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Ilot Parmentier

Une réalisation proposée par USH

Bâtiments Conception Économie durable Management et gouvernance Réseaux Vie locale

Contributeur

Descriptif

L’ilot Parmentier fait face au site du Louvres Lens.

Le projet de l’Ilot Parmentier est une opération de renouvellement urbain d’une partie de la Cité 9 à Lens, qui s’inscrit dans une démarche de transition économique, énergétique et environnementale portée par l’agglomération et le conseil régional. En effet, il s’agit d’en faire un exemple de la Troisième Révolution Industrielle (REV3), une démarche collective visant à faire des Hauts-de-France une région précurtrice de la transition numérique et écologique.

Dans un quartier où résident en majorité des retraités et des ménages à très bas revenus, l’opération vise à diversifier l’offre de logements proposés. Le projet consiste à réhabiliter 53 logements, en démolir 34 et produire 110 logements neufs dont 30 seront disponibles en accession à la propriété, et 80 en locatif social. Ces logements seront accessibles à des ménages aux plafonds de ressource très diverses, éligibles aux PLS, PLUS, PLAI et PSLA. Sur l’ensemble des logements, neufs ou réhabilités, une démarche énergétique innovante sera menée, de par la création d’une maison des énergies qui centralisera et redistribuera de manière optimisée, les flux d’énergie entre les logements de l’ilot. De plus, les habitants seront mobilisés à la production de leur propre énergie, grâce à la mise en place d’un composteur commun dont l’énergie produite servira à alimenter le système d’eau chaude sanitaire.

L’ilot Parmentier jouxte un hôtel haut de gamme réalisé à l’issue d’une opération de réhabilitation très importante ayant permis une revalorisation du patrimoine historique des corons, ainsi que la création d’emplois sur le secteur.

Thématiques : 
  • Qualité du logement
  • Rénovation / Réhabilitation
  • Construction
  • Renouvellement urbain
  • Consommation responsable
  • Participation citoyenne
  • Énergie
  • Renforcement du lien social et de la solidarité
Échelle : 
  • Bâtiment
  • Quartier

Fiche d'identité

marker  Hauts de France / Lens
Type de territoire : 
  • > 20 000 < 100 000 habitants
Date de livraison :  15/12/2021
Surface bâtie :  16 000m2
Coût du projet :  22 700 000e €HT
Maîtrise d'ouvrage :  Maisons et Cités ; Franck Mac Farlane : [email protected]
Maîtrise d'oeuvre :  Miroux, Agence Houyez, Atelier Ma, Hdm, Bioclim, Acoustique & Environnement
Partenaires associés :  Cabinet 3e OPUS (AMO), MDE et Esprit de France Louvre Lens, Centre Social Vachala

Évaluation du projet*

sur la base du déclaratif du contributeur

Critère n°1 : SOBRIÉTÉ

Le projet s’inscrit dans un périmètre Unesco, à proximité immédiate du musée Louvre Lens. Le projet recherche une optimisation du potentiel de densification foncière dans le respect des contraintes patrimoniale, et visant la valorisation du patrimoine historique de l’habitat du bassin minier.

Le projet est fondé sur une revalorisation des matériaux issus des réhabilitations et déconstructions. Priorité a été donnée à la réhabilitation des logements qui pouvaient l’être, bien que les couts de réhabilitation puissent être élevés. Quant aux démolitions des bâtiments obsolètes, les matériaux sont réutilisés dans la production des logements neufs ainsi que certains aménagements sur l’espace public. L’opération vise également à valoriser les biodéchets, puisqu’à mesure de leur production par les habitants, ceux-ci seront transformés en énergie chauffante.

La maison des énergies est au centre du projet de restructuration de l’Ilot Parmentier. La production d’énergie sur l’ilot sera partagée par un réseau de chaleur interconnecté et par des bâtiments eux-mêmes producteurs d’énergie. Les ménages résidents aujourd’hui dans le secteur de construction de la ZAC sont majoritairement des publics précaires, concernés par les enjeux de précarité énergétique. Il y a donc un intérêt social et environnemental fort à relocaliser et optimiser la production énergétique du lieu. De plus, un composteur situé en cœur d’ilot, à côté de la maison des énergies sera une source supplémentaire de production de chaleur, dédiée au chauffage de l’eau sanitaire. Ce dispositif participera à la reterritorialisation de la production et permettra de réduire les couts énergétiques des résidents. Il mobilisera également les habitants sur l’enjeu de sobriété énergétique, puisque ces derniers seront directement associés à la production de leur propre chauffage.

L’aspect pédagogique du projet permettra, à terme, une meilleure gestion des ménages de leur propre consommation.

Le fonctionnement du système partagé de production énergétique sera partenarial. Maisons et Cités, assure la maitrise d’ouvrage du projet, l’exploitation, la centralisation et redistribution de l’énergie produite, entre les différents logements de l’ilot. Les principes de sobriété énergétique seront donc au cœur de la gestion quotidienne de la maison d’énergie. Maisons et cités sera assisté par un bureau d’étude expert sur les questions thermiques, qui assurera le suivi de l’installation. Les habitants seront mobilisés pour alimenter le composteur, et seront donc parties prenantes du fonctionnement, de la maintenance et de l’entretien du système partagé de production. De même, le restaurant de l’hôtel qui jouxte l’opération sera mis à contribution pour assurer le fonctionnement de la maison des énergies et du composteur.

Ce système énergétique inscrira l’ilot dans le réseau électrique intelligent Smart Grid. Il s’agit de réseaux intelligents dont les technologies informatiques permettent un meilleur ajustement des flux énergétiques entre production et consommation.

Critère n°2 : INCLUSION

L’opération a fait l’objet de 4 ans de concertation et d’échanges avec les habitants, sur la période 2014-2018. Une équipe composée d’une architecte médiatrice de formation, expérimentée dans le montage et l’animation de méthodologie de concertation, était dédiée à la concertation. Ont eu lieu des ateliers, rencontres, enquêtes, diagnostics d’usage et échanges entre habitants et les équipes retenues à concourir. Un cahier des charges « habitants » a également été crée à l’issu de cette concertation, listant les préconisations à prendre en compte dans le montage de projet.

L’opération d’aménagement est centrée sur l’enjeu de la mixité sociale et fonctionnelle. En effet, les hameaux de l’ilot présentent des caractéristiques typologiques et sont accessibles à des tranches de revenus très diverses. Il s’agit de réhabiliter 53 logements locatifs sociaux, démolir 34 logements insalubres et en produire 110 neufs. Parmi la production neuve, 30 logements seront disponibles en accession sociale à la propriété, et 80 en locatif social (PLUS/PLAI/PLS). L’ilot Parmentier est sous-divisé en hameaux composés d’environ 30 logements, individuels et collectifs, neufs et réhabilités afin d’introduire une mixité dans les profils de ménages qui partageront un même hameau.

Au-delà de la mixité sociale, l’opération assurera une véritable mixité fonctionnelle puisque les hameaux intégreront des locaux d’activités diverses et d’offre de services : épicerie solidaire, crèche, espaces de coworking, ateliers d’artisans, local séniors, entres autres.

La maison d’énergie sera également un espace de production et de participation des habitants à l’offre de service proposée.

Le projet a été conçu avec les habitants, pour les habitants. Il cible les ménages précaires et vise à diversifier leur cadre de vie, leur proposer un ensemble de services répondant à leurs besoins, facilitant ainsi leur installation sur site. Il s’agit également de prévenir d’éventuels phénomènes d’exclusion et paupérisation, en favorisant la mixité sociale (tel que décrit plus haut). La production neuve ainsi que les logements réhabilités seront accessibles à des ménages à très faibles revenus, éligibles au PLAI. De plus, les ménages résidents aujourd’hui dans le secteur sont fortement concernés par la précarité énergétique. Il y a donc un enjeu social important à optimiser, réduire et relocaliser leur consommation énergétique ; ainsi que de les sensibiliser aux écogestes.

Les retours d’expérience des usagers ont été intégrés à la réflexion sur les logements, la constitution des hameaux, ainsi que l’offre de service qui répondrait le mieux à leurs besoins. Les démolitions ont débutées en novembre 2020 ; les retours sur l’opération ne sont donc pas encore d’actualité.

Critère n°3 : RÉSILIENCE

Une diagnostic a été mené en amont de l’opération. Il a été rigoureusement mené et a rallongé le calendrier de la phase préparatoire.

L’opération a été menée selon une approche systémique des usages, de l’emploi ainsi que des enjeux sociaux et environnementaux que présentent le secteur. Il s’agit d’une réflexion transversale, menée avec les habitants et différents corps professionnels : architectes, experts en enjeux thermiques, bureaux d’études, associations, centres sociaux etc.

Critère n°4 : CRÉATIVITÉ

Les hameaux intégreront des locaux d’activités diverses et d’offre de services : épicerie solidaire, crèche, espaces de coworking, ateliers d’artisans, local séniors, entres autres. La maison d’énergie sera également un espace de production et de participation des habitants à l’offre de service proposée.

De plus, juste à côté de l’Ilot Parmentier se situe l’hôtel de luxe réalisé à partir d’anciennes maisons de corons. L’hôtel est impliqué dans le fonctionnement du composteur, et alimente ainsi l’eau chaude sanitaire du quartier. Cette activité est créatrice de 25 emplois, en plus d’attirer et d’héberger des touristes. Cet hôtel est une opération ambitieuse de mise en valeur du patrimoine, de réemploi de matériaux existants et de revalorisation du quartier.

Le projet frappe les esprits en ce qu’il présente d’innovations en termes technique : la maison des énergies, le composteur, le réseau Smart Grid sont autant de dispositifs innovants et participatifs, œuvrant pour la transition énergétique des territoires.

Critère n°5 : POTENTIEL DE RÉPLICABILITÉ

Ce projet a fait l’objet de plusieurs documentations afin de valoriser les bonnes pratiques à l’œuvre et promouvoir leur réplicabilité, tant sur le plan de la maitrise d’œuvre que sur sa dimension sociale. D’un point de vue presse, des articles dans Le Moniteur, Lyon Plus et La voix du Nord renseignent sur les tenants et aboutissants du projet.

De plus, le référentiel économie circulaire de l’USH identifie clairement les bénéfices du projet, ses facteurs clefs de réussite ainsi que les points de vigilance à avoir. Ces documents participent à la visibilité et valorisation du projet, favorisant ainsi la réplicabilité des bonnes pratiques à l’œuvre.

Formée aux affaires internationales et européennes entre l’Angleterre et la France dans le cadre d’un double diplôme Sciences-Po Lille / Université du Kent, Marion a débuté sa carrière en plaidoyer et relations institutionnelles des organisations non gouvernementales, dans le secteur du commerce équitable (Label Max Havelaar France). Ses expériences sont aussi en lien avec les territoires, avec un passage en coopération décentralisée à l’échelle d’un conseil départemental.

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Issue des sciences sociales, de l’histoire de l’art et de l’architecture, après diverses expériences dans la gestion de projets culturels et la production audiovisuelle, Camille a travaillé dans la communication au sein du groupe VINCI : depuis les grands projets à l’international jusqu’à La Fabrique de la Cité, think tank dédié à la prospective urbaine

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Carla DONCESCU

Diplômée d’un master 2 en Economie du Développement à Panthéon-Sorbonne, et actuellement en formation alternance du Master 2 Relation Internationale et Action à l’Etranger dans la même Université, c’est à travers ces différents prismes et ses expériences à l’internationale qu’elle approche les problématiques de villes et territoires durables.

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Manon EXBALIN

Diplômée d’un Master en sociologie de la communication, Manon a travaillé précédemment pour Greenpeace, la Mairie de Paris (en particulier pour venir en aide aux étudiants), et le Ministère de la Transition Ecologique (DGALN – Mission Communication).

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Géographe de formation (Université d’Etat de Saint-Pétersbourg), elle a débuté au poste de géographe économiste à l’Académie d’Économie Agricole (Russie), avant de poursuivre sa carrière en France, en tant qu’assistante administrative et comptable (Air Liquide, Association TGV Provence Côte d’Azur, COFHUAT, Groupe Hervé)

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Avant de rejoindre l’équipe FVD, il a occupé plusieurs postes dans la gestion des collectivités  locales. Allant d’élu et adjoint au maire de sa ville natale Besançon, chargé des relations universitaires et de la coopération internationale puis Directeur du Développement économique de la Ville de Pantin, pour ensuite être directeur de cabinet à Montreuil où il a notamment piloté la refonte en profondeur du projet urbain vers davantage d’écologie et de développement durable, Il continue son parcours en tant que Haut Responsable de la Résilience de la Ville de Paris.

Il promeut une vision holistique et systémique du développement durable et apporte son expérience/expertise en résilience territoriale et en transition écologique et sociale.

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