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EcoQuartier Hibiscus

Une réalisation proposée par Construction 21

Bâtiments Conception Vie locale

Contributeur

Référent :  Etablissement Public Foncier et d’Aménagement en Guyane
Contact : 

Descriptif

Le projet s'inscrit dans la dynamique de fabrication du nouveau « quartier de l'Université Hibiscus »à Cayenne. Ce nouveau quartier est stratégique pour la ville et pour tout le territoire Guyanais puisqu’il doit permettre d'une part l'aménagement du secteur et l'insertion dans la ville du Pôle Universitaire de Guyane, et d'autre part la création de logements, activités et équipements essentiels au fonctionnement du territoire.

L'ambition du projet est de fabriquer un morceau de ville qui ne soit pas une enclave. C’est-à-dire un quartier pleinement intégré à la ville de Cayenne qui prenne en compte les particularités fortes du territoire guyanais : son système viaire, sa situation sociale, démographique, économique et foncière, sa biodiversité inégalée, et enfin un climat chaud et humide et des risques naturels élevés.

Pour cela, plusieurs principes ont dicté sa conception :

  • INSERER LE QUARTIER A LA VILLE ET AU TERRITOIRE au travers d'un maillage viaire en cohérence avec l’existant et d’une desserte régulière par les transports collectifs,
  • CREER UN NOUVEAU « MORCEAU DE VILLE » offrant mixité sociale et fonctionnelle, maillé à l’échelle du parcours piéton, comme doit l’être un centre urbain,
  • PROPOSER UN PROGRAMME MIXTE REPONDANT AUX BESOINS DUTERRITOIRE ET FAVORISANT LA DIVERSITE SOCIALE, une large mixité de logements, une panoplie d’équipements, des lieux d’échange sociaux et un foncier commercial important,
  • FAVORISER LE CADRE DE VIE en aménageant des espaces publics qualitatifs qui tiennent compte des caractéristiques du climat guyanais : la place centrale, le boulevard urbain, les rues aménagées, le grand bassin de rétention et son parcours de santé sont les éléments fédérateurs de rencontres et de partage du nouveau quartier,
  • VALORISER LE PATRIMOINE NATUREL ET DU PAYSAGE en conservant une forte présence de l’eau et des espaces verts afin d’articuler le quartier à son environnement naturel,
  • APPLIQUER UNE APPROCHE BIOCLIMATIQUE DANS LA CONCEPTIONURBAINE ET ARCHITECTURALE POUR UNE SOBRIETE ENERGETIQUE DUQUARTIER,
  • ET ENFIN, PROPOSER UNE REPONSE INNOVANTE AU RISQUEINONDATION : UNE REELLE PLUS-VALUE PAYSAGERE ET SOCIALE : le projet a reçu en 2015 le "Grand prix de l'aménagement : mieux bâtir en terrains inondables".

La ville de Cayenne n'avait pas connu la construction d'un nouveau quartier structuré depuis plusieurs décennies. A terme, c'est 5% de la population de Cayenne qui habitera le quartier Hibiscus.

Thématiques : 
  • Construction
  • Exploitation
  • Qualité du logement
  • Matériaux
  • Milieux naturels et aquatiques, biodiversité
  • Aménagement
  • Renforcement du lien social et de la solidarité
  • Santé
  • Patrimoine
Échelle : 
  • Quartier

Fiche d'identité

marker  Guyane / 97300 Cayenne
Type de territoire : 
  • > 20 000 < 100 000 habitants
Date de livraison :  15/09/2017
Surface bâtie :  90 237 m2
Coût du projet :  40 252 833 euros
Maîtrise d'ouvrage :  EPFAG, La Fabrique Amazonienne
Maîtrise d'oeuvre :  STOA, Botanik, GTI , BTC
Partenaires associés :  AUDEG, CAUE, ADEME, DGTM, CDC, CACL, Ville de Cayenne

Distinctions

Labels / certifications :  EcoQuartie
Concours / récompenses :  Grand Prix d’Aménagement 2016 «Comment mieux bâtir en terrains inondables constructibles », Green Solutions Awards 2019 catégorie Grand Prix Quartiers

Évaluation du projet*

sur la base du déclaratif du contributeur

Critère n°1 : SOBRIÉTÉ

En Guyane, l’eau est une composante essentielle du paysage : zones littorales et mangrove, zones marécageuses, zones humides d’où se détachent les palmiers bâche, et bien sûr les grands fleuves.

Pour une valorisation du paysage guyanais et de sa biodiversité, le projet s’est engagé dans une gestion alternative des eaux de pluie et une limitation de l’artificialisation des sols (mise en place de solutions de rétention à l’échelle de l’îlot : parking en evergreen, espaces verts…).

La réponse au risque inondation devient alors le cœur de l’aménagement urbain : Le bassin central de compensation et des abords aménagés, les espaces verts, les noues végétalisées de collecte des eaux sont le support d’espaces publics de qualité. Dans le même temps, cette gestion innovante des eaux de pluie devient un levier pour la restauration et la valorisation de la biodiversité floristique et faunistique sur le site. Des moyens importants ont été mobilisés :

  • La superficie d’espaces verts créée est importante,
  • Plus de 1000 arbres et 150 palmiers ont été plantés sur le site dans le respect des essences locales, essentiellement endémiques. (Palmiers bâches, palmiers pinots, cacao rivière, des espèces fruitières anciennes.)
  • Le grand bassin et ses abords, un milieu humide artificiel créé au cœur du quartier, attirent de nombreux oiseaux pêcheurs et autres échassiers

En matière de biodiversité, l’étude d’impact de la ZAC Hibiscus et deux études menées respectivement par le bureau d’études environnementales Sylvetude Guyane de l’ONF et par l’association Kwata ont évalué les enjeux en matière de biodiversité et milieux comme étant faibles sur le secteur. Des actions ont tout de même été menées pour la préservation de la biodiversité : avant le déboisement du site, des associations environnementales ont récupéré les animaux présents et une sélection de la végétation remarquable du site à conserver a été faite.

Concernant la gestion des eaux usées, le réseau du secteur Hibiscus est raccordé à un collecteur gravitaire communal dont l’exutoire est une station à boues actives dimensionnée sur une estimation des volumes d’eaux usées pour le projet Hibiscus

Il n’a pas été mené d’analyse ACV sur le projet HIBISCUS. Cependant, une vraie démarche d’économie des ressources a été développée.

Il faut revenir aux spécificités qui font le territoire guyanais pour comprendre la démarche du projet en termes d’économie des ressources et d’utilisation des ressources locales. En Guyane, en raison de l’éloignement géographique du département et de l’étroitesse du marché local, la production intérieure de produits industriels et artisanaux est limitée.

Aussi, pour ne pas être dans l’obligation a posteriori d’importer en masse des produits en provenance de l’extérieur, il a été convenu, en anticipation de la conception, de la nécessité d’évaluer les capacités de production en local.

L’étude a donc commencé par prendre connaissance de toutes les entreprises guyanaises de travaux publics et d’espaces verts installées sur le territoire. Une évaluation des procédés et des matériaux disponibles a aussi été réalisée sur la base des retours d’expérience des services techniques et des entreprises. Des choix ont été faits : choix des granulométries de matériaux de remblais, choix de la formulation des enrobés, disponibilité de bois dans les scieries.

Concernant les travaux publics, les matériaux et procédés prescrits sont presque entièrement maîtrisés localement, aussi bien dans leur fabrication que dans leur entretien. Cela concerne :

  • Les Bois locaux de classe IV (pour limiter les pesticides) utilisés pour la fabrication des entourages d’arbre, d’une partie du mobilier (poubelles et banc), des terrasses et des passerelles.
  • Les gros galets de la place et bancs fabriqués en béton sur place. Seul le moule a été importé.
  • L’enrobé fabriqué avec un granulat local : le granite gris, seule pierre de Guyane.
  • Un traitement des sols réalisé au liant hydraulique dosé à 6 % sur une épaisseur de 40 cm pour la constitution de la couche de forme et fondation de la voirie pour limiter l’utilisation de la GNT 2 (granulat granitique extrait à la carrière d’EIFFAGE)
  • Les murs de soutènement en gabion remplis avec du caillou granitique issu des carrières guyanaises.
  • Pour limiter l’utilisation du bitume, obligatoirement d’importation, les chaussées de certaines voies de desserte et les trottoirs ont été réalisées en béton.

Pour l’éclairage public, les modèles standards utilisés sur le territoire communal ont été installés et cela afin de faciliter de leur entretien.

Concernant les espaces verts, il a fallu inciter les pépinières locales à anticiper sur la mise en culture des plantes et arbres nécessaires au projet. Les plants ont été semés et élevés à Kourou ; le concept de pépinière en pleine terre n’existait pas avant ce projet. Toutes les essences sélectionnées pour le projet sont locales : des anciennes espèces fruitières (ti-jaune d’œuf, lagerstroemia, manguier nain…), mais aussi des palmiers et des arbres endémiques des milieux humides : palmiers bâches, palmiers pinots, cacao rivière… Il sera nécessaire de développer un vrai savoir-faire pour leur entretien ; la plantation d’arbres en ville est un concept peu développé en Guyane.

Toujours, dans une logique d’économie des ressources, une gestion fine des altimétries a été réalisée afin d’optimiser les terrassements, c’est-à-dire afin d’équilibrer au mieux les cubatures de déblais/remblais. 51 000 m3 de déblais ont été réutilisés pour atteindre l’arase de terrassement et mettre à niveau les espaces verts.

Les notions d’impact GES, de neutralité carbone, de passivité énergétique n’ont pas été utilisées. Cependant, plusieurs mesures qui visent à la sobriété énergétique du quartier ont étaient mises en œuvre.

En Guyane, le climat équatorial est à la fois chaud et humide. L’humidité relative reste très élevée toute l’année : entre 80 et 90 % selon les saisons. Pour faire face à de telles conditions climatiques et dans le but d’une réduction des consommations électriques des bâtiments (climatisation), une approche bioclimatique dans la conception urbaine et l’architecture des bâtiments a été mise en œuvre :

  • Pour lutter contre l’effet d’îlot de chaleur : une forte végétalisation des voies par des arbres de première grandeur permet la création d’un microclimat plus confortable au sein du quartier : la température est plus tempérée, les arbres font de l’ombre sur le sol et les façades des bâtiments, limitant ainsi la réflexion et la chaleur.
  • La plantation de gazon sur les espaces publics pour limiter la réflexion solaire. La place centrale est arborée, totalement engazonnée, les terrasses des cafés sont installées avec des plateformes en bois.
  • L’implantation et l’orientation des bâtiments ont été réfléchies pour favoriser la ventilation naturelle. C’est le principe le plus important en climat équatorial. Le vent permet de rafraîchir le logement naturellement. L’orientation la plus favorable est entre – 45° et + 45° de la direction des vents dominants, généralement ENE. De plus, les logements sont traversants pour laisser entrer et sortir l’air.
  • La réalisation d’une protection solaire efficace constitue le second principe fondamental de la conception de logements bioclimatiques. L’ensoleillement est vraiment fort en Guyane. Les apports de chaleur par les parois sont la principale cause de surchauffe des bâtiments. Cette protection solaire doit donc concerner toutes les parois extérieures du logement : toiture, murs et fenêtres. Il faut donc isoler, ventiler (par des toitures surélevées constituant des combles ventilés) et protéger les murs du rayonnement solaire par la création de débords de toiture suffisants pour faire de l’ombre la plus grande partie de la journée.

Le climat guyanais chaud et humide est propice au développement incontrôlé de la végétation ; la végétation doit être canalisée. Ainsi, afin de limiter l’entretien et la production de déchets verts, un choix minutieux des espèces plantées a été réalisé :

  • En amont de l’aménagement du parcours sportif, un nettoyage du sous-bois existant et la sélection des sujets les plus remarquables à conserver ont été réalisés,
  • le choix d’arbres à tiges bien adaptés au site, nécessitant peu de taille et présentant un encombrement racinaire limité a été fait. Plus de 1000 arbres et 150 palmiers ont été plantés sur le site dans le respect des essences locales. La palette végétale arborée est constituée essentiellement d’espèces endémiques : palmiers bâches, palmiers pinots, cacao rivière… et d’espèces fruitières anciennes.
  • Enfin, seulement deux strates de végétations ont été plantées. Les espaces verts sont composés exclusivement d’arbres et de strate herbacée facile à tondre et offrant une bonne visibilité.

Un tri sélectif des déchets ménagers a été mis en place récemment en Guyane. Quant aux déchets verts, ils sont valorisés via la plateforme de compostage qui revend ensuite le compost.

Critère n°2 : INCLUSION

Entre l’année d’engagement de l’opération 2006 et le démarrage des travaux 2014, se sont écoulées huit années dédiées aux études préalables, aux partenariats avec les acteurs locaux, et dans le cadre de la procédure de ZAC, à l’élaboration du projet urbain en concertation avec la population.

Les études préalables suivantes ont été effectuées :

  • Etudes hydrauliques réalisées dans le cadre du PPRI de 2001 et du Schéma pluvial de 1999
  • Etudes géotechniques réalisées en 2002 par LBTPG
  • Etudes topographiques réalisées par A.G. Topo et par SATTAS en 2003
  • Comptages routiers effectués en 2009
  • Etudes préalables d’avant-projet réalisées par une équipe pluridisciplinaire (architectes, urbanistes, paysagistes, économistes, hydrauliciens…)

L’Evaluation des besoins locaux a été réalisée à partir des données prospectives du SCOT de la Communauté d’agglomération du Centre Littoral de Guyane (CACL). Dans le cadre du projet, les partenariats suivants ont été mis en œuvre :

  • Agence Régionale d’Aménagement et d’urbanisme de Guyane (ARAUG)
  • CAUE
  • ADEME
  • DEAL Guyane
  • Caisse des dépôts et Consignations

En2012 la «charte en faveur du logement pour tous» a été cosignée par la ville, le Conseil Régional, le Conseil Général, les bailleurs sociaux, la CDC, la DGTM et l’EPFAG. Elle définit les engagements concrets de chaque partenaire pour atteindre l’objectif de production d’une nouvelle offre de logement aidés.

Enfin, il faut souligner la relation étroite que le quartier a noué tout au long de sa réalisation avec l’Université de Guyane (UG). Les deux projets se développant en parallèle l’un de l’autre, ils ont eu un effet d’attracteurs réciproques indéniables qui a fortement participé à la réussite du quartier.

C’est donc en toute logique que l’UG a mandaté l’EPFAG pour aménager l’extension de son pôle universitaire.

Le projet s’est attelé à répondre aux besoins du territoire en logements, équipements et surfaces commerciales, et dans le même temps à offrir aux habitants un nouveau « morceau de ville » comme peut l’être un centre urbain.

Le quartier Hibiscus est maillé finement à l’échelle du piéton et offre une large mixité de fonctions. La pluralité de fonctions réunie au sein du quartier Hibiscus permet la limitation des déplacements automobiles, source de qualité de vie à Cayenne où la circulation est souvent congestionnée et où une large partie de la population est non-motorisée.

Un programme mixte est proposé aux habitants :

  • 1387 logements,
  • 4 650 m² de bureaux,
  • 5 700 m² de services et commerces en RDC,
  • 4000 m² de bâtiment à usage collectif,
  • Des équipements et espaces publics.

De plus, dans le but d’accueillir une diversité de ménages et de modes de vie, le projet Hibiscus propose une large diversité de logements adaptée au contexte local. Pour évaluer l’ambition du programme de logements Hibiscus, il faut rappeler que la pauvreté constitue un défi majeur pour la politique en matière de logements.

Au total 1387 logements soit 973 équivalent logements.

  • plus de 600 logements aidés, soit 60% de la totalité des logements,
  • des logements en accession (du studio à la maison individuelle) et locatifs aidés.
  • des types d’habitats diversifiés : 695 logements collectifs, 18 logements individuels et 674 chambres étudiant et jeune travailleur.

Le quartier offre des équipements publics de proximité, un groupe scolaire composé de 18 classes, une maison de quartier, une maison de retraite et des équipements sportifs.

La structure urbaine même du quartier Hibiscus, de par sa densité et la finesse de son maillage, favorise la promenade urbaine et donc les interactions sociales. Les espaces publics sont ombragés, ventilés et bien ouverts. Les rues principales sont plantées de 2 alignements d’arbres de première grandeur favorisant le plaisir de déambuler à l’ombre. Cette promenade est agrémentée de nombreux lieux générateurs d’animation :

  • le parcours de santé aménagé pour les activités sportives,
  • la place centrale arborée offre des plateformes pour l’installation de terrasses de café,
  • et le boulevard urbain devrait offrir une enfilade de commerces de proximité.

Enfin, le même souci de mixité est porté à l’aménagement de l’îlot. Les îlots sont relativement grands(120x120m) et denses. Ils présentent un bon équilibre entre l’espace bâti et l’espace libre : fonctionnant comme des « unités de voisinage », un front bâti sur rue permet d’isoler le cœur d’îlot, plusieurs constructions se composent sur l’îlot autorisant ainsi les vues croisées d’un bâtiment à l’autre. Chaque îlot offre une large gamme de logements et l’accueil de locaux de bureaux et activités, autorisant ainsi mixité fonctionnelle et sociale. Les cœurs d’îlots sont composés d’espaces verts et de parkings mutualisés.

Alors que 80% de la population guyanaise est éligible à un logement social dans un contexte où la pression foncière est très forte, dès 2012 la commune affiche sa volonté de lutter contre la précarité en signant la « charte en faveur du logement pour tous ». La charte définit les engagements concrets de chaque partenaire : la Ville de Cayenne, le Conseil Régional, le Conseil général et les bailleurs sociaux de Guyane, en présence de l’EFPAG, aménageur du Quartier de l’Université, et de la Caisse des dépôts et consignation.

Avec le projet du quartier Hibiscus, ces engagements se sont concrétisés puisqu’une large part des logements programmés sont des logements aidés : 600logements aidés soit 60% de la totalité des logements.

Le projet va aussi dans le sens d’une mobilité plus solidaire avec des aménagements pour les modes actifs et la desserte du quartier par les transports en commun. En Guyane, l’accès aux transports publics est synonyme de mobilité pour une grande part de la population dans une situation précaire. A l’heure d’aujourd’hui, la phase 1 du TCSP est en cours de réalisation : 2 lignes du BHNS (A et B), pour un total de 10km, relie le quartier au territoire, avec 1 BHNS toutes les 10min aux heures de pointe.

L’accessibilité de la ville aux personnes handicapées et à mobilité réduite est une exigence. Ces exigences sont traduites au niveau du projet urbain par l’accessibilité des bâtiments, de la voirie, des transports et des équipements. Des aménagements appropriés de la voirie et des espaces publics (trottoirs larges, peu pentus et équipés de guidages podotactiles) permettent aux personnes handicapées ou à mobilité réduite de pouvoir se déplacer simplement, en toute liberté et en toute tranquillité dans le quartier.

Enfin, des équipements favorables à l’entraide et à l’hébergement des jeunes et des personnes âgées sont prévus :

  • une maison de quartier,
  • une aire de jeux pour les enfants,
  • une maison de retraite,
  • un centre d‘hébergement pour jeunes travailleurs.

Un Micro-trottoir a été réalisé en 2018. Les résultats ont montré que les habitants étaient satisfaits du confort climatique des logements (bonne ventilation), de la situation du quartier (proche de la ville et de l’université), de son ambiance agréable. Beaucoup apprécient aussi la possibilité de faire du sport qu’offrent les aménagements du bassin de rétention.

Des axes d’amélioration sont apparus. Certains ont plaidé pour l’installation de plus de commerces, pour un meilleur entretien des espaces publics avec l’installation de plus de mobilier urbain, pour l’utilisation des énergies renouvelables et du tri des déchets.

Critère n°3 : RÉSILIENCE

L’élaboration du programme du quartier Hibiscus a été nourri par un diagnostic pointu du territoire qui a fait apparaître des spécificités locales et des défis à relever propres à la Guyane qui la distinguent nettement des contextes des départements métropolitains.

La forte pénurie foncière est une problématique centrale du territoire Guyanais. La situation foncière de la Guyane est paradoxale : le territoire est très étendu et très peu dense, mais la disparité de densité de population entre la zone littorale surpeuplée et la zone forestière vide est à l’origined’une forte pression foncière et urbaine sur la plaine littorale, notamment sur l’île de Cayenne.

Cette pression foncière est accentuée d’une part par une croissance démographique et urbaine spectaculaire (due à une forte natalité et une importante immigration), et d’autre part par la forte présence des risques naturels sur le territoire, en particulier le risque inondation ; l’emprise spatiale des aléas naturels réglementée par le Plan de Prévention des Risques (PPR) accentue lourdement la pénurie de parcelles libres d’occupation urbanisables sur l’Ile de Cayenne.

Il est aussi à rappeler que la pauvreté de la population en Guyane constitue un autre défi majeur pour la politique en matière de logements ; 80% de la population guyanaise est éligible à un logement social. Cette donnée a été déterminante dans la programmation du quartier.

Pour faire face à une telle croissance démographique, la Guyane doit répondre en même temps à des besoins considérables et croissants en logements, en infrastructures de base, mais aussi à des besoins de nouvelles infrastructures de transport pour augmenter la mobilité. Et enfin, la Guyane doit faire face aux besoins de développement de ses entreprises.

Dans ce contexte de compétition entre les secteurs, le projet d’aménagement mixte Hibiscus propose de concilier les usages sur le quartier en combinant cadre de vie pour les habitants (avec la création de logements, d’équipements publics, d’espaces publics, de transport) et une offre de foncier commercial au cœur d’un site attractif. Le programme prévoit 4 600 m² de bureaux et de 5 700 m² de commerces et services en RDC.

Enfin, un autre défi auquel ce territoire doit faire face est lié au risque inondation. Autant dire que la prévention du risque inondation auquel le secteur est soumis, est l’une des principales contraintes avec laquelle le projet d’aménagement a dû composer. Il est à noter que pour l’exemplarité de son approche, le projet a reçu en 2015 le « Grand prix de l’aménagement : mieux bâtir en terrains inondables » décerné par le Ministère de l’Ecologie et du Logement.

Dans un premier temps, sur un plan sécuritaire, le projet s’est attaché à répondre techniquement au caractère inondable du secteur précisé par le Schéma directeur d’assainissement pluvial de Région Guyane et par le PPRI de l’île de Cayenne.

Ainsi, pour la gestion de l’eau de pluie et son assainissement, les aménagements hydrauliques suivant ont été réalisées sur le périmètre du projet :

  • Implantation de 2 bassins de rétention. Le grand bassin principal Hibiscus (rétention de 32000m3) dont la conception permet d’absorber les eaux pluviales du quartier en crue centennale et de réguler des débits de fuite vers un canal existant protégeant ainsi tout le secteur. Un petit bassin (de 2500m3) fonctionnant en équilibre avec le grand bassin,
  • Création de noues végétalisées pour la collecte des eaux de pluie (1400m linéaires) et mise en place d’un réseau enterré allant des noues vers le bassin ou le fossé drainant,
  • Redimensionnement des ouvrages d’évacuation existants,
  • Création d’un fossé drainant pour l’évacuation des eaux de ruissellement,
  • Mise en place de solutions de rétention à l’échelle de l’îlot (parking en evergreen, espaces verts…)

Mais surtout, à Hibiscus un autre pas a été franchi sur la question de la gestion de l’eau en Guyane. Le projet Hibiscus a une démarche innovante : l’eau est utilisée comme un élément générateur et pacificateur du projet urbain.

  • Au niveau du paysage, le bassin de 3ha permet des perspectives dans un quartier d’habitat dense,
  • Au niveau social, des aménagements autour du bassin ont été réalisés pour offrir le premier parcours de santé urbain de Cayenne,
  • Au niveau sanitaire, la présence permanente de l’eau (1m20 minimum) élimine le facteur de risque de développement des larves de moustiques
  • Au niveau de la valorisation de la biodiversité, le bassin est un lieu d’accueil pour la faune.

Non, le projet n’a pas mobilisé ces outils.

Critère n°4 : CRÉATIVITÉ

L’offre de foncier commercial tend singulièrement à manquer sur le département. Comme dans les autres DOM, et peut-être encore plus ici, c’est la disponibilité de foncier qui apparaît comme le principal frein à l’installation des entreprises guyanaises. Selon la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Guyane (la CCIG), les espaces d’activités économiques représentent seulement 1 % de l’espace départemental (contre 10 % du territoire en France métropolitaine), ce qui n’est pas suffisant selon elle pour répondre aux demandes des entreprises.

Dans ce contexte, le projet d’aménagement mixte Hibiscus, qui prévoit la création d’un foncier commercial important participe indéniablement au dynamisme économique du territoire. En se basant sur une étude de marché et de programmation commerciale réalisée dans le cadre du projet Hibiscus, il a été prévu la création de 4 600 m² de bureaux et de 5 700 m² de commerces et services en RDC.

De plus, cette offre de foncier commercial intervient au cœur d’un site attractif, offrant le cadre de vie d’un vrai quartier : centralité, voies aménagées, variété de paysages et desserte par un transport collectif rapide et confortable. Ce cadre de vie est un facteur d’attractivité pour les entreprises, de bien-être et de confort pour les travailleurs.

Enfin, le projet peut s’enorgueillir d’avoir contribuer directement au dynamisme économique local : d’une part d’avoir réussi à composer avec les matériaux et les savoir-faire locaux, d’autre part, compte tenu de son ampleur, d’avoir été dans une certaine mesure un levier de restructuration du paysage industriel et artisanal, et de valorisation des filières locales du bois et de la pierre.

Alors que traditionnellement en Guyane, la question du risque inondation est abordée comme un élément technique du projet, qui se traduit par un bassin de compensation, clôturé, peu entretenu avec un risque sanitaire aggravant lié à la prolifération de larves de moustiques durant la saison des pluies. Alors que l’on était dans une logique d’imperméabilisation des sols et de disparition totale de l’élément eau, dans la conception du quartier Hibiscus l’eau apparaît comme porteuse de vertus récréatives, hydrauliques, paysagères et surtout écologiques.

L’eau est appréhendée comme un partenaire central de la conception urbaine du quartier Hibiscus. La gestion de la contrainte technique est devenue ainsi un atout dans la conception de ce morceau de ville, offrant une légitimité et une richesse au projet. Ainsi, le bassin central de compensation est le support d’un espace public de qualité, une respiration urbaine dédiée à la détente, la promenade et les pratiques sportives. Le fossé drainant constitue la place centrale arborée inondable, lieu de rencontre et de convivialité au cœur du quartier. Ces lieux uniques répondent à une forte demande de la part des habitants.

Sur l’ensemble du territoire de la Guyane, c’est le Plan de Gestion des Risques Inondations (PGRI) qui donne les grandes orientations de la politique de gestion des risques inondations. Sur l’Ile de Cayenne, 5 axes stratégiques sont retenus dont ceux d’améliorer la connaissance et la culture des risques d’inondations. Dans ce sens, ces dernières années, plusieurs actions ont été menées sur le territoire pour sensibiliser la population. Parmi elles, « les journées risques » constituent une opération annuelle de sensibilisation aux risques majeurs. Elles sont l’occasion de porter l’information préventive à la population, de lui faire toucher du doigt la réalité des risques présents sur le territoire tout en lui indiquant les conduites à tenir. La prochaine édition pourrait se tenir au cœur du quartier Hibiscus avec comme toile de fond le grand bassin paysager.

Critère n°5 : POTENTIEL DE RÉPLICABILITÉ

L’EcoQuartier Palika porté par l’EPFAG, dont les travaux ont débuté en 2019, peut être considéré comme une réplique de l’EcoQuartier Hibiscus dans sa gestion innovante des eaux de pluie. Les enjeux liés aux risques inondations et mouvements de terrain y sont importants. La réponse urbaine proposée par le projet, comme à Hibiscus, est de valoriser le bassin de compensation des eaux pluviales pour en faire un véritable cœur du quartier.

La DGTM Guyane a produit plusieurs guides à l’attention des aménageurs et des promoteurs-bailleurs en vue de diffuser les bonnes pratiques :Guide sur les mesures d’évitement, de réduction et de compensation en Guyane (2019), Guide sur la prise en compte de l’environnement dans les opérations d’aménagement urbain (2020).

Enfin, localement, le Club Villes Equatoriales Guyanaises Durables (VEGD) réunissant les parties prenantes institutionnelles et associatives de l’aménagement durable en Guyane favorise le développement des EcoQuartiers tels qu’Hibiscus.

Formée aux affaires internationales et européennes entre l’Angleterre et la France dans le cadre d’un double diplôme Sciences-Po Lille / Université du Kent, Marion a débuté sa carrière en plaidoyer et relations institutionnelles des organisations non gouvernementales, dans le secteur du commerce équitable (Label Max Havelaar France). Ses expériences sont aussi en lien avec les territoires, avec un passage en coopération décentralisée à l’échelle d’un conseil départemental.

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Issue des sciences sociales, de l’histoire de l’art et de l’architecture, après diverses expériences dans la gestion de projets culturels et la production audiovisuelle, Camille a travaillé dans la communication au sein du groupe VINCI : depuis les grands projets à l’international jusqu’à La Fabrique de la Cité, think tank dédié à la prospective urbaine

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Carla DONCESCU

Diplômée d’un master 2 en Economie du Développement à Panthéon-Sorbonne, et actuellement en formation alternance du Master 2 Relation Internationale et Action à l’Etranger dans la même Université, c’est à travers ces différents prismes et ses expériences à l’internationale qu’elle approche les problématiques de villes et territoires durables.

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Manon EXBALIN

Diplômée d’un Master en sociologie de la communication, Manon a travaillé précédemment pour Greenpeace, la Mairie de Paris (en particulier pour venir en aide aux étudiants), et le Ministère de la Transition Ecologique (DGALN – Mission Communication).

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Géographe de formation (Université d’Etat de Saint-Pétersbourg), elle a débuté au poste de géographe économiste à l’Académie d’Économie Agricole (Russie), avant de poursuivre sa carrière en France, en tant qu’assistante administrative et comptable (Air Liquide, Association TGV Provence Côte d’Azur, COFHUAT, Groupe Hervé)

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Avant de rejoindre l’équipe FVD, il a occupé plusieurs postes dans la gestion des collectivités  locales. Allant d’élu et adjoint au maire de sa ville natale Besançon, chargé des relations universitaires et de la coopération internationale puis Directeur du Développement économique de la Ville de Pantin, pour ensuite être directeur de cabinet à Montreuil où il a notamment piloté la refonte en profondeur du projet urbain vers davantage d’écologie et de développement durable, Il continue son parcours en tant que Haut Responsable de la Résilience de la Ville de Paris.

Il promeut une vision holistique et systémique du développement durable et apporte son expérience/expertise en résilience territoriale et en transition écologique et sociale.

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