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La Clairière

Une réalisation proposée par Union Sociale pour l'Habitat (USH)

Bâtiments Conception Management et gouvernance Vie locale

Contributeur

Référent :  Raphaële d'Armancourt - Responsable Pôle politiques territoriales et urbaines (USH)

Descriptif

Le projet de quartier « La Clairière » est conçu sur une ancienne caserne de gendarmerie, parcelle dont l’OPH Lyon Métropole Habitat est devenue propriétaire en 2017. Le projet répond à deux enjeux forts du territoire : la lutte contre les îlots de chaleur en zone urbaine dense et la réutilisation des eaux pluviales sans rejet dans le réseau public. Une réflexion de fond est menée sur la résilience du site et les usages qu’en feront les habitant.es .

La maitrise d’ouvrage prévoit entre autres : une réintroduction de pleine terre en cœur d’îlot et la construction de sols avec des matériaux recyclés et locaux, la végétalisation des espaces publics et des toitures avec la plantation de 1000 arbres, des tranchées drainantes pour réutiliser l’eau de pluie au bénéfice de la végétation, la création d’un jardin de pluie, l’alimentation en chauffage du quartier par énergies renouvelables, ainsi qu’une isolation des pollutions et nuisances sonores liées à la proximité du périphérique. C’est le résultat d’un travail partenarial mené en amont entre l’OPH, les différents services des collectivités et les constructeurs, qui a également permis une répartition des coûts et ce faisant, une sécurisation financière et technique du projet.

Thématiques : 
  • Qualité du logement
  • Construction
  • Matériaux
  • Ingénierie systémique
  • Espaces publics et espaces verts
  • Renouvellement urbain
  • Participation citoyenne
  • Commerces
  • Éducation et formation
  • Renforcement du lien social et de la solidarité
Échelle : 
  • Quartier

Fiche d'identité

marker  Auvergne-Rhône-Alpes / Bron
Type de territoire : 
  • > 20 000 < 100 000 habitants
Surface bâtie :  44 500m2
Coût du projet :  42M€
Maîtrise d'ouvrage :  Lyon Métropole Habitat (OPH) Référente : Noëlle Gat, Directrice de l’aménagement [email protected]
Maîtrise d'oeuvre :  Dumetier Design ; BASE Paysagistes d’innovation ; Tribu ; SCE Aménagement et environnement
Partenaires associés :  Collectivités : Ville de Bron, Métropole de Lyon Promoteurs : ICADE, Nexity, SIER Constructeur

Évaluation du projet*

sur la base du déclaratif du contributeur

Critère n°1 : SOBRIÉTÉ

Le projet intègre un principe expérimental de création de sols fertiles avec un niveau de fonctionnalité élevé (support de végétation, cycle de l’eau et des nutriments, habitat biologique) à partir de sous-produits locaux (compost, béton et remblais).

Des sols de pleine terre ont été réintroduits afin de non seulement procéder à une végétalisation en cœur d’îlot mais également recréer de la biodiversité sur le site.

Les sols et aménagements des espaces publics ont également été pensés pour récupérer, réutiliser et infiltrer 100% des eaux pluviales. L’objectif est de réutiliser intégralement les eaux pluviales au bénéfice de la végétalisation.

Plusieurs actions visent ainsi à repenser le cycle de l’eau, notamment la création : d’un jardin de pluie qui permet l’infiltration progressive de l’eau dans les sols ; de noues d’infiltration ; de tranchées drainantes (dites de Stockholm) favorisant les échanges air/sol. Aucune eau de ruissellement ne sera rejetée par le quartier dans le réseau métropolitain d’assainissement.

La réutilisation des matériaux est au cœur du projet : 100 000 tonnes de béton brut réutilisées pour les espaces publics.

A l’échelle de l’opération d’aménagement, une véritable réflexion sur le foncier et la construction des sols a été menée dans le cadre de ce projet. Un travail sur les terres fertiles a été mené conjointement avec l’université de Lorraine, l’INRA et Lyon Métropole Habitat. Les sols de la Clairière sont exclusivement fabriqués avec des produits locaux : la totalité des bétons démolis a été réutilisée et amendée avec des résidus végétaux, limitant ainsi les apports extérieurs en terre végétale. Le béton issu de la déconstruction a aussi été concassé et réutilisé sur site pour la construction de la voirie. Cela a notamment évité le recours à 4200 camions pour l’évacuation des déchets de démolition. Au-delà de l’expérimentation sur les terres fertiles, le béton utilisé en revêtement est issu du recyclage des fonds de toupie de béton sur la métropole.

Une analyse en cycle de vie a été conduite sur les aménagements des espaces publics. Elle est imposée pour toutes les constructions de l’opération.

Plusieurs mesures, directes ou indirectes, sont mises en œuvre pour améliorer les bilans énergétiques, réduire la production de gaz à effet de serre, dans une démarche résolument bas-carbone. Le quartier va être connecté au chauffage urbain de la métropole, et donc alimenté par une chaufferie biomasse ainsi que l’incinérateur de déchets de Gerland, permettant d’atteindre 65% de production de chaleur par des énergies renouvelables.

De plus, le climat du quartier sera régulé par la végétation dont le pouvoir rafraichissant permet de lutter contre les effets d’îlot de chaleur urbain. Le quartier a été pensé pour assurer une passivité énergétique aussi bien lors des épisodes de froid que de fortes chaleurs. D’un point de vue de ressources utilisées et déchets produits, il n’y aura aucun rejet d’eaux pluviales grâce aux divers dispositifs de ré infiltration et réutilisation des eaux au bénéfice de la végétation. De même, aucun déchet de matériaux de construction n’a été produit grâce au recyclage du béton concassé sur site.

Afin de maintenir de hauts standards de sobriété énergétique tout au long de la vie du quartier, une extension du réseau de chauffage urbain de Centre Métropole au site de la Clairière permettra de visualiser en temps réel l’ensemble des flux d’énergie distribués. Ce dispositif de veille permettra ainsi d’optimiser et maitriser les variations de consommation des usagers. Les économies annuelles de CO2 sont estimées à 878 tonnes.

La gamme végétale des arbres plantés anticipe volontairement l’impact du changement climatique par le recours à des espèces ne nécessitant pas d’arrosage afin de réduire les besoins en entretien des espaces verts.

Critère n°2 : INCLUSION

Un projet d’urbanisme transitoire sur le site de la Clairière fait l’objet d’une consultation avec les habitants. Un atelier à l’entrée tout public est organisé afin de réfléchir ensemble à l’usage qui peut être fait des lieux avant la livraison du projet en 2022.

Cet atelier est mené par plusieurs associations d’animation de projet telles que Kaléido’Scop, InClusif, Hop Durable et la Formidable Armada.

Le quartier de la Clairière promeut par essence une mixité sociale et fonctionnelle. Il réunit un nouveau pôle tertiaire où s’installeront des petites et grandes entreprises de l’ESS, hôtels, espaces commerciaux et de production artisanale. Les locaux sont pensés pour pouvoir accueillir une grande diversité d’activités professionnelles.

De plus, 1 000 logements aux diverses typologies, seront construits. Le parc de logement sera très diversifié : locatif social, accession sociale à la propriété, petites copropriétés, maisons de ville ; une grande diversité de ménages aux différents revenus pourront donc s’y installer.

Une crèche de 40 places est également en construction en première phase de travaux, et facilitera ainsi l’installation des familles sur le site.

Sur 16 hectares de projet, 6 hectares feront l’objet d’espaces conviviaux, et participeront à créer une dynamique de centre-ville et de vie commune entre les habitants du quartier. Les activités prenant place dans ces espaces publics seront animées par un réseau d’associations et coconstruites avec les habitants.

L’aspect multifonctionnel du quartier facilitera l’installation d’une grande diversité de publics, notamment des personnes en recherche d’emploi, souhaitant limiter leurs trajets domicile/travail.

En tant qu’aménageur et à travers son partenariat avec trois promoteurs privés, Lyon Métropole Habitat se garantit des niveaux de charges foncières pour l’habitat social en dessous des prix du marché foncier.

Le parc de logement sera donc accessible pour des publics à faible niveau de revenu, grâce d’une part aux couts de construction maitrisés et d’autre part à la grande diversité des types de logements proposés.

L’arrivée des premiers habitants sur le site est prévue pour le premier trimestre 2022.

Critère n°3 : RÉSILIENCE

Le projet d’aménagement se fonde sur un urbanisme qui s’adapte au changement climatique : repenser le cycle de l’eau pour pallier aux épisodes de fortes pluies et contenir la saturation des systèmes d’assainissement tout en favorisant la pénétration de l’eau de pluie dans les sols ; lutter contre les îlots de chaleur urbain en déployant une « stratégie végétale » couplée à une technique alternative de gestion des eaux pluviales avec l’expérimentation de tranchées de Stockholm pour décupler le pouvoir rafraichissant des arbres.

Le projet se démarque par son approche transversale et sa conception systémique des mobilités, des usages, de la qualité urbaine, de la protection de la biodiversité, et de l’économie circulaire. De nombreux corps de métiers ont été mobilisés pour concevoir le projet : AMO de transport, développement durable, paysagiste innovants, acousticiens, promoteurs, ainsi que le monde de la recherche sur certaines innovations techniques.

Critère n°4 : CRÉATIVITÉ

La Clairière promeut l’insertion par l’emploi, et ce en deux temps. Sur le temps du projet, les constructeurs, aménageurs et partenaires sont mobilisés pour un total minimum de 40 000 heures de travail en insertion. De plus, le quartier ambitionne à devenir un laboratoire d’innovation économique et sociale sur les 42 000m2 d’offre tertiaire et 2 500m2 de commerces. S’installeront sur le site des entreprises de l’économie sociale et solidaire ; PME ou grands groupes.

De nombreux partenaires sont engagés pour assurer le développement d’une dynamique socio-économique locale : la Chambre Régionale de l’Economie Sociale et Solidaire (CRESS), d’une part ; et les associations Kaléido’Scop, InClusif, Hop Durable et la Formidable Armada d’autre part. La CRESS sera mobilisée pour capter la demande immobilière de grandes ou petites entreprises de l’ESS et développer l’insertion par l’emploi sur le site via son réseau multi-partenariale. Les associations Kaléido’Scop, InClusif, Hop Durable et la Formidable Armada, sont elles mobilisées pour construire avec les habitants, de nouveaux usages et modes de vie sur le quartier.

La Clairière est le lieu d’innovation sociales, technique et de gouvernance. Ce projet est le fruit d’une approche partenariale, entre services de la collectivité, constructeurs, promoteurs, OPH, acousticiens, paysagistes. Le partenariat entre promoteurs privés d’envergure nationale et locale, et Lyon Métropole Habitat permet de sécuriser financièrement l’opération, partager les risques, ainsi que de fluidifier et diversifier les parcours résidentiels des futurs habitants.

Tel que décrit plus haut, le projet a également mis en œuvre un grand nombre d’innovations techniques : création de sols fertiles, tranchées de Stockholm, noues d’infiltration, et extension d’un réseau de chaleur parmi les plus vertueux du territoire national.

Critère n°5 : POTENTIEL DE RÉPLICABILITÉ

Ce projet a fait l’objet de plusieurs documentations afin de valoriser les bonnes pratiques à l’œuvre et promouvoir leur réplicabilité, tant sur le plan de la maitrise d’œuvre que sur sa dimension sociale. Le cahier repère n°80 de l’USH « Aménagement et urbanisme » fait état du projet de la Clairière et fait valoir ses nombreux atouts sociaux, environnementaux et économiques.

Le référentiel économie circulaire de l’USH identifie clairement les bénéfices du projet, ses facteurs clefs de réussite ainsi que les points de vigilance à avoir. Ces documents favorisent ainsi la réplicabilité des bonnes pratiques à l’œuvre dans le projet de la Clairière.

Formée aux affaires internationales et européennes entre l’Angleterre et la France dans le cadre d’un double diplôme Sciences-Po Lille / Université du Kent, Marion a débuté sa carrière en plaidoyer et relations institutionnelles des organisations non gouvernementales, dans le secteur du commerce équitable (Label Max Havelaar France). Ses expériences sont aussi en lien avec les territoires, avec un passage en coopération décentralisée à l’échelle d’un conseil départemental.

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Issue des sciences sociales, de l’histoire de l’art et de l’architecture, après diverses expériences dans la gestion de projets culturels et la production audiovisuelle, Camille a travaillé dans la communication au sein du groupe VINCI : depuis les grands projets à l’international jusqu’à La Fabrique de la Cité, think tank dédié à la prospective urbaine

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Carla DONCESCU

Diplômée d’un master 2 en Economie du Développement à Panthéon-Sorbonne, et actuellement en formation alternance du Master 2 Relation Internationale et Action à l’Etranger dans la même Université, c’est à travers ces différents prismes et ses expériences à l’internationale qu’elle approche les problématiques de villes et territoires durables.

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Manon EXBALIN

Diplômée d’un Master en sociologie de la communication, Manon a travaillé précédemment pour Greenpeace, la Mairie de Paris (en particulier pour venir en aide aux étudiants), et le Ministère de la Transition Ecologique (DGALN – Mission Communication).

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Géographe de formation (Université d’Etat de Saint-Pétersbourg), elle a débuté au poste de géographe économiste à l’Académie d’Économie Agricole (Russie), avant de poursuivre sa carrière en France, en tant qu’assistante administrative et comptable (Air Liquide, Association TGV Provence Côte d’Azur, COFHUAT, Groupe Hervé)

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Avant de rejoindre l’équipe FVD, il a occupé plusieurs postes dans la gestion des collectivités  locales. Allant d’élu et adjoint au maire de sa ville natale Besançon, chargé des relations universitaires et de la coopération internationale puis Directeur du Développement économique de la Ville de Pantin, pour ensuite être directeur de cabinet à Montreuil où il a notamment piloté la refonte en profondeur du projet urbain vers davantage d’écologie et de développement durable, Il continue son parcours en tant que Haut Responsable de la Résilience de la Ville de Paris.

Il promeut une vision holistique et systémique du développement durable et apporte son expérience/expertise en résilience territoriale et en transition écologique et sociale.

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