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Ecoquartier Cœur de Ville, La Possession

Une réalisation proposée par Construction 21

Bâtiments Conception Économie durable Réseaux

Contributeur

Référent :  Estelle TECHER, Directrice de projets
Contact : 

Descriptif

Cœur de ville est une opération d'aménagement ambitieuse qui a pour objectif de doter la commune de La Possession d’un nouveau centre-ville, bâti dans une perspective de long terme, durable et exemplaire, pour satisfaire les besoins croissants d’une augmentation de population continue et permettre d’accueillir à terme plus de 5 000 nouveaux habitants.  

Par ce projet, la commune de La Possession souhaite s’affirmer comme la ville durable réunionnaise de demain, à travers un aménagement répondant aux exigences de qualité environnementale, urbaine et territoriale élevées.  

Un des principes est de concilier urbanité, mixité sociale et fonctionnelle, ainsi que les nouveaux modes de déplacement et les nouveaux outils numériques pour partager avec les habitants une nouvelle manière de vivre la ville.  

Toute l’ambition de ce projet est d’urbaniser dans un contexte insulaire et tropical en privilégiant des solutions innovantes et adaptées au milieu pour équilibrer la ville et ses habitants...

Thématiques : 
  • Construction
  • Qualité du logement
  • Matériaux
  • Exploitation
  • Aménagement
  • Milieux naturels et aquatiques, biodiversité
  • Économie de la fonctionnalité
  • Transport de personnes
  • Communication (numérique)
Échelle : 
  • Quartier

Fiche d'identité

marker  La Réunion / 97419 La Possession
Type de territoire : 
  • > 20 000 < 100 000 habitants
Date de livraison :  01/01/2026
Surface bâtie :  136 538 m2
Coût du projet :  350 M. euros
Maîtrise d'ouvrage :  SEMADER
Maîtrise d'oeuvre :  LEU Réunion
Partenaires associés :  Commune de La Possession, SEMADER, - ICV (Immobilière Cœur de Ville), LEU Réunion (Laboratoire Ecologie Urbaine)

Distinctions

Labels / certifications :  EcoQuartier
Concours / récompenses :  Smart Island World Congress Award, Trophée des Outre-Mer Durables Eco-Maires, Green Solutions Awards 2018 , 2ème Place au jury international « prix Ville Durable » (COP 24)

Évaluation du projet*

sur la base du déclaratif du contributeur

Critère n°1 : SOBRIÉTÉ

Oui, en effet le projet tient compte de l’impact sur le foncier et la biodiversité. Notamment, par Le projet paysager mis en place qui constitue un « territoire ressource ». Les essences plantées constituées de nombreuses espèces endémiques, permettent de reconquérir les espaces urbanisés appauvris.

Cette diversité végétale redonne vie aux sols par le développement de systèmes racinaires complexes, support de la gestion des eaux pluviales et favorise l’installation d’une biodiversité faunistique du sous-sol, des sols et des airs. Ces espèces endémiques ont été sélectionnées pour le milieu insulaire tropical de la zone semi xérophile capable de s’adapter aux sécheresses. De plus, l’aménagement de ces espaces permet de faire la jonction entre deux corridors écologiques que sont la Ravine des Lataniers et la Ravine à Marquet (ZNIEFF), créant ainsi une continuité écologique de la Trame Verte et Bleue. Le projet permet donc de constituer la création d’un écosystème mégatherme semi xérophile au sein d’un quartier neuf prolongé par de la restauration écologique des Ravines.

Concernant la préservation de la ressource en eau, l’objectif est d’assurer une gestion qualitative et économe, les systèmes de plantations installés dans les jardins des espaces publics et privés sont constitués de végétaux xérophiles adaptés au climat sec du site. Les végétaux, support de la gestion des eaux pluviales profitent de ce maigre apport et seront en parallèle économes en arrosage. Le projet profite d’un réseau d’eau brute existant pour le développer sur les espaces publics.

La mise en place d’un arrosage à contrôle manuel permet une réduction de la consommation de cette ressource. Un couplage avec des capteurs au sol est également envisagé pour optimiser sa gestion en s’appuyant sur les outils de la Smart City. Le suivi des consommations à l’aide d’un système permettra de localiser rapidement les éventuelles fuites et de faire de la pédagogie auprès des usagers. D’autre part, la gestion de l’eau pluviale se fait directement sur site de façon alternative, par le biais de noues végétales, augmentant la surface perméable, permettant le ruissellement naturel de l’eau et l’absorption de celle-ci, prévenant ainsi le risque d’inondation.

Le projet tend par ailleurs à inclure l’identité agricole originelle du site par la mise en place de jardins partagés en cœur d’ilot et le déploiement à terme d’un projet d’agro-urbanisme sur une surface d’environ 1 hectare.

Il y a eu une forte volonté de garder une perméabilité importante (plus de 50% sur l’ensemble du site) en privilégiant les espaces plantés pleine terre en cœur d’ilot et dans les espaces publics ainsi que de privilégier l’utilisation de matériaux poreux pour les revêtements. Des ratios de perméabilité (50%) et de pleine terre (30%) sont imposés pour chaque opération.

L’approche paysagère du projet est ambitieuse, par la préservation et la valorisation du patrimoine végétal existant sur le site d’une part, et la reconstitution d’un véritable territoire ressource en biodiversité d’une part. Un travail de repérage de ce patrimoine végétal (espèces endémiques et arbres remarquables) a été effectué afin de les protéger dans le cadre du PLU et de les inclure dans la trame urbaine créée.

En parallèle de cette préservation in situ, une véritable ingénierie végétale a été mise en place pour créer une matrice source de biodiversité indigène. Le mail piéton de la promenade des Banians constitue le support d’une trame végétale dense et vient relier les corridors écologiques que sont les 2 ravines enchâssant le site. D’autres poches réparties sur le quartier, viennent compléter ce dispositif : vergers, arboretum, spécimens de banians, agriculture urbaine.

Au total, ce seront plus de 80 000 sujets qui seront plantés, représentant plus de 100 espèces différentes, principalement indigènes et endémiques. Cette diversité végétale redonne vie aux sols par le développement de systèmes racinaires complexes, support de la gestion des eaux pluviales et favorise l’installation d’une biodiversité faunistique du sous-sol, des sols et des airs.

Le projet fait une refonte des standards de l’aménagement urbain et des systèmes constructifs pour aller vers des choix environnementaux des matériaux utilisés.

Pour les aménagements urbains et paysagers, la réutilisation des matériaux du site est préconisée (équilibre déblais/remblais, réutilisation roches pour les noues et ouvrages en moellons, terres végétales pour les plantations…)

Chaque projet de construction conformément au règlement de construction et d’aménagement de la ZAC le « Référentiel DD » doit s’orienter sur l’emploi de matériaux renouvelables et sur l’économie de matière première. Pour être autorisées, les constructions devront privilégier les produits et composants à faible contenu en énergie grise et notamment ceux issus de matières premières biosourcées.

En effet, le projet intègre aussi l’utilisation de matériaux biosourcés dans les constructions, notamment par le biais du référentiel Développement Durable. Ce référentiel impose par exemple d’utiliser au moins 20dm3 de bois par m²sdp, permettant le stockage du carbone, mais aussi l’utilisation de matériel biosourcé et/ou local, diminuant ainsi l’empreinte carbone des constructions.

Il y a eu une mesure forte qui a été intégrée au règlement du PLU très volontaire en la matière, notamment l’article UA15 qui plafonne les consommations énergétiques selon la destination des constructions (par exemple 20kWh/m² SdP/an pour l’habitat) et qui impose l’instrumentalisation des logements pour suivre les consommations d’énergie.

Aussi, pour améliorer les bilans énergétiques et GES, l’efficacité énergétique se traduit par le bio-climatisme tropical à l’échelle du site, de l’îlot urbain, et du bâtiment, détaillé dans les référentiels et les OAP. L’objectif de cette efficacité est qu’aucune climatisation ne soit installée sur la ZAC (sauf nécessité particulière avérée), grâce à la conception des bâtiments et à la structuration des espaces environnants en véritable « îlots de fraîcheur »

Pour tendre vers l’objectif de la neutralité carbone et de la passivité énergétique, c’est une stratégie globale qui a été est mis en œuvre dès la conception de la trame urbaine. Des prescriptions règlementaires complétées par un référentiel développement durable aux exigences fortes viennent encadrer tous les projets de constructions.

A l’échelle du plan masse, la priorité a été donné à une organisation urbaine de porosité par rapport aux vents ainsi qu’à un urbanisme fortement végétalisé pour créer des ilots de fraicheur.

A l’échelle du bâtiment, il a été développé une approche bioclimatique poussée de l’enveloppe, de sa composition et de ses protections solaires, en ayant recours aux seules solutions passives.

De plus, pour tous les bâtiments tertiaires, il est demandé la réalisation d’une étude TEC-TEC permettant la réalisation d’un pré-diagnostic carbone du projet à la construction et à l’exploitation.

Enfin, le projet de cœur commerçant (250 logements, 13 000 m2 de bureaux et de commerces) est en démarche de certification BREEAM et développe une stratégie d’autoconsommation avec l’équipement en panneaux photovoltaïques de toutes les 5èmes façades.

Dès la conception des bâtiments, il est visé une limitation du gaspillage de matériaux par des choix architecturaux et techniques raisonnables, fonctionnels et faciles d’entretien.

De la même manière pour les espaces plantés, les modes de gestion différentiés et écologiques favoriseront la régénération des sols vivants et éviteront des gestions dures consommatrices de moyens y compris en carburant (souffleurs et débroussailleurs thermiques).

Un suivi des consommations électriques et en eau sera mis en place à travers les outils développés dans le cadre de la smart city.

Les exigences de sobriété énergétique pour la conception seront reprises dans un référentiel spécifique à la gestion et à l’exploitation des opérations et du quartier.

Il y a aussi l’utilisation de l’outil TEC-TEC pour réduire les impacts carbone liés à l’exploitation des bâtiments tertiaires.

Critère n°2 : INCLUSION

La concertation tient une place importante dans la genèse et tout au long de la réalisation du projet, avec :

– La tenue de réunions publiques informatives/thématiques régulières et d’ateliers participatifs trimestriels

– Des projets de sensibilisation particuliers avec des populations ciblées : écoles, personnes âgées, etc.

– Des projets collectifs avec la population : autour de l’animation des jardins partagés, l’aménagement des espaces publics, le choix du nom des nouvelles rues, etc.

– Une démarche a aussi été amorcée avec les commerçants du centre-ville, partie prenante dans la dynamique d’animation commerciale de la commune notamment par la mise en place d’une charte éco-commerçante

– La mise en place d’une charte de l’éco-citoyen co-construite en partenariat avec les habitants et les partenaires de Cœur de Ville.

– La mise en place d’ateliers participatifs avec les habitants volontaires par le biais des « Kozman Ekokartié » pour que les habitants puissent participer à la qualité de vie de Cœur de Ville.

– La mise en place de shooting photos afin d’intégrer les habitants et les rendre acteur de leur quartier, mais aussi permettre d’alimenter les supports de communication de Cœur de Ville.

-La mise en place de jardins partagés sur le Cœur de Ville est le fruit d’une démarche participative. Pour le 1er jardin, ce sont 19 parcelles qui permettent aux habitants du « Cœur de Ville » de jardiner proche de leur lieu de vie. C’est permettre aussi à chaque habitant d’être acteur de son quartier (échange de savoirs faires, communication entre voisins, se retrouver en famille autour du plaisir de jardiner pour sa propre consommation et pour manger sainement…).

Ces jardiniers bénéficient d’un accompagnement avec l’association An Grèn Koulèr et d’ateliers de jardinage thématique (les semis, la gestion de l’irrigation, le terrarium, la charte des jardins partagés, le compostage, l’agriculture biologique…).

– La mise en place d’une charte pour les jardins partagés, co-construite avec les jardiniers attributaires des parcelles.

-La mise en place d’une démarche participative et pédagogique, au travers d’actions de sensibilisation à l’environnement des scolaires (élémentaires, collèges, lycées). En lien avec le CAUE, les plus jeunes sont invités à se projeter dans leur futur environnement en les mettant à contribution sur leur vision de la ville de demain. Une approche intergénérationnelle initiée depuis le lancement de Cœur de Ville. A titre d’exemple, la dernière action va aboutir à l’installation sur le quartier de mobilier urbain imaginés et conceptualisés par les jeunes.

La mixité sociale et fonctionnelle est inscrite dans l’ADN de Cœur de Ville.

Le projet accueillera ainsi, 40 % de logements locatifs sociaux, 20 % de logements intermédiaires et 40 % de logements libres à la fois à l’échelle de chaque ilot et de l’ensemble de la ZAC. Mais aussi plus de 15 000 m2 de commerces, de bureaux et ateliers, ainsi que 2 écoles, un collège et la nouvelle mairie centrale.

Le projet prévoit par ailleurs, 3 résidences services destinées aux personnes âgées autonomes, ainsi que 2 micro-crèches qui sont en cours d’instruction de permis. Cette programmation est le 1er pas vers un quartier de mixité qui pourra prendre vie grâce à d’importants espaces publics (place de la centralité, promenade des banians).

La mise en place de jardins partagés permet également aux habitants de se retrouver quel que soit leur situation, dans un lieu de partage sur le jardinage. Ces lieux constituent des hauts lieux de vivre ensemble car source de rencontre et de partage pour les habitants.

Le projet favorise aussi la mixité fonctionnelle, notamment par un quartier multifonctionnel qui allie à la fois des commerces, des logements, des bureaux, des équipements publics, des espaces de rencontres et d’échanges, mais aussi des services de proximité notamment.

Aujourd’hui, sont déjà présents sur la 1ère tranche opérationnelle livrée :

–  Une épicerie (Mon Petit Comptoir)

– Une agence commercial d’une société d’économie mixte de transport (KAR’OUEST, transports urbains et suburbains de voyageurs)

– Un cabinet de Masseur-kinésithérapeute

– Un magasin d’alimentation de produits entiers ou transformés de volaille locale (Q.UE V.OLAY P.e.ï)

– Un centre d’action médico-sociale précoce (CAMSP)

Le quartier accueillera le plus grand parking de l’île : près de 400 places mutualisées et connectées, avec autopartage et déplacements multimodal (vélos-trottinettes)

L’écoquartier est construit avec le principe des courtes-distances au sein duquel nous rendons accessible à tous, facilement et rapidement, les services publics, les espaces de travail, de consommation et d’animation et au sein duquel nous développons l’accès à la mobilité douce pour tous : partage de vélo, mail tropical piétonnier traversant l’ensemble du quartier, développement des transports en commun…

De par les obligations de mixité de programmation des logements, les ménages les plus modeste ont accès à 40 % des logements qui sont construits.

De plus sur la question du handicap, le projet s’est aménagé dans les respect des règles d’accessibilité, ainsi presque tout le quartier est accessible aux personnes à mobilité réduite. Même les jardins partagés sont adaptés, permettant de mettre à disposition des bacs surélevés pour les PMR. Aussi, dans le cadre de l’accompagnement des enfants en situation de handicap, des jardins sont mis à disposition pour que les enfants puissent jardiner et apprendre à cultiver. Ces jardins sont mis à disposition du centre d’action médico-sociale précoce. Par ailleurs, les constructions bioclimatiques permettent de ne pas utiliser de climatisation dans les logements, ainsi, les personnes les plus vulnérables ne sont pas exposés aux dangers des gaz émis par la climatisation. Une attention est aussi portée aux personnes âgées, en effet 3 résidences seront créées pour les seniors, cette offre de résidence est à vocation sociale, offrant des services personnalisés et des logements de qualité adaptés aux personnes âgées. Cette offre de résidence comprendra 2 Kaz’aïeuls et une structure privée, qui sont des logements adaptés aux besoins des plus de 60 ans “actifs et autonomes” et touchant de faibles retraites. Ces résidences s’appuient sur 5 piliers « le confort, l’autonomie, la tradition, la sécurité et la solidarité ».

Afin d’obtenir un retour des usagers, des ateliers de rencontres ont été mis en place. Ces ateliers ont permis de comprendre quels sont les difficultés des usagers, ainsi le projet devient résilient et apprend de ses erreurs pour s’améliorer. De fait, la perception du territoire s’améliore progressivement par le biais de la communication notamment. De plus, une étude de confort thermique est en cours dans les logements permettant de mesurer les températures et afin de comprendre la notion d’inconfort dans les logements et leur apporter des solutions.

Aussi, des enquêtes habitants ont été réalisées afin de mesurer la qualité de vie des habitants. De cette enquête en ressort de la satisfaction ainsi que de l’intérêt de la part des habitants pour leur quartier. Notamment sur les espaces verts de l’écoquartier, 64% des habitants se disent satisfait.

L’écoquartier est un quartier familial, prêt de 83% des résidents interrogées ont des enfants. C’est aussi un quartier où il fait bon vivre selon les habitants, 72 % des familles interrogées disent que leur logement est de qualité et participe pour 65 % des interrogées à plus de confort au quotidien.

Les résident participent au bien vivre ensemble du quartier par la pratique du jardinage au sein des jardins partagées, 75% des résidents connaissent le principe des jardins partagées, et 63% sont prêt à bénéficier d’une parcelle en contrepartie d’une petite contribution.

Le projet prend en compte une gestion économe de l’énergie par l’installation de capteurs dans les logements. Permettant de mieux maîtriser l’énergie, notamment la consommation d’eau et d’électricité et ainsi faire des économies. La pose de ces capteurs intéresse 73 % des résidents interrogés. L’écoquartier intègre aussi une volonté de promouvoir les Ecogestes comme le tri, on constate que pour 94 % d’entre eux trier ses déchets est un geste du quotidien. Cependant, des progrès sont à prévoir concernant le compostage, 89 % des résidents disent n’avoir jamais utilisé un composteur. De même un changement des habitudes, et une évolution des pratiques doit se faire, seulement 17% disent pratiquer le co-voiturage, 20% utilise les transports en commun, et 20 % circule en vélo dans le quartier. Les habitants ont encore un peu de mal à changer leurs habitudes, ils ne sont pas en encore Eco-acteur de l’écoquartier, cependant la volonté pour la collectivité est de les amener vers ces nouvelles pratiques en faveur de leur environnement. Un autre point qui serait à améliorer c’est l’acoustique, on constate que pour 63 % des familles, la qualité acoustique est à améliorer, que ce soit à cause du bruit lié à la résidence ou celui du quartier (actuellement en travaux).

Critère n°3 : RÉSILIENCE

Sur le plan des vulnérabilités des populations face à un risque environnemental, un diagnostic sur le système hydrologique du secteur et la prise en considération de zones à risque d’inondation à deux endroits du site ont orienté la conception de l’ensemble du projet de gestion des eaux pluviales.

Afin d’anticiper les risques liés à l’arrivée de population et la nouvelle attractivité du centre-ville, le projet s’est inscrit très en amont dans une démarche de sureté urbaine.

Dès 2013, une étude en concertation avec la gendarmerie nationale a été engagée pour anticiper les risques en matière de délinquance et troubles à la tranquillité publique.

Une réflexion poussée a été également menée sur l’éclairage du quartier, devant être arbitrer entre les préoccupations environnementales et sécuritaires.

Le choix d’un éclairage optimisé, adapté à la nature des espaces et à l’heure de la nuit, joue un rôle important dans le sentiment de sécurité. L’objectif est de mieux éclairer en évitant la pollution lumineuse et le gaspillage d’énergie.

Basée sur une analyse sociologique du territoire, le projet tend à répondre au besoin de développement solidaire de l’économie locale, notamment par des contrats d’insertion, la promotion de filières, la création d’emplois etc… Pendant les travaux, 400 emplois annuels sont créés ou consolidés. A titre d’exemple, le projet de cœur commerçant avec tous les bureaux, commerces, boutiques et restaurants génèrera près de 1 000 emplois direct et indirect.

Une programmation dense et mixte, par la création de résidences et services destinés aux personnes âgées, d’espaces de sociabilité permettant l’instauration d’une mixité sociale intergénérationnelle au sein du quartier. La multiplication des lieux de rencontre accompagne cette volonté d’inclusion sociale et se veut ainsi réduire la vulnérabilité des personnes isolées.

Un diagnostic croisé a sous-tendu la conception du projet. En effet, diverses expertises ont été menées (urbaine, environnementale, mobilité, sociologique, économique, hydraulique, aéraulique, climatique…) pour aboutir à la fois à la programmation urbaine et au plan d’aménagement.

C’est par cette approche systémique qu’il s’agit au fur et à la mesure de la conception du quartier d’arbitrer entre les différents enjeux et objectifs.

Critère n°4 : CRÉATIVITÉ

Dans le cadre de la création de la ZAC, le projet valorise les emplois locaux, permettant ainsi durant chaque phase de travaux, de créer de l’emploi. En lien avec les entreprises et les demandeurs d’emplois, la ZAC crée des emplois en alternance par le développement d’un réseau d’acteurs. La mise en réseau entre les habitants et le projet de Cœur de Ville permet ainsi le développement d’opportunités d’emplois induits par les travaux de l’opération d’aménagement.

Dans une démarche partenariale avec le réseau d’insertion économique, il est intégré dans les marchés de travaux des heures prévisionnelles d’insertion, avec pour priorité les candidats habitants le Cœur de Ville. Pour la tranche 1, près de 4 204 heures ont été réalisées sur un prévisionnelle de 4 336 heures, soit 4 personnes employées. Pour la tranche 2, le bilan pour le marché de voirie et réseaux divers (lot n°1 – tranche 2) en 2020, fait état de 2 547.50 heures comptabilisées sur un prévisionnelle de 1 625 heures. Soit un en poste en manœuvre VRD et un en poste en maçon VRD. Ces deux bénéficiaires poursuivront en contrat auprès de l’entreprise titulaire de ce marché de VRD. De même, il est prévu 442 heures d’insertion pour le lot mobilier (lot 4 – tranche 2) et 755 heures pour le lot revêtement urbain (lot 5 – tranche 2).

De plus, de nombreuses associations sont présentes sur site, à la fois dans les jardins partagés, créant le lien avec les jardiniers et leur disposant de formations et d’animation, mais aussi dans les Locaux Communs Résidentiels. Ces dernières créent du lien entre les habitants par le biais d’activités culturelles ou manuelles.  (Associations : AGK, Tu es mon autre, Joie de vivre…).

Le projet tente par le biais de différentes actions de permettre aux habitants de devenir les acteurs de leur quartier. A travers une mission de biodiversité, le projet tente de permettre aux habitants de mieux connaître le fonctionnement écologique de leur quartier, mais aussi d’apprendre à le protéger et le gérer. Cette innovation sociale est en lien avec les services de la ville de La Possession, permettant ainsi de consolider la gouvernance du projet. La gouvernance du projet est assurée de façon tripartite grâce à un partenariat public/privé.

Le projet a mobilisé des innovations techniques, notamment par le développement de l’association Smart City.

En effet, à travers la Smart City des innovations technologiques seront proposés aux habitants, permettant ainsi plus de services de confort et d’échanges. Ainsi la ville connectée améliore la qualité de vie de chacun en mettant l’humain et le citoyen au cœur de tout.

Parmi les innovations technologiques nous avons :

-Les jardins partagés connectés : Au moyen d’un smartphone est d’une application dédiée, on pourra avoir une gestion facilitée. Par le biais de cette application on pourra réserver des lots, avoir des échanges, être informés des actions d’animation et de formation, faire des trocs de fruits et légumes et ainsi favoriser les circuits courts.

-Des capteurs météo : Grâce à une station météo et des capteurs installés dans la rue, les usagées auront la possibilité d’obtenir la température, la qualité de l’air ou encore l’hygrométrie.

-Capteurs de suivi énergétique : Les compteurs intelligents d’eau et d’électricité permettront aux usagers de suivre leur consommation d’électricité et d’eau de leur logement. Ainsi les usagers pourront faire des économies en suivant précisément leur consommation.

-Le commerces en ligne : Par le biais de développement de plateformes regroupant toutes les commerces de proximité, on pourra faire des commandes ou des livraisons à domicile. (Projet de « e-commerces », « e-Kanopée » et « e-conciergerie »)

-Une plateforme numérique : A destination de tous les habitants et usagers de la ville, une plateforme numérique centralisera l’ensemble des données privées (consommation électricité/eau) et publiques (horaires des bus, inscriptions scolaires…) ces informations seront accessibles de façon personnalisée et sécurisée. L’ensemble des services proposés aux résidents sera également sur une cette application notamment réserver sa voiture en autopartage, acheter en ligne des billets de spectacle, chercher une garde d’enfants, ménage…

-Les parkings intelligents : Grâce à une application qui indiquera les places disponibles en temps réel dans le parking souterrain et le stationnement de surface, on facilitera le stationnement des usagers.

-Applications participatives : A partir d’une application participative « Communecter », on offrira aux habitants la possibilité d’être informés sur la ville et sur toutes les activités proposées, mais aussi de participer à la vie de la ville.

Critère n°5 : POTENTIEL DE RÉPLICABILITÉ

La ZAC Cœur de Ville est le premier projet à avoir était lancé au sein du périmètre Ecocité. A ce titre il a vocation à servir de laboratoire urbain afin d’éprouver des modes d’aménagement et d’urbanisme ambitieux en terme d’enjeux DD, de mixité sociale et fonctionnelle et d’inclusion des habitants.

Le projet est réplicable par ailleurs, en dehors du périmètre Ecocité, sous réserve d’adaptation au milieu concerné. En effet, le concept de l’écoquartier Cœur de ville de La Possession peut être réplicable partout ailleurs, mais pas dans son ensemble car le projet est spécifiquement adapté à son territoire.

De plus, la ZAC peut être un modèle sur certaines thématiques, notamment en lien avec le label écoquartier dans les milieux tropicaux. Toutefois, ces thématiques sont bien sûr réplicables à d’autres milieux. Pour se faire, le référentiel DD peut être le document de base de toute réflexion, document qui est accessible en ligne sur le site du projet, ou sur le site de la Ville de La Possession.

Formée aux affaires internationales et européennes entre l’Angleterre et la France dans le cadre d’un double diplôme Sciences-Po Lille / Université du Kent, Marion a débuté sa carrière en plaidoyer et relations institutionnelles des organisations non gouvernementales, dans le secteur du commerce équitable (Label Max Havelaar France). Ses expériences sont aussi en lien avec les territoires, avec un passage en coopération décentralisée à l’échelle d’un conseil départemental.

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Issue des sciences sociales, de l’histoire de l’art et de l’architecture, après diverses expériences dans la gestion de projets culturels et la production audiovisuelle, Camille a travaillé dans la communication au sein du groupe VINCI : depuis les grands projets à l’international jusqu’à La Fabrique de la Cité, think tank dédié à la prospective urbaine

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Carla DONCESCU

Diplômée d’un master 2 en Economie du Développement à Panthéon-Sorbonne, et actuellement en formation alternance du Master 2 Relation Internationale et Action à l’Etranger dans la même Université, c’est à travers ces différents prismes et ses expériences à l’internationale qu’elle approche les problématiques de villes et territoires durables.

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Manon EXBALIN

Diplômée d’un Master en sociologie de la communication, Manon a travaillé précédemment pour Greenpeace, la Mairie de Paris (en particulier pour venir en aide aux étudiants), et le Ministère de la Transition Ecologique (DGALN – Mission Communication).

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Géographe de formation (Université d’Etat de Saint-Pétersbourg), elle a débuté au poste de géographe économiste à l’Académie d’Économie Agricole (Russie), avant de poursuivre sa carrière en France, en tant qu’assistante administrative et comptable (Air Liquide, Association TGV Provence Côte d’Azur, COFHUAT, Groupe Hervé)

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Avant de rejoindre l’équipe FVD, il a occupé plusieurs postes dans la gestion des collectivités  locales. Allant d’élu et adjoint au maire de sa ville natale Besançon, chargé des relations universitaires et de la coopération internationale puis Directeur du Développement économique de la Ville de Pantin, pour ensuite être directeur de cabinet à Montreuil où il a notamment piloté la refonte en profondeur du projet urbain vers davantage d’écologie et de développement durable, Il continue son parcours en tant que Haut Responsable de la Résilience de la Ville de Paris.

Il promeut une vision holistique et systémique du développement durable et apporte son expérience/expertise en résilience territoriale et en transition écologique et sociale.

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