Mode sombre

Chapelle International, un quartier innovant du Grand Paris sur 7 ha à La Porte de la Chapelle, Paris 18ème

Une réalisation proposée par SNCF Immobilier

Bâtiments Conception Management et gouvernance Réseaux Vie locale

Contributeur

Référent :  Tatiana DELGADO, Directrice de Projets Urbains
Contact : 

Descriptif

SNCF, réalise Chapelle International, un quartier de 150 000 m² qui répond au défi des métropoles internationales en réconciliant l’urbain et l’industriel.

L’audace d’acteurs multiples se concrétise pour une solidarité augmentée : logistique urbaine, agriculture urbaine, chauffage via boucle de chaleur et data center, lieux de travail et de vie novateurs, logement pour tous. Une nouvelle conception de la vie parisienne qui attire les regards du monde entier.

Ce projet répond à trois enjeux stratégiques :

  • il permet de réintroduire dans la ville les fonctions ferroviaires et notamment la logistique urbaine dont les besoins ont fortement augmenté du fait des nouveaux modes de vivre et de travailler. Ces fonctions ferroviaires, considérées auparavant comme des barrières urbaines, sont réintroduites en ville et deviennent désormais des parties intégrantes voire fédératrices du projet urbain ;
  • de cette cohabitation entre le tissu urbain et la logistique nait une nouvelle typologie urbaine, les SOHO. Cette programmation est une ambition dans le cadre de l’Arc de l’innovation et consiste en un dispositif novateur associant local d’activités au rez-de-chaussée et logement à l’étage, Les publics ciblés sont les artisans, professions libérales, autoentrepreneurs et commerçants. ;
  • le projet de Chapelle International apporte une solution particulièrement vertueuse à une problématique commune à l’ensemble des opérations d’aménagement : la desserte énergétique. La centrale de production de chaleur, intégrée à la base logistique développée au sein du quartier récupèrera la chaleur fatale issue du data-center que la Ville de Paris implante dans ce bâtiment.
Thématiques : 
  • Matériaux
  • Aménagement
  • Suivi de performance / Labels, normes et certificats
  • Participation citoyenne
  • Énergie
  • Renforcement du lien social et de la solidarité
Échelle : 
  • Quartier

Fiche d'identité

marker  Île-de-France / Paris
Type de territoire : 
  • Métropole
Surface bâtie :  150 000 m²
Coût du projet :  Non finalisé
Maîtrise d'ouvrage :  Espaces Ferroviaires Aménagement
Maîtrise d'oeuvre :  Architecte-urbaniste (mandataire) : l’AUC - [email protected] OGI, Bureau Bas Smets, Terre-Eco
Partenaires associés :  Ville de Paris, Mairie du 18e arrondissement, RIVP, ICF Habitat, Sogaris, Linkcity, Vinci Immobilier, Legendre Immobilier, Cultivate, Sogeprom, CPCU

Distinctions

Labels / certifications :  50 % ENR, Plan climat Ville de Paris, Label E3C1 pour deux lots

Évaluation du projet*

sur la base du déclaratif du contributeur

Critère n°1 : SOBRIÉTÉ

En reconvertissant une friche industrielle de cœur de ville en un nouveau quartier, ce projet prend pleinement en compte ces éléments. Cette transformation urbaine a permis la création de 2,2 hectares d’espaces publics dont 5 000 m² d’espaces végétalisés et la plantation de plus de 1 000 arbres et arbustes. Aussi, un travail spécifique de végétalisation des toitures a pu être mené, en particulier sur la toiture de la halle logistique qui accueille 8 000 m² d’agriculture urbaine, faisant de cette dernière l’une des plus grandes fermes urbaines parisiennes.

Le sujet du réemploi a été au cœur de la démarche de l’aménageur : les matériaux issus des démolitions des bâtiments existants ont été réutilisés pour la réalisation des remblais des chaussées. 2 200 tonnes de pavés existants sur le site ont également été récupérés, triés, et sciés pour l’aménagement des futurs espaces publics.

Enfin, l’utilisation de structure bois sur les derniers bâtiments du projet urbain vient souligner notre souhait de nous appuyer pleinement sur des matériaux issus du réemploi, biosourcés et vertueux pour l’environnement.

Le quartier est chauffé par une boucle locale de chaleur indépendante du réseau parisien. Cette centrale de production d’énergie est alimentée à 50 % en énergies renouvelables provenant d’un mix énergétique mêlant biogaz et récupération de chaleur du data center de la Ville de Paris. Les calories des eaux grises de certains bâtiments sont également récupérées pour les alimenter en eau chaude sanitaire.

Appuyé par Terre-Eco, l’AMO environnementale de l’opération, Espaces Ferroviaires suivra le fonctionnement des différents lots pendant leurs phases d’exploitation pendant 6 ans après la livraison du dernier bâtiment, et ce dans le but de veiller à la sobriété souhaitée lors de la conception du projet urbain.

Critère n°2 : INCLUSION

Le projet urbain a fait l’objet d’un concours international de maîtrise d’œuvre regroupant de nombreux acteurs. Parmi eux, les habitants ont été partie prenante et ont participé au jury de sélection des différents bâtiments. Le dialogue citoyen avec les habitants et les riverains continue avec l’organisation et la réalisation de comité de suivi (plus de trente réalisés à ce jour) permettant de faire le point régulièrement avec l’ensemble des acteurs (Ville de Paris, Mairie d’arrondissement, exploitants, promoteurs, bailleurs, habitants, riverains) sur le projet urbain.

Souhaitant expérimenter encore plus loin la co-construction par les habitants, Habx et Vinci Immobilier ont également pu proposer des solutions visant à donner plus de choix aux acheteurs et aux habitants pour personnaliser leurs futurs logements.

Avec 48% de logement social, Chapelle International favorise fortement la mixité sociale au sein d’une des villes les plus chères du monde. L’offre de logement social développée dans ce nouveau quartier est destinée aux étudiants et aux jeunes chercheurs, aux travailleurs migrants et aux jeunes travailleurs, à des artisans, aux professions libérales et aux familles. Une offre de logement intermédiaire complète également l’offre de logement social.

La mixité fonctionnelle est également prise en compte. Chapelle International a su réconcilier ville et rail en s’appuyant sur l’hôtel logistique, l’agriculture urbaine, les bureaux, les SOHO (association d’un local d’activité et d’un logement destiné aux professions libérales, artisans, commerçants), équipements publics (école et crèche, gymnase, centre culturel), logements libres et sociaux, et ce dans le but de favoriser mixité sociale, fonctionnelle et intergénérationnelle.

Le projet urbain accueil près de 650 logements sociaux sur une surface de 26 400 m².

Une attention particulière est prêtée aux populations les plus vulnérables avec la construction de 240 logements (6 120 m² SDP) à destination des étudiants et des jeunes chercheurs dont la gestion a été confié à Hénéo ainsi que 167 logements (2 333 m² SDP) pour les jeunes travailleurs et les travailleurs migrants, également géré par Hénéo

Une offre de 238 logements sociaux familiaux (15 607 m² SDP) vient compléter l’offre de logement social et est portée par la RIVP et ICF.

Enfin, 62 SOHO, gérés par la RIVP et apparenté à du logement social, permettent également de sanctuariser des professions clés ou issues de l’Economie Social et Solidaire au sein du 18e arrondissement.

Le projet a permis de désenclaver une partie du territoire du 18e arrondissement, améliorant ainsi la perception du territoire par ses riverains. Cependant, les habitants s’étant installés récemment, nous n’avons pas encore leur retour d’expérience.

Critère n°3 : RÉSILIENCE

Ce projet urbain vient en réponse aux besoins de logements recensés depuis 2007 par l’Etat et la Ville de Paris.

L’hôtel logistique vient quant à lui répondre à la problématique de la logistique urbaine et de la gestion du dernier kilomètre. Grâce à la navette ferroviaire, l’opération a pour objectif de favoriser l’arrivée directe de trains de fret au cœur de Paris. Les marchandises seront par la suite redistribuées par des véhicules propres assurant le dernier kilomètre. L’opération vise à terme à remplacer 120 camions sur les routes franciliennes et parisiennes par un service de deux navettes par jour, améliorant ainsi la qualité de l’air.

Comme tout projet d’aménagement urbain, Chapelle International a fait l’objet d’une étude d’impact permettant d’observer les répercussions du projet d’une manière holistique.

Critère n°4 : CRÉATIVITÉ

Les SOHO, acronymes de Small Office Home Office, contribuent pleinement au dynamisme socio-économique local et s’inscrivent dans la démarche de l’Arc de l’innovation du Grand Paris. Destinés aux artisans, commerçants, professions libérales, autoentrepreneurs, ces locaux hybrident associant dans un même lieu espace de travail en RDC et logement à l’étage. Parmi les premiers SOHO installés, nous pouvons citer un restaurant/épicerie fine du Moyen-Orient, un expert-comptable, des photographes, une agence de communication, des artisans spécialisés dans la maroquinerie et les métiers de la mode, une école de tatouage, un atelier de confection de cosmétique…

Le dernier lot, développé par Legendre Immobilier, viendra également favoriser le dynamisme socio-économique local en proposant commerces, restaurants et lieu de production (brasserie artisanale, notamment) permettant de mettre en valeur les acteurs du 18e arrondissement.

Enfin, l’équipement culturel de la Ville de Paris dédié aux beaux-arts et aux pratiques artistiques amateurs sera ouvert en soirée aux diverses associations du quartier.

Par les SOHO et l’agriculture urbaine le projet a su innover socialement. Les SOHO ont permis une nouvelle façon d’animer les rez-de-chaussée et de « faire » la ville. Le dispositif permet également de sanctuariser des « métiers clés » au cœur de nos villes. Ce dispositif et cette programmation ont été largement repris lors des appels à projet de collectivités territoriales, comme « Réinventer Paris » ou « Réinventer la Métropole du Grand Paris ». L’agriculture urbaine, portée par la start-up Cultivate, permet d’offrir de nouveaux modes de productions maraichères et de consommations raisonnées sur le toit de nos villes. Les parisiens pourront trouver grâce à cette ferme urbaine vertueuse des produits vendus en vente directe et via les supermarchés.

Par la création d’une boucle de chaleur autonome propre à Chapelle International et par l’utilisation de structure bois, nous avons su innover sur les volets techniques et environnementales. Par du biogaz et la récupération de la chaleur du datacenter de la Ville de Paris, ce dispositif unique en France permet de chauffer l’ensemble des bâtiments avec un taux d’ENR de 50 %. Le volet environnemental est également appuyé par la récupération d’eaux grises permettant de chauffer de l’eau chaude sanitaire. L’utilisation de bois pour la réalisation des structures de deux bâtiments de 37 m de hauteur atteste également des innovations techniques et environnementales qui ont pu prendre place au sein de Chapelle International.

Par la logistique urbaine où Sogaris a démontré qu’une nouvelle façon d’approvisionner nos villes était techniquement possible, nous avons su innover techniquement. La navette ferroviaire permet de remplacer plusieurs centaines de camions sur les routes chaque semaine par un transport neutre en carbone répondant ainsi aux nouveaux enjeux de consommations des citadins.

Enfin, par l’engagement et la présence des habitants et des riverains, nous avons su créer une gouvernance avec un très haut niveau de concertation pour faire évoluer ensemble le projet urbain.

Critère n°5 : POTENTIEL DE RÉPLICABILITÉ

S’il est difficile de répliquer totalement un territoire, Chapelle International esquisse des dispositifs innovants pour les projets urbains de demain :

– une logistique urbaine intégrée au cœur des villes,

– une agriculture urbaine avec l’une des plus grandes fermes urbaines parisienne,

– une boucle de chaleur novatrice,

– le réemploi du « déjà-là » avec la réutilisation de 2 200 tonnes de pavés,

– des nouvelles hybridations entre logement et activités avec les SOHO animant les rez-de-chaussée

– et une mixité sociale et intergénérationnelle importante.

Formée aux affaires internationales et européennes entre l’Angleterre et la France dans le cadre d’un double diplôme Sciences-Po Lille / Université du Kent, Marion a débuté sa carrière en plaidoyer et relations institutionnelles des organisations non gouvernementales, dans le secteur du commerce équitable (Label Max Havelaar France). Ses expériences sont aussi en lien avec les territoires, avec un passage en coopération décentralisée à l’échelle d’un conseil départemental.

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Issue des sciences sociales, de l’histoire de l’art et de l’architecture, après diverses expériences dans la gestion de projets culturels et la production audiovisuelle, Camille a travaillé dans la communication au sein du groupe VINCI : depuis les grands projets à l’international jusqu’à La Fabrique de la Cité, think tank dédié à la prospective urbaine

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Carla DONCESCU

Diplômée d’un master 2 en Economie du Développement à Panthéon-Sorbonne, et actuellement en formation alternance du Master 2 Relation Internationale et Action à l’Etranger dans la même Université, c’est à travers ces différents prismes et ses expériences à l’internationale qu’elle approche les problématiques de villes et territoires durables.

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Manon EXBALIN

Diplômée d’un Master en sociologie de la communication, Manon a travaillé précédemment pour Greenpeace, la Mairie de Paris (en particulier pour venir en aide aux étudiants), et le Ministère de la Transition Ecologique (DGALN – Mission Communication).

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Géographe de formation (Université d’Etat de Saint-Pétersbourg), elle a débuté au poste de géographe économiste à l’Académie d’Économie Agricole (Russie), avant de poursuivre sa carrière en France, en tant qu’assistante administrative et comptable (Air Liquide, Association TGV Provence Côte d’Azur, COFHUAT, Groupe Hervé)

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Avant de rejoindre l’équipe FVD, il a occupé plusieurs postes dans la gestion des collectivités  locales. Allant d’élu et adjoint au maire de sa ville natale Besançon, chargé des relations universitaires et de la coopération internationale puis Directeur du Développement économique de la Ville de Pantin, pour ensuite être directeur de cabinet à Montreuil où il a notamment piloté la refonte en profondeur du projet urbain vers davantage d’écologie et de développement durable, Il continue son parcours en tant que Haut Responsable de la Résilience de la Ville de Paris.

Il promeut une vision holistique et systémique du développement durable et apporte son expérience/expertise en résilience territoriale et en transition écologique et sociale.

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