mis en œuvre et toutes les attitudes de projet découlent de cette dynamique humaine. Cette attitude est au cœur des enjeux sur les économies d’énergie, aussi simple soit-elle.
L’innovation va dans le sens de la simplification des systèmes employés, un retour à l’essentiel valorisant des ressources locales, renouvelables, intégré au cycle naturel de fabrication et de fin de vie et encourageant le développement de réseaux locaux et une économie à taille humaine. A contre-courant ou porteur d’un courant respectueux de la vie sur terre, le projet souhaite faire l’éloge de la plus haute ingéniosité humaine, la conscience de son potentiel d’entraide, d’écoute et de transmission.
L’habitat coopératif de Bègles «La Ruche» est porteur de ce désir de transformation de la ville, un village urbain à visage humain. Faire ensemble et autrement le logement de demain. Ainsi la réussite de ce projet aura un effet immédiat sur la transformation de la ville de Bègles dans le sens où il l’engage sur la voix de l’habitat coopératif et participatif, donc sur de réelles mutations dans les façons de faire la ville et son constituant principal, le logement.

Thématiques : 
  • Qualité du logement
  • Rénovation / Réhabilitation
  • Construction
  • Économie sociale et solidaire
  • Économie collaborative
  • Participation citoyenne
  • Renforcement du lien social et de la solidarité
Échelle : 
  • Logement

Fiche d'identité

marker  Nouvelle-Aquitaine / Bègles
Type de territoire : 
  • Métropole
Date de livraison :  01/07/2016
Surface bâtie :  950 m2
Coût du projet :  1,45 M€
Maîtrise d'ouvrage :  Axanis
Maîtrise d'oeuvre :  Dauphins architecture, TEst MO 2
Partenaires associés :  180° ingénierie ; Éco Étude

Distinctions

Labels / certifications :  Effinergie + (-20%)
Concours / récompenses :  Green Solutions Awards 2018, lauréat Bas Carbone ; Prix spécial du Jury des opérations remarquables décerné par les Coop HLM en 2016 ; 2ème prix régional de la construction bois 2018 ; Lauréat du off du développement durable 2017

Évaluation du projet*

sur la base du déclaratif du contributeur

Critère numéro 1 : SOBRIÉTÉ

L’implantation du bâti respecte le PLU de la commune et libère un complément d’usage extérieur en occupant la toiture terrasse du fait de l’exigüité de la parcelle.

Les jardins sont librement investis par les habitants.

4 places de stationnements ont été conçues en surface perméable et réversible pour un usage de jardin à la demande habitante.

Le projet a bénéficié de l’aide de lé région Bâtiment Aquitain Basse Energie où un étude ACV a été  menée. Elle a été complétée par une étude expérimentale en vue de l’expérimentation E+C- ; l’opération serait à ce jour équivalent E3C2.

Les matériaux retenus pour la très grande partie du projet sont le bois, la paille, la terre et la chaux avec une provenance régionale (pin des landes et du limousin, paille du gers, argile de Biganos et la chaux de St Astier)

Chaque logement est équipé d’un relevé des consommations par poste permettant aux usagers de corriger leur consommation. Ils sont équipés d’un poele à granules individuel avec une consommation pour chauffer leur logement inférieur à 150€ à l’année du fait de la performance thermique des murs isolés en paille et enduits à la terre. En été le confort ressenti est excellent avec un delta de 6 à 8° entre intérieur et extérieur au PIC le plus critique en fin de journée d’été.

La chape béton en sol coulée sur le plancher bois associé avec des cloisons lourde en torchis et des enduits terres permettent un bon déphasage. De arges baies vitrée au sud avec des occultant performant participent également à la sobriété énergétique du projet.

Les systèmes mise en œuvre sont simples et appropriables par les habitants (poêle à granules et ballon thermo-dynamique pour l’eau chaude sanitaire).

Les habitants se sont initiés au mode constructif du projet par le biais de chantier participatif et a été remis aux habitants un guide d’usage pour une meilleur appropriation de leur logement.

Une ASL (association syndicat libre gère les espaces mutualisés) et une copropriété gérée en interne gère les espaces communs. Ils se sont formés pour gérer les futures dépenses des logements.
La connaissance de leur bâtiment, la simplicité des systèmes et l’implication habitante assurent une longévité, un soin au projet.

Critère numéro 2 : INCLUSION

Le projet implique dans un premier temps les acteurs territoriaux, la Ville de Bègles, l’EPA Euratlantique et la coopérative HLM Axanis afin de permettre l’accession du foncier à un coup maîtrisé et orienté vers un projet d’habitat participatif.

Des réunions publiques animées par un AMU (Assistant à la Maîtrise d’Usage), CERISE, sur une durée de un an a permis de constituer un groupe d’habitant qui a choisi les architectes et co-dessiné-construit leur habitat.

Ce projet d’habitat participatif de onze foyers regroupent des familles allant de 5 enfants, au foyer reconstitué, au couple sans enfant, à des jeunes couples avec enfant en bas âge, femme retraitée et homme seul avec garde d’enfant alterné … Bref une grande mixité sociale avec des logements en PSLA, en VEFA, en accession sociale et en locatif social (via la filiale Aquitanis).

Aujourd’hui le lieu grouille de vie où les personnes retraités veillent sur les enfants et les adultes les uns aux autres … Une réponse inspirante en ces temps d’isolement !

Le fait qu’il y ait du locatif social (2 logements) a permis de maintenir le groupe habitant initial. Pouvait rentrer dans le projet tout habitant désirant et coopté par le groupe déjà constitué sans faire référence à la capacité financière (d’emprunt) du ménage. Choix courageux de l’opérateur et rendu possible grâce à sa filiale locative. Aujourd’hui un des logements en locatif social a été acheté par l’ASL afin de réduire le montant du loyer et maintenir le foyer en difficulté sur les lieux.
Preuve de solidarité face aux situations difficiles ….

Il faut venir à La Ruche pour se rendre compte dont le lieu a été approprié. Chaque coin des espaces extérieurs est habité de plantes, arbres, terrasse, jeu pour enfants abri à vélo, … Le confinement a été traversé sereinement au sein du projet.
La salle commune ouverte sur le quartier accueille des paniers AMAP, des associations culturelles (cours de langue), projection, pratiques de détente, etc… La Ruche participe activement la vie du quartier.

Critère numéro 3 : RESILIENCE

Une approche plus intuitive qui répond à une demande habitante de vivre ensemble et être acteur de leur logement, à mettre en œuvre des matériaux locaux et sains et d’en connaître le mode de fonctionnement.

Le bureau d’étude 180° nous a permis de croiser des données intuitives avec des vérifications chiffrées (ACV, RT, GES, étude d’ensoleillement, déphasage (confort été), …). L’acousticien a permis d’optimiser la mise en œuvre de plancher bois. La rencontre des artisans locaux sur leur façon de faire a orienté la conception du projet. C’est la somme de cette synergie au sein de l’équipe de maîtrise d‘œuvre et des acteurs locaux que le projet devient cohérent sur son territoire.

Critère numéro 4 : CREATIVITE

Dans le cadre de ce projet, nous pouvons plus humblement parler d’alimenter ou de faire perdurer les filières en place.
Par le biais du chantier formation dit « participatif » nous avons sur 6 semaines d’accompagnement touché une cinquantaine d’acteurs locaux de tout horizon pour s’initier au modes constructifs terre et paille (mur ossature et bois et cloison en torchis) : habitants, étudiants, ingénieurs, architectes, artisans, élus (et oui une élu de la commune limitrophe) …

Les techniques constructives font appel à un savoir-faire d’avant-guerre ou avènement du béton en particulier les cloisons en torchis. Pour les murs en paille enduit terre, nous sommes là sur un mode constructif moderne qui monte en compétence d’année en année ; nous étions là sur des montants en bois traversant dit poutre en « I » isolé avec contreventement par panneau extérieur et enduit terre intérieur (faisant l’étanchéité à l’air du bâtiment).
Concernant la gouvernance, dite horizontale ou par consensus cela fait partie du fonctionnement propre aux habitants. (voir la charte de vie du projet de La Ruche).

Dernier critère : potentiel de réplicabilité ?

Axanis prolonge des opérations d’habitat participatif selon les mêmes méthodes que le projet de la Ruche.

L’agence réalise d’autres opérations de logement en habitat participatif ou en coopérative habitante.
Avec pour constante le groupe d’habitant à l’origine de la demande (du cahier des charges, programme) accompagné par un AMU ou AMO.

Le projet de la Ruche a duré en tout 4ans au total dont 1 année pour constituer le groupe habitant avant le choix de l’équipe de maîtrise d’œuvre. L’opération est sortie dans un prix coût construction (1450€/m²) et infine de revente au m² (2600€/m²) largement dans les prix du marché avec une grande qualité de vie et des matériaux mise en œuvre : « Ce type de logement devrait être la norme » comme le précise Brahim habitant de La Ruche.

Formée aux affaires internationales et européennes entre l’Angleterre et la France dans le cadre d’un double diplôme Sciences-Po Lille / Université du Kent, Marion a débuté sa carrière en plaidoyer et relations institutionnelles des organisations non gouvernementales, dans le secteur du commerce équitable (Label Max Havelaar France). Ses expériences sont aussi en lien avec les territoires, avec un passage en coopération décentralisée à l’échelle d’un conseil départemental.

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Issue des sciences sociales, de l’histoire de l’art et de l’architecture, après diverses expériences dans la gestion de projets culturels et la production audiovisuelle, Camille a travaillé dans la communication au sein du groupe VINCI : depuis les grands projets à l’international jusqu’à La Fabrique de la Cité, think tank dédié à la prospective urbaine

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Carla DONCESCU

Diplômée d’un master 2 en Economie du Développement à Panthéon-Sorbonne, et actuellement en formation alternance du Master 2 Relation Internationale et Action à l’Etranger dans la même Université, c’est à travers ces différents prismes et ses expériences à l’internationale qu’elle approche les problématiques de villes et territoires durables.

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Manon EXBALIN

Diplômée d’un Master en sociologie de la communication, Manon a travaillé précédemment pour Greenpeace, la Mairie de Paris (en particulier pour venir en aide aux étudiants), et le Ministère de la Transition Ecologique (DGALN – Mission Communication).

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Géographe de formation (Université d’Etat de Saint-Pétersbourg), elle a débuté au poste de géographe économiste à l’Académie d’Économie Agricole (Russie), avant de poursuivre sa carrière en France, en tant qu’assistante administrative et comptable (Air Liquide, Association TGV Provence Côte d’Azur, COFHUAT, Groupe Hervé)

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Avant de rejoindre l’équipe FVD, il a occupé plusieurs postes dans la gestion des collectivités  locales. Allant d’élu et adjoint au maire de sa ville natale Besançon, chargé des relations universitaires et de la coopération internationale puis Directeur du Développement économique de la Ville de Pantin, pour ensuite être directeur de cabinet à Montreuil où il a notamment piloté la refonte en profondeur du projet urbain vers davantage d’écologie et de développement durable, Il continue son parcours en tant que Haut Responsable de la Résilience de la Ville de Paris.

Il promeut une vision holistique et systémique du développement durable et apporte son expérience/expertise en résilience territoriale et en transition écologique et sociale.

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