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Requalification d’un bâtiment de la recontruction d’après-guerre en bibliothèque et projet urbain de dynamisation du centre-ville.

Bâtiments Vie locale

Contributeur

Référent :  Sophie Meullenet, Chargée d'opérations chez Ville de Dunkerque - Amaël Dumoulin, Directrice de la mairie de quartier de Rosendaël Ville de Dunkerque

Descriptif

La B!B de Dunkerque est la grande bibliothèque du centre-ville. Elle est aussi la tête de pont d’un réseau de bibliothèques, Les Balises, qui s’étend sur l’ensemble du territoire communautaire. La B!B s’adresse donc à une population d’environ 200.000 habitants, voire davantage.

Le projet de nouvelle bibliothèque répond évidemment à des besoins culturels :  il n’y avait, jusque- là, au centre-ville, qu’une bibliothèque vétuste, trop petite.

La B!B s’est installée dans l’ancien musée des Beaux-Arts. Ce bâtiment de style international (1973) a été profondément transformé par les architectes, à l’intérieur, mais aussi à l’extérieur, afin de mieux de se connecter à l’environnement urbain, lui aussi largement modifié. Autour du bâtiment on note : la destruction de bâtiments techniques annexes au musée, la création d’une résidence seniors, la création de deux parvis contribuant à la restauration d’une place publique, le réaménagement de la voirie, la restructuration complète du jardin public attenant à la bibliothèque. C’est donc un projet urbain à part entière.

Enjeux & objectifs :  

  • Proposer un équipement structurant de centre-ville, une bibliothèque 3e lieu avec un haut niveau de services. Il s’agissait de rattraper 30 ans de retard en matière d’offre de lecture publique au centre-ville.
  • Doter le centre-ville d’une place publique intérieure où l’on se rend gratuitement, sans rendez-vous, avec des codes d’usages très simplifiés. Attirer toutes les générations et toutes les classes sociales.
  • Redynamiser le centre-ville et même modifier la perception par l’habitant de cette centralité. Le projet a été travaillé en tenant pleinement compte du tissu urbain existant, il a impliqué la modification des infrastructures voisines, des circulations notamment. L’idée retenue a été qu’un projet de bibliothèque pouvait permettre de révéler le caractère remarquable d’un bâtiment existant et de changer tout un quartier.
Thématiques : 
  • Construction
  • Rénovation / Réhabilitation
  • Culture et loisirs
Échelle : 
  • Bâtiment
  • Quartier

Fiche d'identité

marker  Hauts de France / Dunkerque
Type de territoire : 
  • > 20 000 < 100 000 habitants
Date de livraison :  01/05/2019
Coût du projet :  8 358 077 €
Maîtrise d'ouvrage :  Ville de Dunkerque
Maîtrise d'oeuvre :  Agence D’Houndt + Bajart
Partenaires associés :  CUD

Distinctions

Labels / certifications :  Labellisation Bibliothèque numérique de référence pour l’ensemble des bibliothèques des Balises à l’occasion cette réalisation architecturale (un gros projet numérique a été mené avec le soutien l’Etat sur l’ensemble des bibliothèques du réseau).
Concours / récompenses :  Le projet, alors non encore réalisé a été récompensé par le Grand Prix Livres Hebdo des bibliothèques fin 2016, Projet nominé au pris AMO de la plus belle métamorphose en 2019 (Antichambre de l’Equerre d’Argent)

Médias

Évaluation du projet*

sur la base du déclaratif du contributeur

Critère n°1 : SOBRIÉTÉ

La Maîtrise d’Ouvrage a pris le parti de restructurer et rénover un édifice existant, l’ancien Musée des Beaux-Arts. Le projet de la Bibliothèque de Dunkerque, par la démolition de divers locaux attenants à cet ancien Musée et, la rénovation du jardin public a réduit fortement l’impact de cette opération sur le foncier du Centre-Ville.

Cette option de réemploi d’un équipement existant en lieu et place d’un projet de déconstruction et reconstruction fût une importante source d’économie pour la collectivité porteuse de l’opération.

Ces économies sont de plusieurs ordres :

  • Le budget d’investissement travaux est réduit, le coût de restructuration/rénovation est, dans ce cas, inférieur au coût d’une construction neuve. Cet équipement aura ainsi un poids minoré sur les finances de la collectivité.

Le réemploi de l’ancien Musée des Beaux-Arts a permis d’éviter d’une part les gravois de démolition et leur mise en décharge et d’autre part éviter la consommation de matériaux neufs en structure qui peuvent peser jusqu’à 50% du coût d’un édifice neuf.

Le projet a été mené à partir de l’enveloppe de l’ancien musée des Beaux-Arts de Dunkerque.

La qualité de la construction en général, du début des années 70, et, la qualité des matériaux mis en œuvre ont permis à la Maitrise d’Ouvrage et à la Maitrise d’œuvre d’orienter le projet vers la conservation de l’ensemble des structures et, le maintien de sa peau de marbre blanc.

Le projet visait au réemploi des structures de charpente et les matériaux de couverture avec un renforcement des complexes isolants  pour obtenir un confort thermique renforcé.

La bibliothèque de Dunkerque a été raccordée au réseau de chauffage Urbain de la Communauté Urbaine de Dunkerque et, pour cela a été créé, en sous-sol, un local regroupant l’ensemble des moyens de production thermique et ventilation. Le réseau de chauffage urbain communautaire est alimenté par les énergies dites « fatales » issues essentiellement de l’industrie lourde sidérurgique (ARCELOR MITTAL)

L’ensemble du système de production thermique et ventilation de la bibliothèque est piloté et programmé en sous-sol en fonction et des saisons et des températures extérieures.

Le projet a été conçu avec un objectif de fonctionnement pluridisciplinaire ; certains espaces peuvent être dédiés à plusieurs fonctions.

L’ensemble du matériel de présentation ; les étagères et, les meubles de confort pourront être réimplantés dans l’hypothèse d’un remodeling ; la bibliothèque n’est, ainsi, pas figée dans son implantation initiale de 2019 et, peut être modifée en fonction de l’évolution des usages.

Pour limiter les consommations, les nouveaux percements en façade offrent un apport de lumière naturelle tant au rez de chaussée qu’au 1er niveau et l’ensemble des luminaires de la bibliothèque a été équipé de leds.

Critère n°2 : INCLUSION

Le projet a fait l’objet d’une Fabrique d’Initiatives Locales nommée « quartier du théâtre ». Elle a comporté deux objets co-construits avec la population pendant deux ans : la bibliothèque et le jardin qui lui est attenant. On totalise une quinzaine de rendez-vous avec la population : visites d’autres sites, ateliers de création, réunions de point d’étape, échanges avec les techniciens et les élus, travail avec les associations autour de l’accessibilité, visites de chantiers, etc.

oui, très clairement. C’est un projet de place public intérieure au centre-ville où tout le monde peut se retrouver facilement et gratuitement. Le séjour y est très agréable, avec une attention particulière au confort. Un travail en matière d’action sociale et éducative très en amont du projet a permis à des publics non familiers des bibliothèques de s’y rendre : adolescents et jeunes adultes, habitants des QPV voisins.

La mixité fonctionnelle fait partie des objectifs de départ du projet : on y trouve un café, un auditorium, un gradin pouvant accueillir jusqu’à 250 personnes, des ateliers réservables gratuitement par les partenaires comme des salles réservables gratuitement par les usagers. C’est aussi un lieu de résolution de la fracture numérique avec de très nombreux outils (ordinateurs, tablettes, wifi puissant) et de nombreuses animations à destination des publics les plus éloignés du numérique. Le jardin est également fréquemment utilisé par la bibliothèque ou d’autres partenaires pour des manifestations variées (sportives, culturelles, fêtes du quartier centre…).

Oui, l’une des clé de réussite du projet était de pouvoir accueillir une population proche de la population de la ville en terme de socio-démographie. Nous y sommes parvenus grâce à un travail très en amont avec de multiples partenaires (association ADUGES, mais également tout le tissu associatif et éducatif du territoire). Des actions nombreuses ont été menées dans les quartiers voisins pour mobiliser le public le plus défavorisé, lui proposer des visites, des activités, mettre en avant la gratuité.

Avant la crise sanitaire, la bibliothèque a accueilli en moyenne 1430 habitants par jour sur une période de 10 mois, ce qui représente presque le double de l’objectif initial de fréquentation. On a constaté une multiplication par 6 de la fréquentation par rapport à celle que nous connaissions dans l’ancienne bibliothèque.

Les retours positifs de la population ont été innombrables.

La fréquentation a cependant posé quelques difficultés de sur-fréquentation et de bonne coexistence des usages les mercredis et les samedis qui ont été résolus par des actions de médiation et par l’établissement de jauges maximales dans les espaces.

Le projet a été conçu de sorte à s’inscrire dans les boucles marchandes au centre-ville, avec des horaires d’ouverture calqués sur ceux des magasins. Précisons aussi que le marché se déploie sur la place attenante à la B!B, deux fois par semaine.

Critère n°3 : RÉSILIENCE

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Critère n°4 : CRÉATIVITÉ

C’est un outil de facilitation et de qualification du travail associatif. Parmi les partenariats marquants, on peut citer en exemple celui suivi Entreprendre Ensemble, la bibliothèque, s’étant résolument tournée vers la formation tout au long de la vie et le développement de l’employabilité des habitants (axe fort du programme Bibliothèque Numérique de référence).

5 emplois de bibliothécaires ont été créés dans le cadre de l’extension des horaires d’ouverture de la B!B, avec une participation financière de l’Etat.

Une méthode originale d’élaboration du programme en interne, associant toute l’équipe des bibliothécaires ainsi que nos démarches créatives d’association de habitants au projet (Fabrique d’initiatives Locales) ont retenu l’attention de nombreux bibliothécaires, d’une école d’architecture, de l’Institut National des Etudes Territoriales par exemple (publication dans Concevoir et faire vivre un projet de bibliothèque paru en 2019 au Presses de l’Enssib, sous la direction d’Anne Morel et Odile Grandet (inspectrice générale des bibliothèques).

Critère n°5 : POTENTIEL DE RÉPLICABILITÉ

Le projet est-il réplicable ailleurs ? Est-il déjà documenté dans cet objectif (guides et informations techniques, cahiers des charges, évaluations, etc.) ? A-t-il déjà été répliqué ?

Plusieurs présentations et publications ont été faites et nombreuses sont les villes qui nous contactent pour s’en inspirer. Tout récemment, on peut citer

  • la ville de Douai qui a un projet de nouvelle bibliothèque au centre-ville
  • notre participation au forum des solutions du programme Action cœur de ville du 22 avril dernier où nous avons eu l’occasion de présenter ce projet à 110 acteurs du programme.

Formée aux affaires internationales et européennes entre l’Angleterre et la France dans le cadre d’un double diplôme Sciences-Po Lille / Université du Kent, Marion a débuté sa carrière en plaidoyer et relations institutionnelles des organisations non gouvernementales, dans le secteur du commerce équitable (Label Max Havelaar France). Ses expériences sont aussi en lien avec les territoires, avec un passage en coopération décentralisée à l’échelle d’un conseil départemental.

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Issue des sciences sociales, de l’histoire de l’art et de l’architecture, après diverses expériences dans la gestion de projets culturels et la production audiovisuelle, Camille a travaillé dans la communication au sein du groupe VINCI : depuis les grands projets à l’international jusqu’à La Fabrique de la Cité, think tank dédié à la prospective urbaine

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Carla DONCESCU

Diplômée d’un master 2 en Economie du Développement à Panthéon-Sorbonne, et actuellement en formation alternance du Master 2 Relation Internationale et Action à l’Etranger dans la même Université, c’est à travers ces différents prismes et ses expériences à l’internationale qu’elle approche les problématiques de villes et territoires durables.

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Manon EXBALIN

Diplômée d’un Master en sociologie de la communication, Manon a travaillé précédemment pour Greenpeace, la Mairie de Paris (en particulier pour venir en aide aux étudiants), et le Ministère de la Transition Ecologique (DGALN – Mission Communication).

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Géographe de formation (Université d’Etat de Saint-Pétersbourg), elle a débuté au poste de géographe économiste à l’Académie d’Économie Agricole (Russie), avant de poursuivre sa carrière en France, en tant qu’assistante administrative et comptable (Air Liquide, Association TGV Provence Côte d’Azur, COFHUAT, Groupe Hervé)

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Avant de rejoindre l’équipe FVD, il a occupé plusieurs postes dans la gestion des collectivités  locales. Allant d’élu et adjoint au maire de sa ville natale Besançon, chargé des relations universitaires et de la coopération internationale puis Directeur du Développement économique de la Ville de Pantin, pour ensuite être directeur de cabinet à Montreuil où il a notamment piloté la refonte en profondeur du projet urbain vers davantage d’écologie et de développement durable, Il continue son parcours en tant que Haut Responsable de la Résilience de la Ville de Paris.

Il promeut une vision holistique et systémique du développement durable et apporte son expérience/expertise en résilience territoriale et en transition écologique et sociale.

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