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Cité du numérique

Une réalisation proposée par Rêve de Scènes urbaines

Bâtiments Réseaux

Contributeur

Référent :  Alexis Choutet DGS
Contact : 

Descriptif

Dans toute l’agglomération, les initiatives en lien avec le numérique se sont multipliées : fibre optique, bornes WiFi, nouvelles applications… Dans le cadre de sa compétence développement économique, la communauté d’agglomération Châteauroux Métropole a réhabilité le bâtiment de l’Horloge de l’ancienne manufacture Balsan en une cité du numérique, tournée vers l’innovation et l’accompagnement des start-up et des entreprises.  La Cité du Numérique comporte 3 entités :

- le Village by CA (Crédit Agricole), dédié au start-up avec open-spaces, bureaux, salles de réunion et salons privatifs.

- le TechLab, en gestion avec l’école HEI (Hautes Etudes d’Ingénieur) pour accentuer le développement des synergies entre les créateurs, les start-up et les entreprises, par le biais de projets concrets.

- l’amphithéâtre DAUVERGNE de 401 places, équipement communautaire qui permet d’organiser des évènements de business, scientifiques ou culturels, dans un lieu de haut standing.

Lors d’importants congrès, certains espaces du village by CA (place et café du village, salles de réunions et salons VIP) et de l’amphithéâtre, peuvent être mis en commun afin d’offrir de plus vastes espaces d’échanges, de réunions, de restauration et de conférences.

Cet équipement permettra à Châteauroux Métropole de postuler au label ville congrès.

Thématiques : 
  • Rénovation / Réhabilitation
  • Communication (numérique)
Échelle : 
  • Bâtiment

Fiche d'identité

marker  Centre-Val de Loire / Châteauroux
Type de territoire : 
  • > 20 000 < 100 000 habitants
Date de livraison :  01/09/2020
Surface bâtie :  2 760.72 m²
Coût du projet :  7 124 623.80 € HT
Maîtrise d'ouvrage :  Châteauroux Métropole Place de la république 36 000 Châteauroux
Maîtrise d'oeuvre :  Chevalier + Guillemot Architectes 6 allée des chalets 37100 Tours
Partenaires associés :  La Région Centre -Val de Loire (Fond Sud, CRST (Friches urbaines, plan isolation et axe économique) et l’appel à projet de bâtiment démonstrateur, l’Etat ( DSIL)

Distinctions

Labels / certifications :  Label BBC Effinergie Rénovation n° du certificat 36-001 du 20/10/2020, délivré par PRESTATERRE
Concours / récompenses :  1er prix régional Centre Val de Loire, du ruban du patrimoine 2021 et en lice pour le prix national.

Évaluation du projet*

sur la base du déclaratif du contributeur

Critère n°1 : SOBRIÉTÉ

Le projet a été réalisé dans l’ancienne usine Balsan, ancienne manufacture royale de draps, transformée en usine textile au cours du 19ème siècle. Les établissements Balsan ont été vendus à un repreneur, qui a dissocié les activités textiles et moquettes. Ce dernier a alors vendu à de multiples entrepreneurs qui ont délocalisé les activités du site historique. L’usine Balsan, s’est alors peu à peu délabrée. Depuis 1988, la ville a progressivement racheté les parcelles de l’ancienne usine. Le site a été classé Monument Historique en 1996.

Ainsi le projet s’inscrit dans la réhabilitation de l’ancienne friche industrielle sur l’ensemble du site Balsan.

De plus le projet se poursuivra par :

  • La création d’un jardin sur le carreau EST, anciennement un atelier couvert (complètement détruit dont il ne reste que les fondations des charpentes) permettant un espace vert en plein cœur de l’ancienne usine. Ce jardin sera créé à la fin des travaux de l’IFSI (Institut de Formation en Soins Infirmiers) qui prendra place sur l’aile EST de l’ancienne usine.
  • Une partie du site, l’Isle, qui est au nord de l’usine (qui abritait des locaux de stockage), sera renaturée et intégrée à la zone Natura 2000 déjà existante. L’esprit de cette renaturation sera de fixer les sols par la plantation de végétaux dépolluants. La séparation de l’île avec le reste de l’usine se fait naturellement grâce à la présence d’un canal.

Le bâtiment étant inscrit Monument Historique, une grande attention a été portée aux matériaux mis en œuvre. Un réel travail a été mené avec les services de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) Centre Val de Loire et l’ABF (Architecte des Bâtiments de France), afin de réaliser une restauration la plus fidèle, allant de la composition des enduits sur les moellons, du choix des tuiles, au choix de la nature des menuiseries (en chêne).

De plus, Châteauroux Métropole a souhaité utiliser des matériaux biosourcés pour un maximum d’éléments de construction. Ainsi, les menuiseries initialement prévues en aluminium ont été remplacées par des menuiseries en bois, les structures des cloisons intérieures prévues en galva ont été remplacées par du bois, l’isolant thermique utilisé est en fibre de bois (en remplacement de la laine minérale), la structure même des gradins de l’amphithéâtre, initialement prévue en béton a été réalisée en bois, etc…

Au total, 60 290 Kg de MBS (Matériaux BioSourcés) soit 20 kg/m² de surface plancher ont donc été mis en œuvre sur ce chantier de réhabilitation.

Le projet a consisté à réhabiliter le bâtiment de l’Horloge de manière exemplaire. Nous avons lancé une consultation sous la forme d’un dialogue compétitif afin de réaliser un marché de conception-réalisation pour que l’expertise de l’entreprise réalisant le chantier soit associée au maitre d’œuvre et aux différents bureaux d’études, dès la conception.

L’amélioration des bilans énergétiques a donc été au cœur des préoccupations dès la conception du projet : la simulation thermodynamique a permis de valoriser un Cep de 76.214 kWh EP/m².an (à comparer avec une référence à 129.554 kWh EP/m².an).

Ainsi, les actions ont concerné tous les éléments constitutifs du bâti :

– le Lot CVC a sélectionné les matériels avec un excellent rendement,

– la ventilation est double flux,

– l’ensemble de l’éclairage est en Led,

– un test d’étanchéité à l’air a été réalisé sur l’ensemble du site et se révèle plus performant qu’exigé,

– les peintures appliquées à l’ensemble du bâti ont été sélectionnées pour leur classe A.

– Etc…

Un livret d’accueil des nouveaux occupants a été rédigé afin d’informer les utilisateurs sur les bons gestes dans l’utilisation du bâtiment, livret établi suivant les préconisations du label Effinergie.

Afin d’améliorer le fonctionnement global du site (qui regroupe trois entités), par conventions, le propriétaire prend en charge la maintenance des équipements techniques et refacture au locataire le coût de celle-ci. La maintenance a été confiée à un prestataire dans le cadre d’un CPE (Contrat de performance énergétique).

Critère n°2 : INCLUSION

La cité du numérique a été réalisée en concertation avec les acteurs présents sur le site, l’école

HEI, le CES (Centre d’Etudes Supérieures) et aussi avec le village by CA principal occupant de la cité du numérique.

HEI utilise déjà l’amphithéâtre, et le TechLab a été réalisé en parfaite concertation avec HEI pour répondre à son besoin.

Le site verra bientôt l’installation de l’IFSI (Institut de Formation en Soins Infirmiers) complétant l’offre universitaire (sur l’aile EST de l’ancienne usine). Pour ce projet porté par la région Centre Val de Loire, la consultation de maîtrise d’œuvre a été lancée fin 2020.

La nature du projet est de créer une synergie entre tous les acteurs présents sur le site, étudiants, porteurs de projets, acteurs de l’innovation et du business.

De par sa conception architecturale, chaque entité a une fonctionnalité propre, mais est reliée aux autres par des jeux de communication visuelle, de transparence, de diagonale, permettant de renforcer l’esprit de village et de favoriser la mixité sociale et fonctionnelle.

Châteauroux Métropole a souhaité que ce marché puisse bénéficier en termes d’emploi aux habitants et a ainsi inscrit une clause sociale d’exécution obligatoire dans le marché de conception/réalisation. L’objectif de 2 300 heures de travail à réserver à des personnes en difficulté d’insertion a été largement respecté puisque 4 726 heures, soit plus du double de l’objectif, ont été travaillées dans le cadre de l’insertion.

La cité du numérique a été livrée le 30 septembre 2020. Le village by CA a ouvert ses portes mi-octobre et a accueilli 4 start-up dans un premier temps et en accueille de nouvelles tous les trimestres.

Bien que les contraintes sanitaires liées à la pandémie de la Covid 19 aient été un réel frein pour le développement aussi bien du village que de l’activité de l’amphithéâtre, la qualité de réalisation et de confort d’usage de l’équipement (village et amphi) est saluée pas les occupants.

Critère n°3 : RÉSILIENCE

La renaissance d’un lieu emblématique de Châteauroux :

Les usines Balsan ont été un grand pourvoyeur d’emplois sur Châteauroux, en témoignent de nombreuses photographies de l’activité et de ses ouvriers. L’usine a été témoin du développement de nouvelles technologies ; dans les années 50, Louis Balsan a introduit le tuft (technique de fabrication des moquettes importée des Etats Unis).

Cependant, la cessation d’activité laissant le site Balsan sans fonction et dans un état de délabrement avancé, la collectivité Châteauroux Métropole s’est investie pour redonner une nouvelle vie à ce bâtiment emblématique et en conserver la mémoire.

Une première réhabilitation du pavillon de l’horloge et dépollution du site a été réalisée entre 2013 et 2014 à des fins de conservation. Plaquette de présentation de l’opération :

https://www.chateauroux-metropole.fr/fileadmin/Images/magazines/divers/balsan.pdf

La réhabilitation en cité du numérique a permis de mettre en valeur des galeries souterraines, oubliées de tous et redécouvertes lors du chantier en 2018. Ces galeries collectaient et utilisaient la force motrice de l’eau de pluie. Il est aujourd’hui possible de les visiter.

Le retour d’acteurs économiques, d’entreprises innovantes participe à la résilience des lieux.

Les 3 entités de la cité du numérique produisent une réelle synergie et reflètent la vision globale des activités proposées en associant:

  • le Techlab avec HEI (les étudiants),
  • le village By CA qui bénéficie d’un réseau national (les jeunes entrepreneurs)
  • l’amphithéâtre, vitrine attirant les entreprises et investisseurs lors des congrès ou conférences.

Critère n°4 : CRÉATIVITÉ

La nature même de l’opération est de favoriser le développement des acteurs économiques. La proximité du quartier universitaire, les moyens mis à disposition par le village by CA et les coups de projecteurs occasionnés par les différents congrès contribueront à sa réputation afin d’attirer de nouveaux opérateurs économiques, en particulier ceux de la nouvelle économie.

Comme évoqué dans le critère énergie, la collectivité a eu recours à une procédure innovante, celle de la conception réalisation.

De plus, au cours de la réalisation, les intervenants, notamment de second œuvre, ont utilisé, pour la première fois, certains matériaux tels la laine de bois (isolant utilisé en plafonds).

Le réseau informatique présent sur les 3 entités répond au standard le plus récent.

Le Wifi est disponible gratuitement pour la partie village, et celui de l’amphithéâtre a été prévu pour un grand nombre de connexions simultanées.

Il est déjà acté d’accueillir un congrès « les journées de l’Hydrogène » à l’amphithéâtre en septembre prochain.

Pour un autre exemple d’innovation non prévu, le duo PRISM, un duo de violoncelliste et d’alto, contraint d’annuler une tournée prévue aux Etats Unis avec l’American Viola Society a pu profiter de l’amphithéâtre DAUVERGNE afin de réaliser la captation de son concert ensuite retransmis en streaming.

Critère n°5 : POTENTIEL DE RÉPLICABILITÉ

De par la complexité du projet, la réhabilitation d’un bâtiment inscrit aux monuments historiques au cœur d’une friche industrielle, en visant le label BBC rénovation, la mise en place de la méthode projet s’est imposée.

Cette action a permis d’ancrer la méthode projet dans la gouvernance de la collectivité.

La méthode retenue a été celle des projets transversaux :

  • Le pilotage a été confié à une cellule spécifique qui s’est appuyée sur l’ensemble des services de la collectivité (juridique, marché, énergie, patrimoine, foncier, cadre de vie, emploi etc…)
  • Un élu référent a été désigné et a porté le projet.
  • Les futurs utilisateurs (HEI et Village by CA) ont été intégrés au Comité de Pilotage.

Tel que conduit, le projet illustre la capacité d’une collectivité ambitieuse et novatrice à réhabiliter un site difficile, en partenariat avec l’ensemble des acteurs locaux. En ce sens, et sans sous-estimer les difficultés inhérentes à ce type de chantier innovant, il est parfaitement réplicable ailleurs.

Formée aux affaires internationales et européennes entre l’Angleterre et la France dans le cadre d’un double diplôme Sciences-Po Lille / Université du Kent, Marion a débuté sa carrière en plaidoyer et relations institutionnelles des organisations non gouvernementales, dans le secteur du commerce équitable (Label Max Havelaar France). Ses expériences sont aussi en lien avec les territoires, avec un passage en coopération décentralisée à l’échelle d’un conseil départemental.

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Issue des sciences sociales, de l’histoire de l’art et de l’architecture, après diverses expériences dans la gestion de projets culturels et la production audiovisuelle, Camille a travaillé dans la communication au sein du groupe VINCI : depuis les grands projets à l’international jusqu’à La Fabrique de la Cité, think tank dédié à la prospective urbaine

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Carla DONCESCU

Diplômée d’un master 2 en Economie du Développement à Panthéon-Sorbonne, et actuellement en formation alternance du Master 2 Relation Internationale et Action à l’Etranger dans la même Université, c’est à travers ces différents prismes et ses expériences à l’internationale qu’elle approche les problématiques de villes et territoires durables.

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Manon EXBALIN

Diplômée d’un Master en sociologie de la communication, Manon a travaillé précédemment pour Greenpeace, la Mairie de Paris (en particulier pour venir en aide aux étudiants), et le Ministère de la Transition Ecologique (DGALN – Mission Communication).

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Géographe de formation (Université d’Etat de Saint-Pétersbourg), elle a débuté au poste de géographe économiste à l’Académie d’Économie Agricole (Russie), avant de poursuivre sa carrière en France, en tant qu’assistante administrative et comptable (Air Liquide, Association TGV Provence Côte d’Azur, COFHUAT, Groupe Hervé)

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Avant de rejoindre l’équipe FVD, il a occupé plusieurs postes dans la gestion des collectivités  locales. Allant d’élu et adjoint au maire de sa ville natale Besançon, chargé des relations universitaires et de la coopération internationale puis Directeur du Développement économique de la Ville de Pantin, pour ensuite être directeur de cabinet à Montreuil où il a notamment piloté la refonte en profondeur du projet urbain vers davantage d’écologie et de développement durable, Il continue son parcours en tant que Haut Responsable de la Résilience de la Ville de Paris.

Il promeut une vision holistique et systémique du développement durable et apporte son expérience/expertise en résilience territoriale et en transition écologique et sociale.

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