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EcoQuartier Clichy-Batignolles

Une réalisation proposée par MTE

Bâtiments Conception

Contributeur

Référent :  Thomas Zamansky, Chef du bureau de l'aménagement opérationnel durable - MTE
Contact : 

Descriptif

Le secteur d’aménagement Clichy-Batignolles situé dans le 17ème arrondissement de Paris occupe une position charnière entre des quartiers haussmanniens et faubouriens, et la commune de Clichy-La-Garenne. S’étendant sur près de 50 ha, le projet est celui d’une mutation radicale d’un site dédié historiquement aux infrastructures ferroviaires et mité progressivement. Il rationnalise les installations ferroviaires pour créer un quartier centré sur un parc de 10 ha et reliant des secteurs séparés par les infrastructures.

Si la candidature aux JO de 2012 a orienté le destin du projet, la décision, en 2009, d'implanter la cité judiciaire lui a donné une dimension métropolitaine. La cohérence a été tenue par l'équipe de concepteurs en charge du projet depuis son lancement : François Grether architecte-urbaniste, Jacqueline Osty paysagiste et OGI, bureau d’études techniques.

Par sa taille, ce projet offre l’opportunité de mettre en œuvre à une large échelle les ambitions de la Ville de Paris en matière de développement durable. Les cibles prioritaires sont l’énergie, l’eau et les déchets.

Clichy-Batignolles s’est imposé comme laboratoire de l’urbanisme parisien : c’est un projet complexe où s’inventent de nouvelles façons de fabriquer la ville, avec des méthodes inédites de partage du projet avec les partenaires, et les habitants.

Thématiques : 
  • Rénovation / Réhabilitation
  • Aménagement
Échelle : 
  • Quartier

Fiche d'identité

marker  Île-de-France / Paris
Type de territoire : 
  • Métropole
Date de livraison :  01/09/2021
Surface bâtie :  530 000 m²
Coût du projet :  890 M€
Maîtrise d'ouvrage :  Ville de Paris , SPL Paris & Métropole Aménagement
Maîtrise d'oeuvre :  Atelier François Grether (architecte coordinateur), Agence Jacqueline Osty (paysagiste), Omnium Général d’Ingénierie (VRD), Inddigo (AMO développement durable et qualité environnementale), Un autre ville (AMO Pilotage environnemental de l’opération)
Partenaires associés :  Ville de Paris, Paris Batignolles Aménagement, DRPJ, EPPJP, , RATP, SAEMES, SNCF/RFF le groupe SNCF, SNEF, SYCTOM, concessionnaires des réseaux,

Distinctions

Labels / certifications :  Label EcoQuartier Etape 3, Label Ecojardin
Concours / récompenses :  Trophée « Adaptation au changement climatique & territoire , Grand Prix « Ville durable » , Lauréat de l’appel à projets

Médias

 

 

Évaluation du projet*

sur la base du déclaratif du contributeur

Critère n°1 : SOBRIÉTÉ

Dans une ville dense comme Paris, la reconquête d’une friche urbaine par l’aménagement d’un quartier générant l’arrivée de 6 500 nouveaux habitants et plus de 12 700 emplois, s’inscrit dans une démarche de développement urbain durable au coeur de la ville dense, a contrario des extensions urbaines et de la périurbanisation des espaces. L’aménagement du secteur Clichy Batignolles s’inscrit dans un projet de continuité urbaine en organisant la mutation d’un secteur jusqu’alors dédié aux emprises ferroviaires et à des activités associées, et devenu en partie une friche urbaine sous exploitée ou utilisée par des activités non prioritaires au coeur de l’agglomération (fret camion/camion) Du point de vue des enjeux fonciers, ce projet répond à l’urgence en matière de logements par la construction programmée de 3065 logements dont 50% des surfaces dédiées aux logements sociaux mais également à la volonté de réintroduire la nature en ville à travers la réalisation d’un grand parc urbain de 10 ha. Le projet s’inscrit dans la politique foncière volontariste menée par la Mairie de Paris pour produire du logement pour tous. Pour optimiser la consommation d’espaces, le projet a donc joué la carte de la mutualisation des espaces et la cohabitation de nombreuses fonctions urbaines.

La Ville de Paris a adopté en 2011 un Plan Biodiversité dont Clichy-Batignolles constitue une « opération pilote ». Dans le parc Martin Luther King, une faune et une flore particulièrement riches se développent autour d’un fossé humide et d’un bassin biotope. Il s’insère dans une trame verte composée du Parc Monceau, du Bois de Boulogne, de plusieurs squares (dont ceux des Batignolles et des Épinettes) ainsi que des cimetières de Montmartre et de Clichy. Cette trame verte constituera un atout majeur pour le maintien de la biodiversité à Paris. Hormis le parc proprement dit, la protection et le développement de la biodiversité passent par les plantations variées le long des voiries, les coeurs d’îlot paysagers et les toitures végétalisées. Les cahiers de prescriptions environnementales imposent des coefficients de biodiversité calculés à partir de la végétalisation des surfaces horizontales et verticales des projets.

Le projet Clichy-Batignolles vise à réduire de 50 % les rejets d’eau pluviale au réseau par rapport à un projet classique, afin de minimiser les risques de saturation des réseaux et de pollution de la Seine. Des exigences précises sont édictées en la matière pour chaque parcelle. La présence d’un grand parc, la faible surface des voiries, la végétalisation d’une partie des toitures et des coeurs d’îlot favorisent la limitation des rejets d’eaux pluviales par infiltration naturelle, absorption ou évapo-transpiration. Dans le parc, les eaux en quantité trop importante pour s’infiltrer directement dans le sol sont récupérées pour alimenter le bassin biotope. Ces eaux couvrent 40 % des besoins en irrigation du parc.

Biodiversité BILAN 2019 • Contribuant aux ambitions du Plan Biodiversité, l’ensemble du quartier compte 146 196,6m² de surfaces végétalisées, toitures inclues, et de larges surfaces perméables (environ 160 000m²). En complément du parc Martin Luther King (100 000m²), une grande partie de ces surfaces est développée dans les lots sous forme de jardins de coeur d’îlot, de terrasses et toitures plantées ou encore de murs végétalisés. Ces lots doivent par ailleurs atteindre un coefficient de biodiversité mesuré par les audits Inddigo : le lot O4b a par exemple un coefficient de 0,23 ce qui est supérieur à l’objectif de 0,21. Ce même lot, ainsi que le lot O9 ont d’ailleurs reçu le label biodiversity décerné par le Conseil International Biodiversité et Immobilier, récompensant la diversité des écosystèmes et des espèces et leur relation à l’Humain dans ces projets.

Les cahiers de prescriptions incitent fortement à l’utilisation de matériaux renouvelables. Certains matériaux sont interdits, tel le PVC. Pour d’autres, des labels sont exigés (peintures, revêtements muraux, moquettes…). Les maîtres d’ouvrage sont tenus de faire évaluer l’énergie grise des bâtiments et de respecter une valeur plafond.

L’objectif “d’émissions de CO2 nul” est important, car ce bilan constitue une analyse complète d’exploitation du site, incluant l’ensemble des constructions et des aménagements publics Le projet a ainsi privilégié l’utilisation d’éco-matériaux afin de limiter la consommation de matériaux et de ressources épuisables utilisées pour la fabrication des bâtiments et des espaces publics.

Bilan 2019 : actions validées et confirmées

Les performances thermiques des bâtiments visent à réduire la consommation nécessaire au chauffage à 15 kWh/m²/an et la consommation globale en énergie primaire est proche 50 kWh/m²/an, hors prise en compte des énergies renouvelables locales (géothermie et photovoltaïque). Les exigences énergétiques vérifiées de Clichy-Batignolles sont supérieures à la RT 2012. Des exigences complémentaires permettent de généraliser la sobriété à l’ensemble des postes de consommation du quartier. L’énergie nécessaire au chauffage et à l’eau chaude sanitaire provient à 85 % (vérifié) de la géothermie(forages dans la nappe de l’Albien).

Enfin pour tendre vers un bilan carbone neutre de l’ensemble de l’opération, les consommations électriques incompressibles seront en partie compensées par une production d’électricité photovoltaïque. Les toitures photovoltaïques réparties sur les différents bâtiments permettent de produire 3 393 Mwh/an.

Bilan 2019 : actions validées et confirmées

Les performances sont évaluées et les solutions et le pilotage des systèmes sont ajustés grâce à la plateforme du projet CoRDEES sur le secteur Ouest, porté par un consortium constitué de la Ville de Paris, P&Ma, la société de smart grid Embix, le cabinet de conseil en développement durable Une Autre Ville et le laboratoire ARMINES.

Le projet CoRDEES a constitué une chaîne de coresponsabilité incluant les bailleurs, les syndics de copropriété, la CPCU, Eau de Paris et Enedis, jusqu’aux habitants et salariés. Cette gouvernance permet de mutualiser les efforts et de trouver des solutions collectives afin d’optimiser les performances énergétiques du quartier. Elle vise à faire émerger un « facilitateur de quartier », nouveau service urbain à l’écoute de l’ensemble des acteurs et besoins.

L’étude SciencesPo a également mobilisé les gestionnaires des équipements publics, des EHPAD et des associations via des entretiens.

Bilan 2019 : actions validées et confirmées

Critère n°2 : INCLUSION

Une large concertation associe depuis 2008 les parisiens et les clichois à la réussite du nouveau quartier Clichy-Batignolles. À chaque étape du projet, des ateliers, des journées « portes ouvertes », des promenades urbaines, des visites de chantier, des débats permettent de dialoguer avec les citoyens et d’enrichir le projet de leur connaissance du quartier et de leur expertise d’usage. Cette concertation est placée sous la vigilance d’un garant dont le rôle est de faciliter le dialogue entre les acteurs du projet et de veiller à l’écoute mutuelle et à l’expression de tous. Il a en charge la synthèse des travaux des différents groupes et leur restitution lors de l’assemblée plénière du projet. Démarches mises en œuvre : Les ateliers citoyens, des Ateliers sont également consacrés au suivi des chantiers, les rencontres de « Clichy-Batignolles » La Maison du projet, les journées « portes Ouvertes »,.

Bilan 2019 : actions validées et confirmées

1) Les fonctions urbaines du projet Clichy Batignolles sont mixtes. Il équilibre la part des logements, des bureaux, des équipements publics, des commerces et des services divers. La programmation intègre aussi des activités de logistique urbaine (un centre de tri des déchets, un terminal de collecte pneumatique, une centrale à béton, des installations de maintenance ferroviaire, un parking pour autocars) sur 5,2 hectares soit 10% des emprises du projet d’ensemble. Cette intégration obéit à la volonté de préserver les fonctions logistiques dans Paris intramuros pour des raisons environnementales évidentes (éviter les déplacements de camions entre la périphérie et le centre, développer le fret ferroviaire). 2) Compte tenu des besoins diagnostiqués en logements, équipements et services à l’échelle du quartier et de l’arrondissement, les fonctions proposées par le projet viennent renforcer les fonctions existantes en nombre et en diversité. Outre les nouveaux transports, le parc de 10 ha et les équipements de proximité (crèches, écoles, collège, gymnases), la diversité des services offerts est renforcée par la présence d’une maison de quartier, d’un centre PMI, d’un cinéma, d’un pôle commercial inter-quartiers, de stations Vélib et Autolib’.

MIXITE 1) Le projet Clichy Batignolles promeut la ville durable pour tous. Son programme de logements se caractérise par la diversité des types de logements construits : dont 50% des surfaces dédiées aux logements sociaux. Le nouveau quartier offre notamment 500 logements pour étudiants et jeunes travailleurs, 200 chambres pour personnes âgées dépendantes, ainsi qu’un foyer d’accueil médicalisé, une résidence sociale, un centre d’hébergement et de réinsertion. Ces différents types de logements sont répartis sur l’ensemble du nouveau quartier sans distinction d’emplacement ou de qualité. Les logements sociaux sont la plupart du temps intégrés dans des îlots mixtes.

Bilan 2019 : actions validées et confirmées  avec entre autres près de 51% de logements sociaux sur l’ensemble de l’opération

SOLIDARITE 1) Le vieillissement et le handicap ont été pris en compte dès la phase amont du projet afin de proposer des solutions intégrées et non discriminantes :

deux EHPAD (un public, un privé), un Foyer d’Accueil Médicalisé (FAM) ont été réalisés dans le quartier et intégrés dans des programmes de logements mixtes.

l’espace public a été traité de manière à prendre en compte toutes les formes de handicap. Tous les lieux du projet devront être accessibles aux personnes en situation de handicap. Un travail important a été effectué pour améliorer l’accessibilité du site aux personnes à mobilité réduite via le traitement des différentiels de niveau par l’aménagement de rampes avec des pentes inférieures à 4% et un objectif de 100% des cheminements piétons sur la voirie publique accessibles aux PMR. 2) Le projet a permis la création de nouvelles dynamiques locales notamment l’implantation d’associations comme « Le jardin de Perlimpinpin » ou encore le jardin « les coopains » qui sont des jardins partagés associatifs permettant de s’approprier davantage les lieux.

La clause d’insertion sociale est systématisée sur l’ensemble des marchés de travaux passés par l’aménageur ainsi que sur les chantiers des lots immobiliers qu’il commercialise. 5% au moins des heures travaillées sur chaque chantier doivent être effectuées par des personnes en situation d’insertion.

BILAN 2019 • Pour répondre à un besoin de nouveaux espaces collectifs au sein des immeubles, le projet a poussé les concepteurs à créer ces lieux de partage : serre collective pédagogique, jardinspartagés, terrasses, etc. La Ville de Paris a lancé dans le cadre du projet CoRDEES un appel à projets citoyens auprès des habitants du quartier pour soutenir et financer des projets d’intérêt général répondant aux enjeux environnementaux : le “hub des initiatives”. 23 dossiers ont été déposés entre novembre 2018 et janvier 2019, et 9 ont été retenus pour être développés en ateliers de co-construction avec les habitants.

Les interactions avec les habitants et les usagers prennent plusieurs formes.

L’étude SciencesPo a été l’occasion d’échanger avec les habitants et les usagers, et de recueillir leur discours et leurs attentes.  Actions d’amélioration liées : Suivant les remarques issues du terrain, les actions prennent différentes formes : Pédagogie :  Le coaching énergétique promeut des pratiques éco-responsables et offre un suivi individualisé, Implication citoyenne, Adaptation des services urbains

Critère n°3 : RÉSILIENCE

Différentes études ont permis de mettre en évidence certaines caractéristiques du territoire, prises en compte dès la phase de conception du projet :

-Un site enclavé par les infrastructures créant une coupure urbaine au coeur du Nord Ouest parisien. La volonté de reconnecter les différents quartiers du Nord Ouest parisien est au coeur du projet urbain de Clichy-Batignolles. Le parc urbain de 10 ha, axe fondateur du projet, a été conçu comme un espace de convergence.

-Un site soumis aux nuisances sonores et aux pollutions atmosphériques. Ces contraintes, issues de la présence du périphérique et du faisceau ferré, sont à l’origine de certaines orientations dans la conception du plan masse : la localisation des immeubles de bureaux et d’activités le long des sources sonores pour former un écran acoustique et le regroupement des îlots d’habitations au coeur du site, autour des espaces verts.

-Un site pollué. Le passé ferroviaire du site a engendré une pollution ponctuelle. A l’échelle de l’opération, des études ont été menées afin de vérifier la compatibilité des milieux avec les usages projetés sur le site. Une Evaluation Quantitative des Risques Sanitaires (EQRS) a été établie pour chaque lot accueillant un équipement sensible puis une EQRS globale a permis de tester différent scenarii d’exposition sur l’ensemble du projet d’aménagement.

-Un site soumis à des contraintes de sol ou de sous-sol. La présence de gypse antéludien limite les processus d’infiltration des eaux pluviales (infiltration forcée interdite).

Bilan 2019 : actions validées et confirmées  avec entre autres lutte contre les îlots de chaleur urbain, confort d’été, qualité de l’air extérieur et intérieur.

Le projet s’est appuyé sur la démarche EcoQuartier et la grille dédiée, y compris l’évaluation en continu lié à la labellisation. Des moyens spécifiques et dédiés au suivi environnemental et développement durable du projet. Face à l’enjeu majeur que constitue la mise en oeuvre de prescriptions de développement durable, la Semavip s’était dotée, en interne et dès la phase amont du projet, d’un poste transversal de « chargé de mission développement durable » qui travaillait en priorité sur l’opération Clichy Batignolles. Le chargé de mission développement durable avait pour missions d’animer la démarche environnementale de l’opération, de coordonner les expertises externes, de veiller à la prise en compte des critères de développement durable à toutes les étapes de l’opération (études techniques préalables, marchés et appels d’offres, commercialisation des charges foncières, concours, études de conception, travaux, etc.) et d’accompagner l’élaboration du Plan d’Actions d’Amélioration de l’opération. Depuis la création de PBA, cette mission a été reconduite et externalisée pour garantir la continuité des dispositifs mis en place et veiller aux respects des engagements et objectifs fixés en matière de développement durable. Depuis 2010, PBA a lancé une mission spécifique d’assistance à maitrise d’ouvrage pour le pilotage environnemental de l’opération.

Critère n°4 : CRÉATIVITÉ

DYNAMISME DU TISSU ECONOMIQUE EXISTANT ET NOTION 2 : DEVELOPPEMENT D’UNE ECONOMIE LOCALE ET SOLIDAIRE Les études préalables sur l’emploi et le développement économique montrent que le taux d’emploi sur le secteur autour de Clichy-Batignolles est nettement inférieur à celui de l’arrondissement et de l’ensemble de la ville. Le taux de chômage est également supérieur à celui des quartiers sud de l’arrondissement. Dans l’objectif de réduire ces disparités et de réimplanter des emplois très diversifiés dans Paris, le projet comporte :

la création de 110 000 m² de surfaces d’activités tertiaires (+ 120 000 m² pour la cité judiciaire), destinées à la fois aux grandes entreprises et aux PME/PMI, correspondant à environ 12 700 emplois.

la reconstitution d’un important programme d’activités liées à la logistique comprenant la réimplantation d’activités de fret en relation avec le transport ferré, la reconstitution de l’activité de la centrale à béton, la création d’un centre de tri de déchets recyclables. la réalisation d’environ 30 000 m² de commerces et services correspondant à la création de 300 à 500 emplois. Leur situation sur les voies publiques les plus fréquentées, outre une garantie de visibilité, donnera une impulsion à l’activité des services existants aux alentours.

CREATIVITE Le projet Clichy-Batignolles est l’expression d’une vision prospective et audacieuse de la ville. Il doit à ce titre offrir ce que l’architecture contemporaine conçoit de meilleur dans un contexte d’exigences environnementales très élevées. Les processus de conception, de concertation, de choix techniques et financiers, de pilotage et d’amélioration en continu sont exemplaires et souvent innovants. De nombreuses solutions urbaines, architecturales et techniques sont aussi innovantes. Concilier qualité architecturale et qualité environnementale, à l’instar des éco-quartiers exemplaires du Nord de l’Europe, est un enjeu majeur pour les concepteurs qui doivent arriver à mettre en oeuvre des niveaux d’exigence exceptionnels dans un contexte urbain de forte densité. C’est dans ce cadre que la créativité des concepteurs a pu s’exprimer. Ces exigences techniques et architecturales très importantes ont favorisé l’émergence de propositions architecturales innovantes.  Une démarche innovante est également intervenue au coeur de la réflexion sur la silhouette urbaine de ce nouveau quartier à l’occasion de la conception du secteur ouest.

Bilan 2019 : actions validées et confirmées  avec entre autres un pilotage en phase opérationnelle pour suivre et mesurer l’atteinte des engagements pris. Dans une ville en perpétuelle mutation, la programmation du quartier tend elle aussi à pouvoir évoluer. Des solutions de réversibilité et de flexibilité immobilière ont été intégrées, notamment dans les programmes tertiaires,  Par exemple le lot O9 de bureaux a été conçu par les agences Baumschlager Eberle et Scape pour pouvoir être redivisé en plus petites surfaces. e lot O7, conçu par les équipes Chartier-Dalix et Brenac&Gonzalez et occupé intégralement par l’assureur AXA, offre également une flexibilité en dédoublant le noyau dans le hall traversant pour créer trois zones indépendantes.

Critère n°5 : POTENTIEL DE RÉPLICABILITÉ

Démarche pilote qui est intégrée dans les projets d’aménagement de la ville de Paris. Un laboratoire et un démonstrateur d’ambition pour l’urbanisme parisien Clichy-Batignolles démontre comment un projet urbain répond de manière itérative aux multiples enjeux de la ville contemporaine, en transformant une friche ferroviaire en un espace dense, ouvert et vivant. Engagée en 2002, labellisée ÉcoQuartier en 2016, cette opération est une référence de développement durable et de mixité. La très haute performance énergétique des bâtiments, l’utilisation de la géothermie, les surfaces végétalisées maximisées sont des réponses aux enjeux de la transition énergétique et de la résilience. Le parc Luther King relie entre eux des quartiers autrefois séparés. Les programmes mixtes, dont la moitié sociaux, répondent aux besoins de logements familiaux et spécifiques et intègrent dans les socles équipements et services. Enfin, les bureaux contribuent à moderniser l’offre tertiaire par leur confort d’usage et leur environnement multifonctionnel. Ces programmes offrent des espaces collectifs, supports de convivialité. Ce résultat est le fruit d’une ambition constante, de choix successifs encadrés par une stratégie cohérente et d’une vigilance permanente quant au respect des objectifs, mais aussi de méthodes inédites de partage du projet avec les partenaires et les habitants : ateliers collaboratifs, journées portes ouvertes, hub des initiatives, coaching, conseil de quartier, les actions se multiplient depuis la livraison des premiers immeubles. La conception de la rue Rostropovitch en Ateliers collaboratifs est la première expérience, à cette échelle, d’une démarche associant Ville, aménageur, urbaniste en chef, opérateurs immobiliers et maîtres d’oeuvre, en dialogue avec l’Atelier habitants.

Levier de réplicabilité interne à la ville de Paris :
En menant à bien la réalisation de l’ÉcoQuartier, P&Ma a su tirer des enseignements sur ses pratiques d’aménageur dans une logique d’amélioration continue.
Cette réflexion a conduit à la publication de l’Atelier des Batignolles en 2014, faisant le bilan de l’intérieur des démarches de conception du nouveau quartier en ateliers collaboratifs, et est également la source des publications Façons de faire, partageant les retours d’expériences de P&Ma depuis 2018. Ainsi, les méthodes développées à Clichy-Batignolles sont réemployées pour d’autres opérations :
• Le travail en ateliers pour l’étude d’impact de la ZAC Chapelle-Charbon
• La démarche durable et le facilitateur énergétique pour la ZAC St Vincent de Paul
• « Habiter autrement » pour la ZAC Paul Meurice
• L’utilisation du BIM pour la ZAC St Vincent de Paul
• Enfin, fort des leçons de Clichy-Batignolles en termes de méthodes d’aménagement durable, P&Ma s’est engagé dans une labellisation EMAS concernant ses nouvelles opérations.

Levier de réplicabilité externe :
L’expérience de Clichy-Batignolles a conduit la Ville de Paris à faire évoluer ses outils d’aménagement :
Nouveaux engagement opérationnels et financiers dans les concessions d’aménagement sur les objectifs environnementaux, l’urbanisme transitoire, la participation des habitants, etc.
Association en amont de l’aménageur avec de nouvelles missions via des mandats d’études préalables (ex : études d’impact des ZAC Gare des Mines et Chapelle-Charbon) et avec une diversification des AMO.
De plus, le projet CoRDEES est moteur d’une réflexion scientifique sur la modélisation énergétique grâce à la collaboration du laboratoire des Mines. L’intérêt de cette démarche dépasse celui du quartier car elle participe au développement d’un urbanisme durable, comme l’illustre l’étude d’ARMINES, et qui est confirmée par le soutien de l’Union Européenne via le FEDER. Le projet CoRDEES, invente également un nouveau service urbain, le facilitateur énergétique, pour assurer que les objectifs de consommation et de production permis par les bâtiments soient atteints. Clichy-Batignolles s’est ainsi imposé comme laboratoire : c’est par excellence un projet où s’inventent de nouvelles façons de fabriquer la ville et une gouvernance renouvelée autour de la notion de co-responsabilité.

APPROCHE EN COUT GLOBAL: L’équipe projet a mis en place une approche en coût global sur plusieurs aspects programmatiques du projet, ce qui a permis d’anticiper l’impact financier global de certaines des ambitions de l’opération. Une évaluation a par exemple été menée par la Ville de Paris sur les coûts et les recettes d’exploitation des équipements publics et du Parc. Cette approche a également permis d’anticiper certaines dépenses et d’expérimenter des montages innovants.

Formée aux affaires internationales et européennes entre l’Angleterre et la France dans le cadre d’un double diplôme Sciences-Po Lille / Université du Kent, Marion a débuté sa carrière en plaidoyer et relations institutionnelles des organisations non gouvernementales, dans le secteur du commerce équitable (Label Max Havelaar France). Ses expériences sont aussi en lien avec les territoires, avec un passage en coopération décentralisée à l’échelle d’un conseil départemental.

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Issue des sciences sociales, de l’histoire de l’art et de l’architecture, après diverses expériences dans la gestion de projets culturels et la production audiovisuelle, Camille a travaillé dans la communication au sein du groupe VINCI : depuis les grands projets à l’international jusqu’à La Fabrique de la Cité, think tank dédié à la prospective urbaine

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Carla DONCESCU

Diplômée d’un master 2 en Economie du Développement à Panthéon-Sorbonne, et actuellement en formation alternance du Master 2 Relation Internationale et Action à l’Etranger dans la même Université, c’est à travers ces différents prismes et ses expériences à l’internationale qu’elle approche les problématiques de villes et territoires durables.

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Manon EXBALIN

Diplômée d’un Master en sociologie de la communication, Manon a travaillé précédemment pour Greenpeace, la Mairie de Paris (en particulier pour venir en aide aux étudiants), et le Ministère de la Transition Ecologique (DGALN – Mission Communication).

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Géographe de formation (Université d’Etat de Saint-Pétersbourg), elle a débuté au poste de géographe économiste à l’Académie d’Économie Agricole (Russie), avant de poursuivre sa carrière en France, en tant qu’assistante administrative et comptable (Air Liquide, Association TGV Provence Côte d’Azur, COFHUAT, Groupe Hervé)

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Avant de rejoindre l’équipe FVD, il a occupé plusieurs postes dans la gestion des collectivités  locales. Allant d’élu et adjoint au maire de sa ville natale Besançon, chargé des relations universitaires et de la coopération internationale puis Directeur du Développement économique de la Ville de Pantin, pour ensuite être directeur de cabinet à Montreuil où il a notamment piloté la refonte en profondeur du projet urbain vers davantage d’écologie et de développement durable, Il continue son parcours en tant que Haut Responsable de la Résilience de la Ville de Paris.

Il promeut une vision holistique et systémique du développement durable et apporte son expérience/expertise en résilience territoriale et en transition écologique et sociale.

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