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ÉcoQuartier Smartseille

Une réalisation proposée par Association française des entreprises privées (AFEP)

Bâtiments Management et gouvernance Réseaux Vie locale

Contributeur

Référent :  Hervé GATINEAU, Directeur immobilier Eiffage
Contact : 

Descriptif

En s’appuyant sur les innovations issues du Laboratoire R&D d’Eiffage (Laboratoire Phosphore), Eiffage, la Ville de Marseille et Euroméditerranée ont permis la réalisation d’un îlot démonstrateur, premier volet de l’extension d’Euromed 2.  

Cet îlot est fondé sur la mise en œuvre d’un programme de développement durable méditerranéen, visant le « low cost - easy tech » grâce à l’appui d’un éco système partenarial intégrant les puissances publiques, les grands groupes, les start-ups ainsi que le tissu associatif.  

Le projet qui a cherché à prendre en compte tous les aspects du développement durable (architecture, mobilité, eau, énergie, etc.), est un véritable laboratoire d’innovation urbaine proposant des solutions adaptées aux besoins des habitants et des usagers tout en tenant compte de la transition écologique et du mieux-vivre ensemble.  

Fondant la réflexion sur des principes comme la « solidarité énergétique » (qui permet aux logements d’avoir de l’eau chaude fournie par la climatisation des bureaux) ou « l’intensification de l’usage » (qui a donné naissance au premier parc de stationnement mutualisé logements/bureaux où l’usage prime sur la possession), les différents partenaires ont mis en œuvre un projet innovant au cœur d’un des quartiers les plus pauvres de Marseille en travaillant sur le numérique et les services d’une conciergerie au service des habitants.  

Comme son nom l’indique, la dimension méditerranéenne est également fondatrice de l’identité de Smartseille. Elle prend particulièrement en compte les spécificités physiques, sociales, économiques, culturelles et climatiques du territoire en y apportant des réponses adaptées en matière de développement urbain durable. 

L’écoquartier Smartseille est labellisé écocité et DIVD (démonstrateur industriel pour la ville durable). 

Thématiques : 
  • Construction
  • Matériaux
  • Qualité du logement
  • Partenariats publics/privés
  • Énergie
  • Grand cycle de l'eau
  • Transport de personnes
  • Renforcement du lien social et de la solidarité
Échelle : 
  • Quartier

Fiche d'identité

marker  Provence-Alpes-cote d'azur / Marseille
Type de territoire : 
  • Métropole
Date de livraison :  15/09/2022
Surface bâtie :  58 000 m²
Coût du projet :  160 M euros HT
Maîtrise d'ouvrage :  Eiffage Immobilier sud-est
Maîtrise d'oeuvre :  Leclerq et Babylone, Souto de Moura, Atelier 82, Corinne Vezzoni, Mathoulin-Jardin, Battesti, Carta & EGR., Cabinet Jean MUS. Ingerop et Oteis
Partenaires associés :  Etat, collectivités, ville et Euromed, EDF, Orange, enpark, Mios, Polypop, LPO, Elle entreprend, Classic Cité, etc.

Distinctions

Labels / certifications :  BBC, Effinergie+, BDM, Eco-Cité, RT2012-40%,Biodivercity
Concours / récompenses :  Logement Territoire – Programme Durable, Trophées de l’Innovation, Audiovisuels Lauréat FimbACTE, FPI Pyramide d’Argent, FPI Pyramide d’Argent

Évaluation du projet*

sur la base du déclaratif du contributeur

Critère n°1 : SOBRIÉTÉ

Réalisation d’un écoquartier comprenant un parc paysagé piétons (plantée d’arbres de hautes tiges) de 1,3 ha en cœur d’îlot en remplacement d’une friche industrielle (ancienne usine à gaz : terrain excessivement pollué ayant fait l’objet d’une Servitude d’Utilité Publique) dont le sol était totalement imperméabilisé. 

Conception assistée avec l’aide de la LPO pour protéger les espèces endémiques en bord de mer 

Hôtel à Insectes (pour école élémentaire et crèches). 

Réalisation de plantations d’espèces endémiques pour préserver la ressource en eau (réemploi des eaux de pluies interdites par suite de l’ancienne pollution des sols).  

Mise en place d’expérimentations sur les matériaux biosourcés (laine de bois pour isoler les bureaux). 

Analyse déblais/remblais avec réutilisation des matériaux après traitement in situ ou en centre de tri ; expérimentation de la mycorémédiation (dépollution par les champignons de 90 m3 de terre) 

Mise en œuvre de béton bas carbone (jusqu’à -40% par rapport à un béton « classique »). 

Travail avec des entreprises locales tant en phase travaux qu’exploitation. 

Analyse ACV sur certains matériaux caractéristiques.  

Mise en place d’une première boucle : réseau interne à l’îlot permettant la solidarité énergétique entre bâtiments pour des usages complémentaires (la climatisation des bureaux permet d’obtenir de l’ECS « gratuite » pour les logements : Ballon d’ECS de 4000 L de stockage). 

Raccordement à la boucle de thalassothermie Massileo (utilisation de l’énergie de l’eau de mer) : plus de 70 % d’EnR et à l’abri des énergies fossiles. 

Absence de tout rejet dans l’atmosphère. 

Usage systématique du béton bas carbone (-40%). 

Mise en œuvre des mêmes solutions. Ces solutions de RCU (réseau de chaleur urbain) permettent une mutualisation des besoins énergétiques autant que des besoins d’entretien et de maintenance. Par exemple, toute la question de la maintenance et de l’efficacité des dispositifs de production est portée par l’exploitant et non plus par le particulier, utilisateur final. C’est donc une logique de sobriété qui est suivie avec des interventions au plus juste besoin qui sont réalisées.  

Critère n°2 : INCLUSION

Dans le cadre de l’éco-système partenarial mis en place, toutes les parties prenantes ont été intégrées durant les plus de six ans de conception amont, et tout particulièrement Euroméditerranée et la Ville de Marseille. 

Le projet étant situé sur une friche industrielle, en avance de phase par rapport à la requalification de l’ensemble du territoire, il ne comptait aucun riverain (mais seulement d’autres friches industrielles). 

Cette notion de co-construction deviendra en revanche très prégnante sur l’opération « Smartseille 2 » en cours de définition et qui vient jouxter le noyau villageois des Crottes. 

Cette double mixité est le fondement même de l’opération.  

La mixité crée une hétérogénéité des demandes et permet justement des échanges fonctionnels, calorifiques ou même financiers entre les différents volumes. 

La proportion « logements/tertiaire » est de 50/50 ce qui permet de faire fonctionner la Solidarité Energétique ou la mutualisation du stationnement (une place de bureaux en journée est occupée par un logement le soir et en fin de semaine). 

Il en est de même pour les services et la conciergerie qui sont « subventionnés » par les bureaux au profit des logements (100 m² de bureaux accueillent bien plus de personnes que 100 m² de logements). 

Enfin, la répartition logement libre/logement social a été également imaginée en ce sens. 

Installé dans un des trois quartiers les plus pauvres d’Europe et réunissant notamment des accédants à la propriété venus des quartiers Nord de Marseille, cette problématique a été centrale dans la définition de l’opération. Elle trouve son meilleur exemple dans la réalisation d’une résidence intergénérationnelle CocoonAge (91 logements) dont la Maison des Projets et l’Animatrice ont permis par exemple de pallier à de nombreuses difficultés pendant le premier confinement (mise en place d’une banque alimentaire à l’échelle de l’îlot, soutien scolaire en lien avec les enseignants de l’école élémentaire, aide informatique pour toutes les démarches en ligne, etc…). 

Nombre de résidents sont très impliqués dans le fonctionnement de l’ASL et du quartier en général. Séduits au départ par les innovations et le volet développement durable de cette opération, ils sont par nature très interventionnistes notamment pour identifier et tenter d’apporter une réponse à tous les petits irritants du quotidien.  

Au vu d’une enquête de satisfaction menée auprès des habitants du quartier, plus de 30 % des résidents trouvent le projet « séduisant » et plus de 4 % le trouvent « innovant ». 

En outre, 74 % des sondés sont « très satisfaits », et 22 % « plutôt satisfaits » de leur quartier,
tandis que 60% des sondés sont « très satisfaits », et 20% « plutôt satisfaits » du logement. 

Partant d’un territoire qui n’était qu’une friche industrielle, Smartseille a bien évidemment contribué à lancer le renouvellement de cette zone dont il était le premier îlot démonstrateur, permettant de crédibiliser par exemple les autres îlots (dont Les Fabriques au Nord) dont les travaux débutent en ce moment. 

Critère n°3 : RÉSILIENCE

Partant d’une page blanche et venant implanter une opération d’aménagement de 60 000 m², environ 700 m devant le front bâti actuel (Parc Habité d’Euromed 1), une analyse fine de ces enjeux a été nécessaire. 

Elle a visé notamment la question de la crédibilité commerciale d’une telle opération (comment donner envie d’habiter au milieu de friches industrielles, …) ce qui a permis de caler des réponses à chacun des aspects de la vie quotidienne des futurs habitants : par exemple,  

  • Mise en place du stationnement mutualisé pour augmenter la capacité de stationnement avant le déploiement des transports en commun, 
  • Création d’une conciergerie et de services numériques pour pallier l’absence instantanée de commerces et de services, 
  • Mise en place d’une école élémentaire en lien avec la Ville de Marseille pour répondre au besoin des futures familles.  

Enfin, la notion de taille critique a été rapidement mise en évidence avec la nécessité de catalyser le démarrage avec une opération significative (10 000 m² de bureaux acquis par la Ville de Marseille) et de mener toute l’opération en continuité de travaux. 

Par ailleurs, les risques liés au climat méditerranéen et notamment les fortes chaleurs, ont été traités à travers les espaces paysagers (cf. critère n°1) mais également à travers le déploiement d’innovations permettant la création d’îlots de fraicheurs urbains : Urban Canopée.  

Grâce à l’apport du laboratoire Phosphore, un laboratoire interne d’Eiffage en développement durable, et de ses équipes, une grille d’analyse à 360° a été effectivement appliquée : il s’agit même du principe de base de Phosphore qui vise à travailler sur l’ADN et le « génie » du territoire.  

Phosphore avait précisément pour terrain d’expérimentation Euromed dans ses premières sessions (Phosphore 1 & 2, entre 2007 et 2010). L’analyse systémique qui a été menée pour ce quartier a été l’occasion de créer un référentiel interne, propre à Eiffage, Haute Qualité de Vie (HQVie®), qui permettait d’incorporer à la fois le label HQE et d’autres thématiques telles que l’inclusion, la résilience, les mobilités.  

Critère n°4 : CRÉATIVITÉ

Représentant un marché de construction de plus de 85 M€ HT au global, ce projet a d’abord constitué un soutien fort à l’activité économique de la Ville (avec des effectifs de pointe dépassant parfois les 200 compagnons sur site).  

Il a permis en outre la création de divers emplois : concierges employés par la société ETIC qui gère la conciergerie de quartier, employés dans les deux commerces d’ores et déjà ouverts, création de différentes structures en auto-entrepreneurs afin de proposer des services toujours en lien avec la conciergerie (coiffure, esthétique, informatique, …). 

Grâce à la mise en place d’AfterWorks tous les premiers mardis de chaque mois (avant Covid), il permet également aux différentes populations (administrations, bureaux, logements libres, sociaux…) de se rencontrer une fois par mois dans une ambiance musicale et festive (karaoke…) afin de créer un véritable lien social entre les habitants de Smartseille mais aussi avec les personnes du noyau villageois des Crottes.  

Ce projet a fait la part belle à de très nombreuses innovations tant techniques (mycorémédiation), de gouvernance (mise en place d’une ASL qui devient la contrepartie de très nombreux opérateurs et qui assure une gestion très complète de l’ilot, jusqu’à la question de la protection des données personnelles par exemple). 

Le point le plus important est la notion de co-construction avec l’ensemble des entités concernées au premier rang desquelles Euroméditerranée et la Ville de Marseille : des échanges nourris sur près de six ans avant le lancement des travaux ont permis le lancement du projet. 

Critère n°5 : POTENTIEL DE RÉPLICABILITÉ

Il est difficile, voire impossible de faire un simple « copier-coller » d’un projet pour le replacer en l’état sur un autre site. L’objectif de Smartseille était notamment de bien prendre en compte le « génie du territoire » et donc ses spécificités afin d’édifier un quartier vraiment adapté au climat méditerranéen.  

Toutefois, de nombreuses innovations issues de Smartseille ont été réemployées dans de nombreux autres projets ou le seront à court terme.  

Localement, une deuxième tranche de 45 000 m² est en train de prendre forme. L’opération conduite par Eiffage Aménagement « LaVallée » à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine) s’est également largement inspirée de Smartseille et la retraduite dans un contexte francilien. 

 

Les questions de parking mutualisés entre différents usages et la possibilité pour un bailleur social d’acquérir un « droit d’usage » et non plus une « place boxée » sont aujourd’hui rentrées dans les mœurs dans de nombreuses opérations (à Bordeaux, …) par exemple. 

D’autres innovations ont été également reprises (studios partagés pour les habitants, …).  

Les équipes de Smartseille ont eu l’occasion d’échanger plus d’une centaine de fois avec des groupes d’élus, d’aménageurs, de promoteurs, d’opérateurs divers, français, européens et internationaux : toutes les informations sont en général présentées à l’occasion de ces visites.  

Formée aux affaires internationales et européennes entre l’Angleterre et la France dans le cadre d’un double diplôme Sciences-Po Lille / Université du Kent, Marion a débuté sa carrière en plaidoyer et relations institutionnelles des organisations non gouvernementales, dans le secteur du commerce équitable (Label Max Havelaar France). Ses expériences sont aussi en lien avec les territoires, avec un passage en coopération décentralisée à l’échelle d’un conseil départemental.

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Issue des sciences sociales, de l’histoire de l’art et de l’architecture, après diverses expériences dans la gestion de projets culturels et la production audiovisuelle, Camille a travaillé dans la communication au sein du groupe VINCI : depuis les grands projets à l’international jusqu’à La Fabrique de la Cité, think tank dédié à la prospective urbaine

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Carla DONCESCU

Diplômée d’un master 2 en Economie du Développement à Panthéon-Sorbonne, et actuellement en formation alternance du Master 2 Relation Internationale et Action à l’Etranger dans la même Université, c’est à travers ces différents prismes et ses expériences à l’internationale qu’elle approche les problématiques de villes et territoires durables.

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Manon EXBALIN

Diplômée d’un Master en sociologie de la communication, Manon a travaillé précédemment pour Greenpeace, la Mairie de Paris (en particulier pour venir en aide aux étudiants), et le Ministère de la Transition Ecologique (DGALN – Mission Communication).

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Géographe de formation (Université d’Etat de Saint-Pétersbourg), elle a débuté au poste de géographe économiste à l’Académie d’Économie Agricole (Russie), avant de poursuivre sa carrière en France, en tant qu’assistante administrative et comptable (Air Liquide, Association TGV Provence Côte d’Azur, COFHUAT, Groupe Hervé)

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Avant de rejoindre l’équipe FVD, il a occupé plusieurs postes dans la gestion des collectivités  locales. Allant d’élu et adjoint au maire de sa ville natale Besançon, chargé des relations universitaires et de la coopération internationale puis Directeur du Développement économique de la Ville de Pantin, pour ensuite être directeur de cabinet à Montreuil où il a notamment piloté la refonte en profondeur du projet urbain vers davantage d’écologie et de développement durable, Il continue son parcours en tant que Haut Responsable de la Résilience de la Ville de Paris.

Il promeut une vision holistique et systémique du développement durable et apporte son expérience/expertise en résilience territoriale et en transition écologique et sociale.

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