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Les résultats de l’enquête « Innovation et société » 2025 d’Ellyx sont désormais disponibles !

France Villes & territoires Durables a été partenaire de l’édition 2025 de l’enquête Innovation et Société, menée par notre membre Ellyx et la Cellule de diffusion technologique. 

Réalisée auprès de 234 professionnels de l’Innovation et de la Recherche, cette deuxième édition permet de mieux caractériser les ressorts de cet écart et d’identifier les freins structurels qui limitent l’évolution des modèles d’innovation face aux défis sociétaux et environnementaux.

Retrouvez ci-dessous les principaux enseignements  de cette enquête. 

Une vision de l’innovation structurée par des cadres institutionnels ancrés

Les résultats montrent que la représentation dominante de l’innovation reste fortement structurée par des référentiels institutionnels, en particulier le Manuel d’Oslo et les catégories de l’INSEE. Ces cadres normatifs fournissent une vision stabilisée et largement partagée de l’innovation, qui constitue aujourd’hui la référence commune des acteurs interrogés.

Cette structuration est perçue comme un levier pour améliorer les financements, clarifier les orientations stratégiques nationales et mobiliser des acteurs reconnus de l’écosystème. Elle contribue toutefois à ancrer les pratiques dans des modèles éprouvés, laissant peu de place à des approches intégrant pleinement les dimensions sociales, environnementales, culturelles ou politiques de l’innovation.

 

Un consensus fort sur la finalité sociétale de l’innovation

Malgré ce cadre normatif dominant, l’enquête révèle un consensus très large sur les finalités que l’innovation devrait poursuivre. Entre 82 % et 94 % des répondants estiment que l’innovation doit répondre prioritairement aux enjeux sociaux et environnementaux.

Cette vision partagée s’accompagne d’attentes : mieux coopérer entre acteurs, renforcer le rôle de l’État et réorienter les financements vers des finalités d’intérêt général. Les répondants expriment ainsi une aspiration forte à dépasser une conception strictement technologique ou marchande de l’innovation, en intégrant des impacts systémiques et des valeurs extra-financières.

 

Des pratiques encore largement dépendantes des dispositifs classiques

Dans les faits, les pratiques d’innovation restent fortement dépendantes des ressources institutionnelles traditionnelles. Les projets reposent majoritairement sur la recherche publique, les financements publics, les laboratoires académiques et les expertises techniques internes.

À l’inverse, les partenaires non traditionnels (acteurs de l’ESS, collectivités territoriales, citoyens, associations ou sciences humaines et sociales) sont peu mobilisés. Ils apparaissent comme périphériques dans les démarches d’innovation, alors même qu’ils sont jugés pertinents pour répondre aux enjeux sociétaux. Cette dépendance traduit une forte inertie des cadres existants et une difficulté à ouvrir les projets à des formes de coopération plus diversifiées.

 

Un écart marqué entre orientations souhaitées et projets réalisés

L’un des résultats les plus significatifs de l’enquête 2025 concerne le décalage entre les orientations souhaitées et la réalité des projets conduits. Près de 49 % des projets récents déclarés poursuivent avant tout une finalité technologique, tandis que seuls 17 % répondent principalement à des besoins sociaux ou sociétaux.

Les laboratoires de recherche et les dispositifs publics demeurent les références centrales. Les dispositifs alternatifs ou hybrides — Cifre, incubateurs, laboratoires communs, structures internes d’innovation — sont peu mobilisés, ce qui peut traduire un manque de visibilité, d’accessibilité ou de maturité de ces outils dans l’écosystème actuel.

 

Une innovation au service de la société, pensée par la technologie

L’enquête met ainsi en évidence une vision de l’innovation au service de la société (93% des répondant estiment que l’innovation devrait considérer la création de valeur sociétale aussi essentielle que la création de valeur économique et qu’elle devrait intégrer une lecture systémique des enjeux sociétaux, environnementaux et territoriaux), mais construite majoritairement à partir de logiques technologiques (49% des répondants affirment que parmi les 3 derniers projets d’innovation auxquels ils ont été associé, la finalité principale était de développer ou tester une technologie). Les projets sont principalement présentés à travers leurs caractéristiques techniques, sans réelle prise en compte des dimensions cognitives, culturelles, sociologiques ou politiques.

Les normes institutionnelles, les critères de financement et les dispositifs de valorisation orientent fortement cette approche. Les acteurs de l’ESS et les citoyens restent quasi absents des dynamiques d’innovation, malgré leur potentiel pour identifier les besoins sociaux et anticiper les impacts à long terme. Par ailleurs, l’évolution souhaitée de l’innovation est majoritairement envisagée à travers une prise en main renforcée par l’État, sans rôle clairement identifié pour les collectivités territoriales.

 

Profils des répondants et effets socio-démographiques

L’échantillon interrogé est très qualifié et dominé par des cultures techno-scientifiques. 51 % des répondants sont titulaires d’un Bac+8, 42 % d’un Bac+5. Les formations en sciences techniques, appliquées et écoles d’ingénieurs sont majoritaires, tandis que les SHS représentent 14 % de l’échantillon. Les universités, institutions publiques et structures de valorisation sont fortement représentées, avec une majorité de répondants âgés de plus de 51 ans.

Des variations apparaissent selon l’âge, le genre et le niveau d’études. Les femmes se déclarent plus sensibles aux enjeux sociétaux, coopératifs et pédagogiques, plus critiques du modèle actuel et davantage engagées dans des projets non lucratifs. Les hommes sont plus orientés vers des projets technologiques et compétitifs. Les profils Bac+5 valorisent davantage les collectivités, l’ESS et les acteurs citoyens, tandis que les profils Bac+8 mobilisent prioritairement les laboratoires et expertises techniques.

 

Des transformations nécessaires

Les résultats de l’enquête invitent à mieux comprendre les freins structurels qui limitent l’intégration effective des enjeux sociétaux dans les pratiques d’innovation. Ils soulignent la nécessité de repenser les politiques publiques, les coopérations entre acteurs et la place des sciences humaines et sociales.

Plusieurs leviers sont identifiés : conditionnalités écologiques et sociétales des financements, soutien à des structures aujourd’hui peu éligibles, développement de dispositifs hybrides, renforcement des compétences en innovation sociale et participative, et acculturation des ingénieurs et chercheurs aux enjeux de transition.

L’enquête Innovation et Société 2025 met ainsi en lumière une tension centrale : entre une ambition sociétale largement partagée et des pratiques encore façonnées par des cadres institutionnels ancrés. C’est dans la réduction de cet écart que se joue l’évolution des modèles d’innovation à venir.

About Nina

A student at Sciences Po Paris, enrolled in the Master’s program in Territorial and Urban Strategies, Nina is interested in public policies at the territorial level as well as the challenges of ecological transition.

As part of a student project during her first year of the Master’s program, she worked with the National Housing Agency (Anah) on eco-design in urban renovation. She then took a gap year to gain more professional experience, completing two internships: the first with the City of Paris, where she contributed to the implementation of the first plan to combat energy poverty, and the second with the Paris Urban Planning Agency (Apur), where she worked on the territorialization of public health.

Currently in her second year of the Master’s program, she is beginning an apprenticeship with the association France Villes et Territoires Durables.

 

About Solène

Mission Officer, Working Group, and Projects. Student at the Urban School of Sciences Po Paris, focusing on the ecological transition of cities.

About Quentin

Motivated by climate issues and planetary boundaries, Quentin decided to study land use planning at the Ecole Nationale des Ponts et Chaussées. His experience in associative field at the Fresque du Climat, helped him to better understand the stakes of the ecological bifurcation. Between his native Haute-Savoie and his home town Rennes, where he gained expertise in mobility and sustainable agriculture, he is now based in Paris to deploy the Sustainable City by France’s territorial workshops throughout the country.

About Alice

After five years’ study at Sciences Po Lyon, with a specialization in territorial transitions, Alice joined Sustainable City by France (France Villes et territoires Durables). She actively contributes to the deployment of the association’s territorial workshops and working groups.
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Currently studying as a second-year Master’s student in International Relations at University Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Tara holds a Bachelor’s degree from INALCO, with a double-major in Hindi language, and International relations / Environmental studies. Her work with us is in line with her former experiences at UNESCO and the Ministry of Europe and Foreign Affairs, thus deepening her professional expertise in the field of environmental diplomacy and international cooperation for sustainable development.

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She holds a Master’s degree in Development Economics from the Panthéon-Sorbonne University and is currently studying for a Master’s degree in International Relations and Action Abroad at the same university. She approaches the problems of sustainable cities and territories through these different perspectives and her international experiences.

About Isabelana

Isabelana is a Mexican journalist who holds a Master’s degree in Digital Communication and Data Analysis from the Sorbonne University. She previously worked in communication and press relations in the cultural sector in France and Mexico. Today, she is interested in ecological actions and solutions to preserve the environment and the biodiversity.

About Camille

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With a background in social sciences, art history and architecture, Camille has worked in communication within the VINCI group: from major international projects to La Fabrique de la Cité, a think tank dedicated to urban foresight.

About Alexandra

A geographer by training (Saint Petersburg State University), she started as a geographer and economist at the Academy of Agricultural Economics (Russia), before pursuing her career in France as an administrative and accounting assistant (Air Liquide, Association TGV Provence Côte d’Azur, COFHUAT, Groupe Hervé)

About Marion

Trained in international and European affairs between England and France as part of a double degree at Sciences-Po Lille / University of Kent, Marion started her career in advocacy and institutional relations of non-governmental organisations, in the fair trade sector (Max Havelaar France label). Her experiences are also linked to territories, with a passage in decentralised cooperation at the level of a departmental council.

About Sébastien

Before joining the SCbF team, he held several positions in local government management. From elected official and deputy mayor of his native city Besançon, in charge of university relations and international cooperation, to Director of Economic Development of the City of Pantin, to Chief of staff in Montreuil – where he notably piloted the in-depth redesign of the urban project towards more ecology and sustainable development – he continued his career as Senior Resilience Officer of the City of Paris.
He promotes a holistic and systemic vision of sustainable development and brings his expertise in territorial resilience, ecological and social transition.