Mode sombre

Ecoquartier de REMIRE MONTJOLY

Une réalisation proposée par Suez Consulting Antilles Guyane

Bâtiments Conception Économie durable Management et gouvernance Réseaux Vie locale

Contributeur

Descriptif

L’Etablissement Public Foncier d’Aménagement de la Guyane (EPFAG), en partenariat avec la ville de Rémire-Montjoly, a souhaité concevoir l’éco-quartier Vidal suivant les principes du développement durable. A cette fin, une démarche d’écoquartier a été initiée sur le site de Vidal.

Ce quartier est situé à proximité du bourg de Rémire à la confluence de 2 axes routiers importants : l’ex-RN3 et l’ex-RN4 dite la Matourienne.

Les études d’aménagement menées par l’EPFAG conduisent à réaliser une zone d’aménagement concertée (ZAC). La ZAC permettra d’assurer la maîtrise de l’urbanisation et la réalisation d’un projet urbain cohérent sur la zone.

L’aménagement est décomposé en 3 phases permettant la viabilisation d’un périmètre de 35 ha qui accueillera 1400 logements et services publics.

Thématiques : 
  • Qualité du logement
  • Aménagement
  • Économie sociale et solidaire
  • Participation citoyenne
  • Énergie
  • Transport de personnes
  • Grand cycle de l'eau
  • Renforcement du lien social et de la solidarité
Échelle : 
  • Quartier

Fiche d'identité

marker  Guyane / REMIRE MONTJOLY
Type de territoire : 
  • > 20 000 < 100 000 habitants
Date de livraison :  20/06/2019
Surface bâtie :  76 000 m2 viabilisés
Coût du projet :  42 M €
Maîtrise d'ouvrage :  EPFAG
Maîtrise d'oeuvre :  Atelier MARNIQUET AUBOUIN
Partenaires associés :  Suez Consulting, Détails, Techni’cité

Évaluation du projet*

sur la base du déclaratif du contributeur

Critère n°1 : SOBRIÉTÉ

Le projet s’inscrit dans l’aménagement d’un territoire riche en faune et en flore qu’il est impératif de préserver. L’enjeu d’une optimisation et valorisation de l’espace a été central dans la conception générale du projet, et ce à plusieurs échelles de conception : à l’échelle territoriale, installer une limite claire de l’urbanisation, vis-à-vis d’espaces de grande valeur paysagère et environnementale.

A l’échelle du quartier proprement dit :

  • Dans le choix de tracé des espaces publics en tenant compte de la topographie (courbe de niveau) afin d’optimiser les emprises foncières à desservir et à construire
  • Dans le choix du mode de gestion des eaux pluviales dans les espaces publics afin de réduire les contraintes à l’échelle parcellaire et conséquemment de favoriser une plus forte densité et une meilleure organisation du bâti à la parcelle. La gestion dans l’espace public de l’eau pluviale permet en outre de garantir le meilleur fonctionnement et la pérennité de sa gestion dans un contexte climatique guyanais fortement contraint.

A l’échelle du tissu urbain bâti :

  • Au travers de préconisations fortes concernant la gestion du stationnement sous bâtiment, également afin d’optimiser la constructibilité des emprises foncières.
  • Au travers de choix typologique d’habitat en privilégiant l’intermédiaire et le collectif.
  • Au travers d’un découpage foncier en bonne adéquation avec ces choix typologiques. La combinatoire de ces orientations de projet à plusieurs échelles a permis d’aboutir à la construction d’un quartier dont la densité est notoirement supérieure à celle pratiquée tendanciellement, tout en préservant une identité paysagère forte dans le tissu bâti.

L’opération d’EcoQuartier a fait l’objet d’une étude d’impact et d’un dossier d’autorisation au titre de la loi sur l’eau qui ont permis d’établir l’état initiale du site, identifier les nuisances ainsi que les réductions des impact envisagés. Un travail itératif entre le bureau d’études, ayant réalisés l’étude d’impact et le dossier loi sur l’eau, et l’équipe de maîtrise d’œuvre a permis d’intégrer très en amont les mesures prévues pour réduire ou compenser les nuisances. Ainsi, la déforestation et le terrassement seront limités au strict nécessaire et valorisés au niveau du réemploi des matériaux latéritiques et de la réutilisation des déchets verts. Les arbres remarquables et deux vastes zones boisées seront conservées dans le plan masse de référence. L’imperméabilisation des sols sera compensée par un système hydraulique de noues et de bassins tampons pour assainir la zone.

Le projet a permis d’initier la recherche et la mise en œuvre sur des produits béton à base de latérite. Les cheminements piétons de l’écoquartier sont réalisés en béton latéritique permettant ainsi de substituer une partie des granulats d’apport par de la latérite issue du site.

Les luminaires suspendus au-dessus de la circulation piétonne sont fixés à des mâts en bois cathédrale issu de forêts guyanaises gérées durablement.

L’accent a été mis sur une recherche technique permettant de limiter le recours au béton dans les aménagements. Ainsi, les fossés recueillant les eaux pluviales bénéficient d’un traitement à base de géonatte et couvre-sol pour consolider les talus et éviter l’utilisation de béton.

Des prescriptions et choix architecturaux visant le confort climatique des logements ont été intégrés dans les cahiers de préconisation des lots.

Il est envisageable, en complément des actions de droit commun lancées sur le territoire visant à la protection des milieux et à la maîtrise de l’énergie, en sus des prescriptions explicatives prévues dans le livret d’accueil, de mener des actions de sensibilisation des premiers habitants et de la population de l’île de Cayenne à propos des modes de vie en logement bioclimatique et des modes de gestion et de fonctionnement de l’écoquartier (rôle des noues par exemple).

Les modes doux sont privilégiés, avec la réalisation d’une large emprise de déplacement des cycles et des piétons sur l’artère principale du quartier, séparée de la chaussée par un espace paysager de qualité. Les voies secondaires, ne supportant pas un trafic de transit, sont quant à elles réalisées sous la forme de voies partagées dont l’aménagement favorise la cohabitation des modes doux avec les circulations de véhicules.

Sept arrêts de bus jalonneront le quartier et seront situés à moins de 150 m des logements.

Critère n°2 : INCLUSION

L’opération a fait l’objet d’une vaste campagne de concertation avec :

  • Elus locaux
  • Habitants (comités de quartier, ateliers participatifs, réunions publiques)
  • Experts (bureaux d’études)
  • Administrations (CACL, DGTM, CTG, DRAC, ONF, Conservatoire du Littoral)
  • Associations
    • association locale de promotion de la qualité urbaine et architecturale durable (AQUAA, maison de l’architecture de Guyane)
    • association de préservation de la faune et de la flore et de sensibilisation à l’écologie et à l’éco citoyenneté (Gepog, KWATA, GRAINE de Guyane…)
    • associations sportives
    • associations culturelles (musée des cultures guyanaises)

Un des principes majeurs du projet dans sa programmation vise une diversité de l’offre d’habitat compte tenu de la très forte diversité de population autant en mode de vie qu’en moyen financier. Cette diversité est rendue possible par un travail spécifique sur le découpage foncier du projet, de l’îlot à la parcelle. Ce principe de découpage classique, contrairement au macro-lots, permet de proposer une forte diversité d’habitat à l’îlot, que ce soit en typologie architecturale que pour répondre à la mixité sociale ; selon la règle des 3 tiers (locatifs social, accession aidée et marché libre). Si la mixité sociale est à l’échelle de la parcelle très difficile à mettre en œuvre, la diversité typologique a été autant que possible proposé (maisons de ville, intermédiaire et petit collectif au sein d’une même parcelle).

De par sa situation stratégique, au carrefour des communes de Cayenne, Matoury et Rémire-Montjoly, l’EcoQuartier se situe à proximité de plusieurs bassins d’emploi et de vie justifiant son attractivité. L’offre de commerces et activités internes au quartier permettra aussi aux habitants de bénéficier de ces services sans utiliser systématiquement leur véhicule.

Une étude comparative des prix du foncier et de l’immobilier a permis à l’EPFAG de vérifier la valeur de ses charges foncières. L’offre diversifiée de logements doit permettre à tous les ménages de pouvoir trouver un habitat adapté à sa trajectoire résidentielle. Un effort particulier a été apporté dans la commercialisation des terrains libres de construction (60 lots), cédés directement par l’EPFAG aux particuliers, afin de lisser leur prix pour les rendre accessibles au plus grand nombre. La moitié de ces terrains seront cédés à des primo-accédants. Cette mesure complète une offre de logements dont les formes urbaines et leurs modes de financement doivent permettre à tout un chacun de pouvoir prolonger son parcours résidentiel dans un quartier proche de toute commodité.

Les arrêts de bus seront accessibles aux personnes à mobilité réduite.

Pas de retour à ce stade.

Critère n°3 : RÉSILIENCE

Le projet a fait l‘objet de différentes études, notamment hydraulique afin de dimensionner correctement les ouvrages d’évacuation des eaux pluviales sans risque de débordement et d’inondation.

Par essence, un projet d’écoquartier déploie une vision systémique pour analyser les divers enjeux (mobilité, logement, services de base, emplois…).

Critère n°4 : CRÉATIVITÉ

De manière à soutenir l’économie Sociale et Solidaire (ESS) l’EPFAG a décidé d’imposer des mesures d’insertion dans le Dossier de Consultation des Entreprises pour les travaux relatifs à l’EcoQuartier. De plus, le quartier prévoit l’implantation de projets à caractère social, tel que l’Implantation d’un bar associatif en phase 3…

Suivant les résultats de l’analyse du maître d’œuvre et le soutien de différents corps consulaires (notamment la CCIG) le futur quartier mettra en valeur les filières locales : bois, matériaux latéritiques. Alors que le marché de la construction est dynamique, les ressources locales sont peu mises en valeur, le projet d’Ecoquartier a pour ambition de promouvoir l’utilisation accrue de matériaux locaux, autant dans l’espace public que dans l’architecture, en particulier le bois et la latérite. Cette initiative n’aura pas qu’un impact économique de soutien de filière mais permettra également une promotion des productions locales et par la même améliorera la visibilité de ces secteurs d’activités (marketing territorial).

Au niveau technique, le projet a fait l’objet de recherche sur la réalisation d’un béton latéritique permettant la réutilisation de déblais latéritiques dans la composition du béton. Cela permet de substituer une partie des granulats d’un béton classique tout en ayant une teinte naturelle du matériau final proche de la latérite.

Critère n°5 : POTENTIEL DE RÉPLICABILITÉ

Le projet n’a pas encore été répliqué mais la démarche d’éco-quartier pourra être répliquée sur d’autres quartiers de Guyane.

Formée aux affaires internationales et européennes entre l’Angleterre et la France dans le cadre d’un double diplôme Sciences-Po Lille / Université du Kent, Marion a débuté sa carrière en plaidoyer et relations institutionnelles des organisations non gouvernementales, dans le secteur du commerce équitable (Label Max Havelaar France). Ses expériences sont aussi en lien avec les territoires, avec un passage en coopération décentralisée à l’échelle d’un conseil départemental.

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Issue des sciences sociales, de l’histoire de l’art et de l’architecture, après diverses expériences dans la gestion de projets culturels et la production audiovisuelle, Camille a travaillé dans la communication au sein du groupe VINCI : depuis les grands projets à l’international jusqu’à La Fabrique de la Cité, think tank dédié à la prospective urbaine

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Carla DONCESCU

Diplômée d’un master 2 en Economie du Développement à Panthéon-Sorbonne, et actuellement en formation alternance du Master 2 Relation Internationale et Action à l’Etranger dans la même Université, c’est à travers ces différents prismes et ses expériences à l’internationale qu’elle approche les problématiques de villes et territoires durables.

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Manon EXBALIN

Diplômée d’un Master en sociologie de la communication, Manon a travaillé précédemment pour Greenpeace, la Mairie de Paris (en particulier pour venir en aide aux étudiants), et le Ministère de la Transition Ecologique (DGALN – Mission Communication).

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Géographe de formation (Université d’Etat de Saint-Pétersbourg), elle a débuté au poste de géographe économiste à l’Académie d’Économie Agricole (Russie), avant de poursuivre sa carrière en France, en tant qu’assistante administrative et comptable (Air Liquide, Association TGV Provence Côte d’Azur, COFHUAT, Groupe Hervé)

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Avant de rejoindre l’équipe FVD, il a occupé plusieurs postes dans la gestion des collectivités  locales. Allant d’élu et adjoint au maire de sa ville natale Besançon, chargé des relations universitaires et de la coopération internationale puis Directeur du Développement économique de la Ville de Pantin, pour ensuite être directeur de cabinet à Montreuil où il a notamment piloté la refonte en profondeur du projet urbain vers davantage d’écologie et de développement durable, Il continue son parcours en tant que Haut Responsable de la Résilience de la Ville de Paris.

Il promeut une vision holistique et systémique du développement durable et apporte son expérience/expertise en résilience territoriale et en transition écologique et sociale.

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